‹ Études sur Sainte-BeuveChapitre 47 sur 139 · Correspondant, p · texte numérisé non relu

Correspondant, p

dun écrivain, dont il s'abstient d'indiquer le nom, une pensée qui est évidemment la sienne, dans la forme comme dans le fond^ ». Cela est vrai. Et même « assez souvent » me paraît trop faible ; il faudrait dire « très souvent »; c'est un des procédés les plus caractéristiques de Sainte-Beuve -. Il aime à mettre dans une bouche anonyme les réflexions trop hardies, les malices trop fortes, les insinuations trop délicates, ou bien il emploie ce moyen pour se citer lui-même; ainsi M. Jules Lemaître, dans sa première manière, avait volontiers un « ami » qui soutenait le contre après que M. Lemaître avait exposé le pour. Mais que saurait-on conclure de là contre Sainte-Beuve? rien, ce me semble, puisque ces déguisements n'abusent personne, et ne prétendent abuser personne.

Pourtant, dit M. Bertrin, on peut parfois s'y tromper ; Sainte-Beuve, dans un article sur Louise Labé, écrit :

La Monnoye cite sur Louise Labé un petit distique et quatrain qu'on ne trouve point, dit-il, dans la guirlande de vers à sa louange; je le crois

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