Portraits littéraires^ II
2. Il semble avoir été chargé, à lui seul ou presque seul, de la Petite Revue littéraire du Globe. — Cf. G. Michaut, Sainie-Beuve avant les Lundis, p. 591 sqq.
3. Premiers Lundis ^ 1, 155, 156 : « les délicatesses d'un si beau siècle... ce charme à jamais évanoui du graiid âge liU6raii«. »
POÉSIE FRANÇAISE AU XVI- SIÈCLE m
humaine. « Racine... dans les chœurs d'Esther et d'Ather n'a pas fait passer tout ce que son âme avait conçu de mélodie céleste et d'onction sacrée. Et quelle aisance, pourtant, dans ces admirables chœurs, quelle quiétude, quelle sérénité de génie! C'est qu'il a senti combien, devant l'impuissance humaine, il valait mieux encore se résigner que se débattre ; là où il a désespéré d'être excellent, il a mieux aimé rester un peu faible, en voilant sa faiblesse d'une molle et noble douceur que de s'épuiser en vains efforts, pour retomber de plus haut. C'était la seule manière d'être parfait en poésie autant qu'il est donné à l'humanité de le devenir 1 ! » Mais il y a mieux encore. Au moment où les censures, les brocarts, les injures mêmes fondent de toutes parts sur Boileau, au moment où tous les écrivains qui se piquent de renouveler la littérature n'ont pas assez de mépris pour les œuvres et pour les préceptes du Législateur^ Sainte-Beuve, hardiment l'honore encore et le proclame un maître. Chargé d'annoncer VÉpÙre à quelques poètes panégyristes de Gustave Drouineau, il a cru reconnaître dans ces vers « une réminiscence assez heureuse de la manière de Boileau » et il ajoute audacieusement : « Il faut en louer fauteur. Le poète delà raison semble plus que jamais délaissé