‹ Études sur Sainte-BeuveChapitre 113 sur 139 · septembre · texte numérisé non relu

septembre

C'est dans ces dispositions qu'il revise, pour l'édition de 1843, son ancien Tableau, Dès le début il s'en explique franchement.

Jeune et confiant toutefois, j'y multipliais les rapprochements avec le temps présent, avec des noms aimés, avec tout cet âge d'abord si fervent Je nos espérances. Je n'en retranche rien ou à peu près rien aujourd'hui^ même là où il semblerait quHl y eût mécompte. La poésie française duxix'siècleetcelledu xvi^ ont peut-être en cela un rapport de plus pour la destinée : l'espérance y domine ; il y eut plus de fleurs que de moisson.

Et, tout bien considéré, on n'a pas encore trop à se dédire ; on n'a pas à rougir d'une poésie lyrique qui, dans le jeu alternatif de ses saisons, va s'encadrer de V Avril deBelleau, slux Feuilles d'Automne de Hugo^

« Ou à peu près rien » ? Est-ce donc à dire qu'il en a retranché quelque chose? Et ces modificationslà, si elles ont subsisté encore ou si elles ont été complétées, aggravées, dans l'édition définitive, ne nous aideront-elles pas à mieux comprendre le moyen terme où il s'est décidément tenu ?

En effet, les corrections de 1843etcelles de 1869 (éditionde 1876^ sont de deux espèces. Dans les unes,

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Plus hardi en 1869, devenu plus libre de toutes ses liaisons antérieures, Sainte-Beuve avouera la petite supercherie et prendra à son compte la malice — romantique — qui lui appartient en effet :

J'ai mis le mot sur le compte de Stendhal, il est de moi K

A Tépoque de son romantisme, et en raison de ce romantisme môme, il avait réfuté le jugement que La Bruyère portait sur Marot comparé h Ronsard. Non seulement il laisse subsister sa note en 1843, mais encore il la complète; et cette fois-ci, il réfute en plus Topinion de Bayle :

Ainsi du mot de Bayle sur Marot : « Les poètes « de la Pléiade sont de fer en comparaison de « celui-là. » Oui, si on les parcourt à livre ouvert et légèrement ; non, si on en brise l'écorce et qu'on les étudie-.

C'est encore le romantique qui note l'agréable reproche d'Ampère : qu'il aurait rendu à Ronsard une justice incomplète'^; ou qui expose avec tant de sympathie les idées du vieux poète sur la poésie et la prose fram^aise.

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