Voir Mémoires^ édition Biré, III, p
3. Lettre du 22 juin 1882 à Amédée Pichet, directeur de la Bévue de Paris ^ à propos d'un vers faux dans le poème Jeune Fille et Jeune Fleur (édition Biré, V, p. 451).
garantissait que Chateaubriand n'aurait pas élevé la voix? qui lui garantissait surtout que la petite coterie idolâtre de TAbbaye-au-Bois n'aurait point dénoncé son improbité, ou dans la presse, ou, ce qui à cette époque eût été pire pour lui, dans les salons de Paris? Si donc Sainte-Beuve a publié notre passage, c'est qu'il se sentait à couvert et armé. Seulement indiscret, il pouvait dire : Eh bien ! oui, je me suis procuré ce passage ; mais il est authentique ; et comme il peut être tourné contre vous, dans votre intérêt, restez tranquille; — faussaire, il était sans eiçcuse, sans défense possible, confondu et déshonoré.
Et, d'ailleurs, comme le faux e^i invraisemblable ! Dans les notes dont M. Troubat a reproduit le facsimilé, Sainte-Beuve met cette citation, comme les autres, entre guillemets; il indique par là que c'est une citation textuelle. Il ne pouvait cependant pas prévoir que M. Bertrin l'accuserait, ni surtout que son secrétaire serait amené à reproduire ces notes. 11 voulait donc se tromper luimôme? En outre, un autre fait plus important atteste sa bonne foi. M. Bertrin, dans son livre, est tout heureux d'apporter « une preuve décisive de la sincérité du retour de Chateaubriand à la foi* ». Et cette preuve, il la doit à Sainte-Beuve :