Scapin
qu'il écrivit sa dernière brochure : les Nouvelles Fourberies de Scapin, Scapin lui-môme, — Houssaye, — a son compte réglé dès le début : flétri, brocanteur, convaincu de fraudes littéraires, de fourberies commerciales, de plagiat et de calomnies, il est un homme fini : « S'il y a des méfaits qui entraînent après eux la mort civile, on peut dire que ceux-ci entraînent la mort littéraire. » Mais celui qui Ta inspiré, Sainte-Beuve, doit être à son tour démasqué. « Et maintenant, Scapin, reste sur les banquettes du péristyle, tandis que je vais m'occuper de tes maîtres : de tes maîtres que tu as trahis jadis comme tu les trahis maintenant encore. Car ils doivent être peu flattés de te voir reproduire des phrases violentes mais justes que tu m'as aidé autrefois à mettre sous les yeux du public ; tu vas les chercher au bout de sept ans dans un recueil où je les avais laissées moi-même, attendu qu'elles ne se trouvent pas dans mon Histoire des Idées littéraires^ parue deux années plus tard. » Et Michiels explique qu'il n'a pas attaqué tous les écrivains de la. Bévue des Deux Mondes, mais seulement ceux qui, trahissant ses principes et les leurs, passaient à l'ennemi, et en particulier Sainte-Beuve. Alors il raconte tous les faits que nous avons rencontrés chemin faisant. Mais il en raconte un autre. Il cite tout au long, et en nommant Sainte-Beuve, le fameux article des Guêpes
OÙ Alphonse Karr stigmatisait son Livre d'Amour; et il s'écrie : « De quelles vengeances sournoises, de quelles atroces perfidies n'est point capable un tel homme ! S'il cherche à perpétuer le déshonneur d'une femme pour la punir de lui avoir donné un moment la préférence sur un homme bien préférable, quels moyens n'emploiera-t-il pas contre un adversaire qui l'a démasqué! » Et c'est pour lui une des preuves les plus convaincantes de la culpabilité de Sainte-Beuve.
Cette brochure naturellement dut faire du bruit en Belgique, et nul sans doute ne l'ignora, à la Bévue de Belgique où écrivait Michiels^ Or, un an après-, Sainte-Beuve était candidat à la chaire de littérature française de l'Université de Liège. La
1. C'est à la Revue de Belgique que « Jules Perrier » avait, à deux reprises, dénoncé d'abord les « plagiats » d'Arsène Houssaye. La brochure Un Entrepreneur de Littérature y avait plus tard été signalée en ces termes : « M. J. Perrier, notre collaborateur, vient de publier à Paris une brochure dans laquelle il démasque un des chefs de la- bohème littéraire. M. Perrier prouve de la manière la plus formelle que M. Houssaye, dans son Histoire de la peinture flamande et hollandaise^ a pillé avec un aplomb imperturbable le bel ouvrage de notre compatriote M. Alfred Michiels, le livre de Deschamps [sic]^ un article sur les Van Eyck par M. Schalcher, la Biographie de Michaud et jusqu'aux Belges illustres. Le doute n'est pas possible; le plagiat est constamment mis en regard du texte. M. Perrier s'est ensuite donné la peine de répondre à l'accusation lancée contre V Histoire de la peinture allemande de M. Michiels ; nous ne nous arrêterons pas à cette question ; il suffit de lire la préface de cet ouvrage pour faire justice de la calomnie de M. Arsène et de ses pareils. Ce qui est beaucoup plus intéressant ce sont les erreurs monstrueuses commises par le directeur de V Artiste. Nous citons au hasard... etc. » — On voit que la Revue de Belgique éX^Xi bien l'organe de Michiels.
2. Dans l'intervalle il avait paru à la Revue des Deux Mondes un
Revue de ^e/^/yz^e aussitôt protesta. Le 31 août 1848, elle publiait un premier article intitulé : Impossible. Personne, y est-il dit, n'aurait pu croire que M. Rogier eût voulu « offenser le pays » en allant « mendier à l'étranger l'octroi d'un titulaire ». On dit cependant que M. Nisard, « cet insulteur et ce transfuge » (déjà du Michiels!) a été sollicité, qu'il a décliné l'offre et proposé Sainte-Beuve. Or il est impossible que M. Rogier « soit demeuré dans une ignorance complète de l'inanité des titres de Sainte-Beuve et du scandale de ses antécédents ». Laissons le poète et le romancier ; mais sur l'auteur du Tableau, des Portraits, de Port-Royal, relisons Michiels (le voilà!) : « C'est une gloire pour notre pays, que ce soit un Belge qui... ait, le premier de Paris, démontré les erreurs, signalé la faiblesse et prouvé le néant d'un auteur auquel néanmoins... le monopole de la critique sérieuse parut un moment assuré. » D'ailleurs Sainte-Beuve, dénué de convictions profondes, s'est déshonoré par ses palinodies intéressées. Ni savant, ni érudit, aura-t-il les qualités nécessaires pour instruire la jeunesse? Ce ne sera pas un juge bienveillant et
article qui avait dû renouveler Texaspération de Michiels, la Peinture flamande et hollandaise de Mercey (15 mars 1848). L'auteur y reconnaissait à Michiels des connaissances sérieuses, mais il blâmait ses prétentions outrecuidantes, son orgueil, et lui déniait le talent de mettre en œuvre ce qu'il savait : « En résumé, disaitil, M. Michiels a rassemblé les éléments d'un bon livre qu'il n'a pas su faire. »
encourageant; car il déteste et jalouse les jeunes (encore Michiels!). Ce ne sera pas un moraliste autorisé ; car il a commis l'acte honteux qu'a dénoncé Alphonse Karr (toujours Michiels I) . <( Avons-nous tort de nier qu'il se soit trouvé un ministre qui ait voulu confier Tinstruction de la jeunesse universitaire à un étranger sans titres sérieux et publiquement flétri d'une façon si infamante?... Non, pour la dignité de nos savants, et de nos hommes de lettres, pour les droits du corps enseignant, pour le respect dû h la jeunesse, pour l'honneur, les lois, la pureté du pays, non, l'auteur de Port-Royal^ Tinventeur du Livre d'amour ne remplacera pas M. Lesbroussart ; non, et quoi qu'on dise et qu'on publie, tant que le Moniteur n'aura pas parlé, nous continuerons à crier : Impossible ! impossible! »
En vérité, Michiels pouvait être fier de ses élèves : ils avaient bien retenu sa leçon et ils la répétaient textuellement. Le ministre, sans se laisser intimider, n'en nomma pas moins Sainte-Beuve par arrêté du 7 septembre. Mais la Revue de Belgique, en son numéro d'octobre, revint à la charge par un second article : M. Sainte-Beuve, professeur à r Université de Liège. Elle s'indigne contre la nomination faite : l'opinion est heurtée; le pays est blessé dans son légitime orgueil. Pendant trois ans, M. Sainte-Beuve s'est tu et se tait encore au
sujet du Livre d'Amour; il doit une explication : « Quand il s'agit de renseignement, la question de moralité passe avant toute considération personnelle. » D'ailleurs la valeur de Sainte-Beuve comme écrivain est médiocre. Il y a des passages charmants dans Joseph Delorme; mais depuis, il « en est venu à faire de la limpide poésie française un casse-tête chinois » ; selon le mot de Balzac, « il y a intérêt à arrêter les ravages qu'il fait dans notre belle logique française ». Et l'auteur de l'article cite des exemples de galimatias, de mauvais style, d'affectation tirés des Pensées dCaoût et de Port-Royal. Malgré tout, Sainte-Beuve arriva. « Je rencontrai en Belgique, dit-il, des difficultés de plus d'un genre, et quelques-unes très imprévuesqui m'étaient suscitées par des compatriotes ennemis que j'ai retrouvés depuis en d'autres occasions encore. On publia à Bruxelles et à Liège d'incroyables brochures contre moi. J'eus fort à me louer de la jeunesse belge, qui, me connaissant peu, prit le parti d'attendre et de me juger seulement par mes paroles,, par mes actes. Je réussis malgré les obstacies^ » 11 réussit; mais, au bout d'un an, il donnait sa démission. Pourquoi? Il a allégué diverses raisons officielles : la fatigue, l'isolement. Mais ce n'étaient que des prétextes. La véritable raison,
. 1. Chateaubriand et son groupe, I, 7.
c'est l'accueil qui lui a été fait, les préventions défavorables qu'il a rencontrées : en dernière analyse, c'est la campagne qu'avait menée contre lui son ancien protégé, Michiels. Sainte-Beuve l'avoue dans une longue lettre au ministre Rogier, publiée pour la première fois par le D''Cabanès^
i6 août 1849.
Il ya un an, sans nécessité, librement, quand la Belgique cherchait un professeur en France, je me suis oifert à elle avec tout le zèle et la cordialité dont était capable un homme de lettres et un écrivain qui ne faisait nul déshonneur à. son pays. Aussitôt que ma nomination eût paru au Moniteur^ Monsieur le Ministre sait à quel torrent d'injures et d'insultes j'ai été soumis; mais il ne sait pas à quel point j'en ai gardé souvenir, non pas dans mon amour-propre, mais dans ma fierté d'honnête homme. Je fais, certes, la part de la licence de la presse et de ce qu'elle a d'inévitable en tout pays libre ; mais ici il y a eu des circonstances toutes particulières dans l'insulte. Je n'oublie pas l'appui honorable que j'ai dû aux membres du Gouvernement et à ses organes ; mais pourtant, dans un pays de liberté comme la Belgique, il est impossible de faire tout à fait abstraction de l'ensemble de l'opinion manifestée par les organes de publicité, et cette opinion,
1. Revue des revues, 15 septembre 1898 : Sainte-Beuve à Vétranger^
dans son ensemble, m'a été défavorable, sinon injurieuse. Les compensations de sympathies auxquelles j'aurais dûm'attendreontété froides, réservées. La Belgique ne me devait rien, et je n'ai certes pas à me plaindre qu'elle ait cru faire un médiocre marché en me prenant. Mais, comme j'avais pu croire d'abord que le service et les avantages étaient, jusqu'à un certain point, mutuels, j'ai compris un peu tard que la Belgique ne l'entendait pas ainsi et qu'elle croyait avoir peu besoin de ce que je lui apportais.
Voilà le fait moral sur l'impression duquel j'ai vécu et que rien n'a dissipé. J'ai, à un certain moment, essayé de la vaincre, mais je n'y ai pas réussi ; et, dans l'isolement ou je me suis tenu par nécessité et par dignité, j'ai retrouvé en définitive ma dernière impression aussi vive que la première. Non, je ne ferai jamais mon pays de celui qui m'a reçu de cette sorte, où j'ai trouvé tant de malveillance, et où, si j'ai triomphé des difficultés de ma position, je ne l'ai dû qu'au bon sens du public liégeois, bon sens que j'apprécie et à qui je sais un gré profond. Mais il m'a été pénible, étant ce que je suis littérairement (car la modestie aussi a ses limites) d'en être réduit là.
Dans cette jeunesse paisible et calme*, que je viens d'enseigner pendant un an sous toutes les
1. Cf. ce que Sainte-Beuve disait à Olivier au début de son séjour à Liège (20 octobre 1848) : « Les étudiants ne sont peut-être pas si bienveiUants (qu'à Lausanne) : si cela était, mon séjour ici ne serait pas long et je serai fier comme il convient. » (Revue des Deux Mondes, i*' Août 1904, p. 620).
formes, pas un ne m'a dit en me voyant venir : « Nous sommes charmés de vous avoir. » Pas un ne me dira en me voyant partir : « Nous sommes fâchés de vous perdre. »
Ainsi Sainte-Beuve se serait établi peut-être en Belgique, s'il n'y avait trouvé Thostilité qu'avait créée Michiels contre lui. Mais alors il n'aurait pas reçu l'offre de Véron et collaboré au Constitutionnel; il n'aurait pas écrit les Lundis : toute sa carrière, toute son activité auraient été changées.
Michiels, qui n'est mort qu'en 1892, est resté persuadé toute sa vie qu'il avait été victime de la haine de Sainte-Beuve; et, toute sa vie, il est resté persuadé qm'à lui seul il avait réfuté ses erreurs et découvert les vrais principes de l'art. La modestie était son moindre défaut. Dans la dernière édition de son Histoire des Idées littéraires, il se fait sa place — et une belle place — dans l'évolution de la critique'.
Je demeurai seul comme Caton, avec mon épée et mes dieux. J'avais contre moi une ligue plus puissante, plus irritée que jamais, à laquelle
1. n n'a cessé de crier au plagiat et de se répandre en plaintes amères sur l'injustice de ses contemporains. M. le comte Allart du Ghollet a bien voulu me permettre d'extraire de sa riche collection d'autographes les deux lettres suivantes, qui achèvent de peindre le caractère de Michiels. Le 30 octohre 1854, il écrivait à M. Lambert fils, avocat, rue de Bondy, 32 :
Aimable et vertueux jeune homme,
Je compte aller mardi prochain en soirée chez un de mes amis ; si donc vous pouvez venir chez moi mercredi soir, vous me ferez plaisir. M. Gailhabaud devrait bien vous accompagner.
Vous m'avez rendu un fameux service en me parlant de l'article de Gustave Planche : il est pris entièrement dans mon livre, sans que je sois nommé une seule fois. J'ai envoyé une protestation à la
s'étaient réunis mes anciens auxiliaires devenus mes détracteurs ; pour se faire pardonner leur ten-
Repue des Deux Mondes, puis j'ai adressé à la Repue de Paris une lettre «de 7 pages en petit texte qui paraîtra mercredi matin. Elle est imprimée et tirée.
N'oubliez pas de m'apporter le Mallebranche [sic).
Votre tout dévoué,
A. MiCHIELS.
J'ai pris pour vous le Puibusque.
H s*aglt de l'article Rubens^ sa vie et ses œuvres, paru le 15 octobre. Gustave Planche répondit dans la Revue du 1"" novembre à la réclamation de Michiels. La seule chose, dit-il, qu'il ait prise dans le livre de son adversaire, n'est « qu'un extrait du livre publié par M. Bakhuisen en juin 1853 » ; en nommant, comme il l'a fait, M. Bakhuisen et non Michiels, Gustave Planche aurait donc rendu justice au véritable inventeur. Il est revenu sur la question dans la Revue du 15 novembre (Une discussion à propos de Véronèse et de Rubens) : Après une allusion méprisante aux anciennes atta<|ues de Michiels, il le raille cruellement de la prétendue découverte dont il se targue ; Michiels avait fait de Rubens un spinosiste ; or Spinoza avait huit ans à la mort de Rubens, et son œuvre n'a été publiée que vingt-trois ans après.
Le 3 décembre 1860, Michiels écrivait encore à ce même Lambert fils :
Je ne veux ni ne puis m'engager à payer 400 francs par an,
plus 70 francs de voyage [pour une nièce]. Ces deux sommes devraient ne rien paraître, si mon travail continuel me rapportait convenablement ; mais, comme vous savez mon histoire presque jour par jour, vous connaissez toutes les injustices et toutes les méchancetés par lesquelles on m'enlève le fruit de mes succès ; et j'ose dire que ceux-ci sont assez grands pour procurer le bien-être et même un peu de fortune à un homme moins poursuivi par les envieux et les mauvaises chances. Mais rien ne lassera mon courage, ne m'empêchera de réaliser les plans de toute espèce que j'ai formés, et il faudra bien qu'à la longue il m'arrive de bonnes cartes.
Je regrette beaucoup de n'avoir pas pu tenir ma promesse relativement à la somme que vous m'avez prêtée. Il a fallu toute la sottise et toute la tartufferie de certaines gens, dont je n'ai pas besoin de vous parler, pour m'empêcher de m'acquitter comme je le voulais. Mais le public finira par me faire triompher de toutes les manœuvres hostiles et de toutes les iniquités. Les jours se suivent et ne se ressemblent pas
On voit qu'il n'a jamais changé.
SAINTE-BEUVE ET MiCHÏELS 83
tative d'affranchissement, ils rejetaient sur moi toute la responsabilité, je devrais dire tout l'honneur de l'entreprise. Mais je ne suis pas de ceux qu'on intimide ou qu'on détourne de leur chemin. J'ai laissé, depuis vingt ans, flotter ma bannière sur le créneau où je l'avais plantée. Depuis lors, en effet, je n'ai cessé de réunir des matériaux pour la quatrième édition. Je ne parlerai point de l'ouvrage puisqu'on l'a sous les yeux ; mais je rappellerai que mes Etudes sur V Allemagne renfermaient des idées nouvelles (on peut les juger comme on voudra), une théorie du goût notamment et un abrégé de la théorie du sublime formulée par Kant et par Schiller. Ces deux livres furent suivis de publications analogues. — Dans mon Histoire de la peinture flamande et hollandaise^ le premier volume expose une philosophie de l'histoire des arts et de la littérature, la seule qui existe jusqu'ici. — Dans le Moyen Age et la Renaissance^ j'ai dégagé des monuments le système complet de l'architecture gréco-romaine, puis de l'architecture gothique, et je les ai comparés l'un à l'autre, pour montrer les immenses avantages du dernier venu. — Aucun problème d'art et de littérature n'était plus enveloppé de ténèbres que le comique et ses subdivisions, son effet principal qui est le rire, ses causes si étranges, qui toutes, prises en elles-mêmes, devraient exciter la répugnance, la tristesse, le dégoût et l'ennui. Dans mon édition de Régnard, j'ai franchement abordé cette question épineuse et beaucoup de per-
sonnes pensent que je Tai résolue. — Les Œuvres de Philippe Desportessont-précédéesd'anelongae étude sur la poésie française au xvr siècle, où j'ai rétabli son vrai caractère, expliqué pour la première fois son succès rapide et sa chute profonde. — Mes Souvenirs d^Angleterre contiennent maint chapitre consacré à Tart et à la littérature, et j'ai disséminé dans les journaux, dans les revues, une foule d'articles du même genre. — Avec quelle ardeur, avec quelle persévérance n'ai-je pas cherché en tout temps les principes du beau, les lois qui président à son développement, à ses phases historiques, fouillé la biographie des artistes et des poètes, scruté, analysé leur production! Quelles luttes j'ai soutenues, quelles fureurs j'ai bravées! Cet épisode méritait bien qu'on en fît mention dans une histoire de la littérature contemporaine. Mais, depuis trente ans, on n'obtient justice chez nous que si l'on occupe une chaire, des fonctions publiques, si l'on a des salons, de gros appointements et une influence proportionnée. Comme un voyageur entré dans une mauvaise auberge, qui sonne en vain pour appeler les domestiques, me voilà contraint de me servir moimême ; que le lecteur ne s'en formalise donc pas^
A la bonne heure ! Voila qui s'appelle avoir une bonne opinion de soi, et le courage de son opinion !