‹ Études sur Sainte-BeuveChapitre 73 sur 139 · Lecture des Mémoires^ p · texte numérisé non relu

Lecture des Mémoires^ p

Ainsi avertis, les critiques ne pouvaient faire que des citations assez étroitement déterminées; et, probablement encore, devaient-ils les soumettre à Fauteur. Si d'ailleurs il ne leur communiquait son œuvre que chez lui, dans son cabinet, sous ses yeux, il n'avait guère à craindre qu'ils n'en copiassent des parties trop étendues; le secret restait assuré à ses Mémoiresj dans la mesure où il le désirait.

Mais, dit M. Bertrin, quelle «risible imprudence » de laisser entre les mains de certains critiques les pages les plus secrètes de son œuvre ! — Les pages les plus secrètes étaient-elles tellement secrètes ? J'en doute un peu, quand je vois Nisard, qui n'était pas un des intimes de l'Abbaye, qui n'avait pas été admis aux lectures, demander que Chateaubriand voulût bien « lui abandonner son portefeuille, et le laisser s'y plonger à discrétion tout le temps qu'il [lui^ Nisard) ne le jugerait pas importun* », et obtenir cette faveur ; quand je lui vois communiquer le voyage à Prague, « du fruit défendu la partie la plus défendue ». Si on lui a permis, à lui, de les lire, pourquoi n'aurait-on pas permis aussi de les lire et d'y puiser des détails intéressants à Sainte-Beuve, habitué du salon, admis aux lectures, disciple fidèle , admirateur enthousiaste, thuriféraire agréable, et

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