‹ Études sur Sainte-BeuveChapitre 23 sur 139 · Scapin · texte numérisé non relu

Scapin

Mon cher Monsieur Michiels,

Il f^udr^it répondre en détail ^ votre lettre et je n'en ai pas le loisir. Il serait d'ailleurs plus facile de le faire aii caijsai^t^ car la parole écrite devient aussitôt trop fixe et un peu inexacte. Je trouve dans cette lettre, si ^n^icale pour mqi, 1^ mênie erreur que daps vos précédentes idées sur les choses et sur les homnaes : quelque chpse de trop absolu et qui n'acpepte pas 1^ nuai^ce. Certes, vous vous exagérez l'influence fatale de Buloz : il n'est qu'indifférent. Personne n'a juré de vous ^Vra^ç^r . JVlarn^ier n'est uuUeuient hostile et n'a aucune raison pour cela. Mais on diffère d'opinion avec VQUS ; on ne veut pas vous défefidrç d'avoir une opinion à vous sur les poète§ allemands, naais d'autres croient en avoir une à eux et ].a préfèrent. Je n'ai jamais entendu contre vous de clameurs perfides ; mais le matin même du jour où vous avez pris la peine de venir chez m^ mère avep M. Delatouche, j'avais eu à votre sujet une conversation avec Puloz et Bonnaire, dont l'affaire de V Artiste avait ét^é l'occasion ; ils ne m'avaient ditcj^ue des choses naturelles et que je concevais de la part de gens qui ne vous connaissent pas plus particulièrement et qui prennent surtout les relations par le côté positif et commode. Je les avais combattues, sans, je crois, les convaincre ; mais rien ne m'a pourtant fait changer d'opinion relativement à vous, à vos mérites, à vos facultés

îri-r-:e> er ioni le seul tor:i?st d'être sur quelque r»3:nis imzro»ièrée>. C'est cette Teîne qpie je rnj-^Te dans t:> lectres. que je retroave dans vos érrîis ei que ;e voadrais voir diminaer et se dis-

t en 'ire.

Fa: «renés, en mes liifScultés aussi au début : TOUS .rr»:. vez les V'5vres plus pénibles, c'est l'idée de chacun de ceux qui surviennent à leur tour. On se cr^iz le plus malheureux, quand on est malheureux. C*n se croît le plus amoureux et le plus aimé, quand on est amant. Les autres, en leur temps, ont cru la même chose. Nous n'avons pas été poussés rar route une gé-nération : une bonne partie de cette génération et de nos amis même étaient contre nous. Ces dit'5cultés même, les aije donc surmontées ? Je me trouve, après quinze ans. sans plus d'avance positive qu'au premier jour, et je n'ai d'autre avantag^e sur vous que de mettre des articles à la Revue : il est vrai que si je ne les mettais pas là. je ne pourrais les placer ailleurs à ma cuise et que je n'aurais pas le sou. — à la lettre.

C'est pDur vous dire, mon cher 3lonsieur 31îchiels. qu'il y a plus de mélange dans le bi^i que vous ne le croyez, et aussi moins d^absolu dans le mal. Tâchez une fois de le comprendre, avant que l'âge vous l'insinue, et. quoi que vous fassiez, vous aurez hâté votre réussite.

A vous * .

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