juillet
3. 16 juillet 1864. Causeries du Lundis IX, p. 279. (La date donnée dans le volume à cet article comme à tous les autres est erronée.)
4. Voir La sincérité^ p. 391 et 402; Correspondant^ p. 920-921.
En un mot, Taccuserons-nous de partialité ou de mauvaise foi? Je ne vois rien qui nous autorise à admettre une erreur volontaire ; en 1847, Sainte- Beuve écrivait à Hortense AUart'* une lettre dont il cite un fragment ^ : on y voit que d'après des ouïdire (car il ne visitait plus Chateaubriand) il le croyait incapable de « suivre une idée deux minutes de suite », En 1847 et en 1848, il a eu avec Déranger deux conversations qui ont renforcé en lui cette conviction^. Et il y avait certainement quelque chose : Chateaubriand, de plus en plus dégoûté et boudeur, se désintéressait de tout, même de la littérature, même de la sienne, même de ses manuscrits, même de ses Mémoires^. Quoi d'étonnant à ce que certaines gens aient pris son indifférence silencieuse pour de l'impuissance à raisonner? Quoi d'étonnant à ce qu'ils aient rapporté leur impression à Sainte-Beuve, à ce qu'ils l'aient exagérée même, sachant bien lui complaire par là? Quoi d'étonnant enfin à ce que le malveillant critique ait facilement accepté ce bruit qui réjouissait sa jalousie? La netteté avec laquelle il avait rejeté le
1. L'auteur des Enchantements de Prudence, femme de lettres qui avait eu commerce (prenez le mot dans tous les sens, y compris le pire. Voir Poésies complètes, de Sainte-Beuve, t. I, p. 265) avec une foule de gens illustres et notamment avec Chateaubriand ; du moins, c'est elle qui le dit.