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Du moins, les Critiques et Portraits — c'est-àdire, comme on le sait, les Portraits littéraires^ les Portraits de femmes et les Portraits contemporains — valent-ils mieux? Oh non! « Lorsqu'on examine cette longue galerie, on remarque dans l'exécution de l'auteur deux caractères dominants ; d'une part, la faiblesse de la pensée ; de l'autre, une tendance à juger les poètes comme un produit des circonstances, non pas historiques et générales, mais personnelles et particulières. » Sainte-Beuve ne sait que s'attarder aux minuties biographiques sans importance et sans signification ; il n'écrit que « des articles à côté, c'est-à-dire que ses esquisses donnent une idée très vague, très incomplète et très insuffisante des auteurs qu'il juge... Quand M. Sainte-Beuve nous introduit près d'un homme fameux, un brouillard se répand sur notre vue ; nous essayons eu vain de discerner quelque chose ; nous n'apercevons guère que l'ombre du critique flottant au milieu des vapeurs. Jamais il n'a dignement analysé une production sérieuse, et il a fini par avouer que ses esquisses sont tout uniment des élégies, des mémoires personnels. » D'ailleurs, il ne sait môme pas ce que c'est que la critique. Tantôt il s'en fait l'idée mesquine qui convient à son (( étroit horizon intellectuel » : il regrette alors les puérilités de la critique ancienne, le temps où l'on trouvait une diff'érence essentielle entre Grécourt
et Chaulieu ! Tantôt, au contraire, le voilà qui vante la critique de Bayle et aboutit à des consé quences absurdes : « le mérite dominant d'un critique est de n'avoir ni tact ni finesse, de parler au hasard et sans réflexion, d'estimer les pitoyables ouvrages à l'égal des meilleurs, de confondre la sottise avec le génie, la raison avec l'absurdité, l'élégance avec le manque de délicatesse, l'art sublime avec la pâle impuissance » ! Ce sont là des idées ridiculement frivoles ou incohérentes. Elles sont la conséquence de son scepticisme absolu ; elles en sont la punition, et parce qu'il souff're luimême de n'avoir plus ni appui ni guide, et parce qu'il est discrédité. « De ce désordre perpétuel, de cette constante mêlée où s'égorgent ses diverses opinions, de ce désaccord entre ses arrêts et sa forme, de cette haine aveugle pour la science, il résulte que sa parole a une très faible autorité*. » Et le peu d'autorité qu'il pourrait avoir, la nullité de ses autres écrits la diminuerait encore. « Il y a de certaines limites au-delà desquelles il ne faut point pousser l'égarement sous peine de voir tomber son crédit... Quand on a écrit les Pensées d'août et Port-Royal, on n'a plus le droit de tenir les balances littéraires. Les ouvrages de La Galprenède, de Théophile, de Chapelain et de Scudéry flamboieraient comme des météores si on les plaçait à