s, 128 note; C, 103 note ; L, I, 182 note
3. s, 133; C, 106; L, 1, 187 : « Grâce à une plume non moins fidèle que pittoresque... »
arrivé h d'Aubigné, une des grandes admirations de Hugo, c'est un enthousiasme presque sans réserves, c'est un éloge ému de l'inspiration qui ranime, et plus particulièrement encore des hardiesses de sa versification. L'occasion était trop belle, en effet, d'introduire une idée chère au Cénacle, et de citer une théorie du Maître et de l'ami :
- Au milieu des hautes beautés que tout lecteur aura remarquées en ce morceau, qu'il me soit permis de signaler un admirable détail technique : je veux parler de cette toilette de Henri III, si •scrupuleusement décrite en termes propres, « ce corps de satin noir coupé à l'espagnole », « ces déchiquetures d'où sortent des passements », « ces manchons gaufFrés de satin blanc et ces manches perdues ». Il n'y a qu'un alexandrin qui puisse et ose dire de telles choses : c'est V alexandrin ^ franc et loyale comme rappelle V. HugoK
Mais j'ai hâte d'en venir au chapitre sur Malherbe. C'est là que nous devons trouver les modifications, les corrections les plus significatives, — puisque ces pages avaient été écrites les premières, tout au début de l'évolution de Sainte-Beuve, ou même à un moment oii elle n'était pas encore commencée,
— et puisqu'il s'y agit précisément de ces questions
1. s, 182; G, 144; L, I, 249. — Une modification & partir 'de 1843.
d'art poétique, de rythme, de versification, au sujet desquelles il a le plus changé d'avis.
En abordant son auteur, Sainte-Beuve lui-même nous avoue de très bonne grâce sa partialité nouvelle. En même temps, avec ce bon sens impertubable qui ne Ta jamais abandonné (quoiqu'il en ait dit) au temps de ses plus grandes illusions romantiques, il pose d'une main ferme les limites à cette partialité. Je ne sais pas si tous les écrivains de l'École, si le Maître surtout, ont approuvé ses réserves : elles n'en sont que plus importantes à noter et plus caractéristiques de notre auteur. Il écrit donc :
Nous aussi, avouons-le, nous qui venons de parcourir ces âges trop oubliés et d'y trouver çà et là d'utiles et agréables dédommagements, nous ne pouvons nous empêcher d'en vouloir à Malherbe pour son extrême rigueur. Déjà plus d'une fois des mots amers, d'irrévérentes paroles nous sont échappées sur son compte. A force de vivre avec ses devanciers, nous les avons aimés^ et leur cause est presque devenue la nôtre...
Voilà le zèle du néophyte; et voici l'indéfectible bon sens de l'homme de goût :
Il faut bien nous en détacher pourtant ; voici le moment de la séparation venu : car, si l'arrêt est dur dans les formes, et si Ton peut en casser quelques articles, il n^est que trop juste par le fond. Malherbe, comme Boileau, a encore plus de
bon sens que de mauvaise humeur, et de gré ou de force on est souvent ramené à son avis, etcJ.
Une fois proclamée cette nette profession de foi, Sainte-Beuve donne sur Malherbe son nouveau jugement. Il diffère tellement de Tancien, soit qu'il le contredise, soit qu'il le complète, qu'il les faut d'un bout à l'autre confronter.
Globe, 14 avril 1827
a) Les changements matériels introduits par Malherbe dans la poésie sont moins nombreux qu'on Je croit généralement^.
c) Il bannit également Thiatus dans tous les cas; mais ici, on a quelque droit de lui reprocher un scrupule mal entendu... Les élisions d*ailleurs ne font-elles pas souvent un plus mauvais effet que les hiatus ? La Fontaine s'est donc avec raison permis d'oublier par moments la régie trop exclusive de Malherbe.
Les changements matériels introduits par Malherbe dans la langue et la versification sont nombreux et importants,, ....Nous allons en examiner et en discuter les articles principaux.
1° Malherbe proscrit les rencontres de voyelles ou hiatus... Bien que nous approuvions en général cette réforme de Malherbe, nous remarquerons toutefois avec Marmontel que le réformateur est allé un peu loin et qu'on a le droit de lui reprocher un scrupule excessif... Les élisions d'ailleurs ne font-elles pas souvent un plus mauvais effet que les hiatus? Et pourtant on les tolère. La Fontaine ^^ Molière