‹ Études sur Sainte-BeuveChapitre 104 sur 139 · SS · texte numérisé non relu

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Nous Tavons dit en effet, depuis Marot jusqu'à nous, le

tronc commun n^esf pas allé grandissant et croissant d'une force lente et continue. Ronsard y a voulu greffer un dialecte qui, trop différent de nature, s'est bientôt flétri et détaché.

par son tour et par son style, semble souvent avoir écrit depuis Ronsard et il n'y a guère entre lui et nous que la différence de quelques mots. Aussi sommes-nous bien plus compétents pour juger de l'un que de l'autre. La langue, telle que nous l'avons aujourd'hui, se continue sans interruption avec celle que parlait et écrivait Marot. C'est le même tronc qui a été croissant et grandissant. Le dialecte que Ronsard a voulu greffer sur la souche commune s'est flétri et détaché.

Pour en revenir à Tarticle du 13 octobre, Sainte- Beuve y fait encore des additions bien significatives. 11 y annonce et son Choix de Ronsard et Tintention de cette anthologie apologétique :

Lui-même, osons le dire, il n'a pas toujours été malheureux dans ses hardiesses généreuses. Là où le « peuple » des lecteurs serait tenté de r «estimer enragé, furieux» et inintelligible, il suffit quelquefois de pardonner une expression basse, de comprendre un tour obscur, de pénétrer une allusion érudite, en un mot, de soulever un léger voile pour le trouver éblouissant et inspiré. Ses beautés ont souvent besoin d'être démontrées avant d'être senties. C'est ce rôle délicat d'interprète que nous avons tâché de remplir dans le volume consacré en entier à Ronsard et à ses

œuvres, heureux, si nous avons réussi à venger sans fanatisme et à relever sans superstition une grande mémoire déchue^!

Immédiatement après, là où il avait dit simplement :

La versification dut à Ronsard plusieurs progrès ^

il écrit maintenant :

La versification dut à Ronsard de notables progrès. Et d'abord, il imagina une grande variété de rythmes lyriques, et construisit huit ou dix formes diverses de strophes, dont on chercherait vainement les modèles chez les poètes ses prédécesseurs. Plusieurs de ces rythmes ont été supprimés par Malherbe, qui les jugea probablement trop compliqués et trop savants pour être joués sur sa lyre à quatre cordes. Cest seulement de nos jours que Vécole nouvelle en a reproduit quelques-uns^.

Ailleurs, c'est une simple restriction introduite dans une phrase, et qui, du coup, en change le sens et plus encore Taccent.

Globe, 27 octobre

L'invention en effet, de laquelle il est toujours aisé de

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