A. HOUSSAYE
1. La Nouvelle Correspondance de Sainte-Beuve contient fp. 107) sous la date du 13 août 1846, la lettre suivante à Arsène Houssaye :
Mon cher ami,
Vous avez éprouvé de mauvais procédés d'un homme duquel je ne crois pas qu'il y ail lieu d'en attendre de bons. Je l'ai connu autrefois, et il m'a fait des avances ; puis, tout d'un coup, quand il a cru de son intérêt de se tourner contre moi, il Ta fait sans motif, et l'on m'a dit qu'il m'a insulté dans un livre sur la littérature de ce temps. Il avait commencé par m'adresser des vers, à ma louange, que je crois avoir encore ; ce sont les procédés d'un de ses amis avec qui il s'est brouillé. [Je ne comprends pas cette phrase. A-t-elle été mal reproduite? et Sainte-Beuve a-t-il voulu dire quelque chose comme: voilà les procédés dont il use envers un de ses amis avec qui il s'est brouillé?] En somme, mon cher ami, ne vous commettez pas avec lui. Ce sont de ces littérateurs bons à entrer dans le régiment de Frédéric, père du grand Frédéric, et qu'il faudrait mener comme ce roi menait ses gens. Il peut avoir quelque instruction, il n'a aucune éducation et il est grossier. Il brutalise tant qu'il peut les idées des autres. Je ne sais comment il parle d'art, mais il n'aura jamais rien à faire avec les humaniores litterœ. Laissez, mon cher ami, cet homme, continuez vos travaux et gardez vos amitiés, Au bout de quelques années, on est tout surpris de voir que ces gens violents ont peu fait leur chemin et Ton est tenté de leur pardonner. A vous.
il s'agit évidemment de Michiels. Mais que signifie cette lettre en 1846? N'est-ce point une erreur et ne faut-il pas lire 1847? Cette
Michiels voulut continuer la polémique. Mais le Charivari n'acceptait plus rien des deux adversaires, et Arsène Houssaye, directeur de l'Artiste^ refusait d'y insérer les réclamations de son rival. Michiels, sous le pseudonyme du Jules Perrier, écrivit donc une petite brochure : Un entrepreneur de littérature^. Il s'efforçait d'y prouver, et même, s'il faut en croire Quérard^, il y prouvait qu'Arsène Houssaye, par ignorance, avait commis force contre-sens et bévues; que les cent planches de son ouvrage étaient de vieilles planches usées et mal retouchées de la Galerie des peintres flamands^ hollandais et allemands de Lebrun, parue en 1777-1796 ; que le texte était emprunté, partie à la Vie des peintres flamands^ allemands et hollandais de Descamps, partie aux trois volumes parus de VHistoire des peintres flamands et hollandais de Michiels, partie enfin à d'autres écrivains, Schalcher, Mlchaud ou les auteurs des Belges illustres. Et puis, comme Houssaye avait rappelé les polémiques injurieuses de Michiels contre les critiques de la Revue des Deux Mondes^ Michiels l'accusait de l'avoir trahi à ce moment : « M. Houssaye vint m'offrir de publier mes articles révélateurs dans la France littéraire où il écrivait lui-même. Il me servit d'introducteur,
date concorderait à merveille avec les faits qu'on vient de voir exposés.