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'I^îfiait li^;ii rj'ornements. de nombre et de '/-uf';-. h'.\ " grrjceh nouvelles^ , le genre de poé- -i^r " iV'\iVh\\\\\('. " : on reconnaît les expressions de |{oil<:aij nîprises ici, comme ses mentions des '' triolets //, " ballades >> ou " rondeaux» ; et ses \i\('M^ \\i\ sont pas moins fidèlement reproduites. l'ondh et forme -, tout dans ce passage trahit un liornnje rifiurri de r Art poétique et plein de confiance en l'îintoriKî du '^ léfçislateur » des classiques.
(î'i'st en vain rjnr», le 14 juillet, Sainte-Beuve est d(''jîi ohli^^/* de signaler des erreurs de Boileau sur riiisloinî du rondeau et de la versification fran- (;aiHr '. Su eonliancjî en lui n'en est pas changée.
1. (iloUc, 7 jiiilhît. — PasHdf^c modiûô dans les éditions, S, 1 ; C, li; L, I, \).
1!. V«>ir nic-or» plus loin, L, 21, 8, le ressouvenir de Boileau : .. .. SI' sent th's lime où frtû/uenlait Vauteur. »
:i. iilohv, \\ Juilloi. — Cf. S, 34-35; G, 30; L, I, 53-54.
A son exemple, il proteste contre Tintempérance des réformateurs. Dans son article dul"septembre, un long passage est consacré à démontrer comment ils ont eu le tort d'être si peu « retenus » et à blâmer leurs excès.
« Les lauriers d'Athènes et de Rome soulevaient ^ ces jeunes cœurs... Ils allaient même jusqu'à mépriser ces humbles, mais piquantes productions du terroir gaulois... La frivolité des poètes français ne leur inspirait aussi qu'une fort médiocre estime : ils la jugeaient du haut de leur érudition, et ne se souvenaient pas asse^ que cette frivolité diminuait de jour en jour et que la poésie n'était déjà plus une simple affaire de cabaret ou de salon... {Suivent les preuves :
exemples de Marot^ Saint-Gelais^ Hugues Salel, Antoine Heroët, François Chabert^ Charles Fontaine,.,), La réforme en un mot s'introduisait peu à peu dans la poésie, et les hommes qui la cultivaient ne restaient aucunement étrangers au mouvement intellectuel. C'est ce qu'oublièrent trop les jeunes disciples de l'antiquité. Colorant leurs préjugés d'érudits de toutes les illusions de la, jeunesse et du patriotisme, ils prononcèrent qu'il n'existait rien en France et se promirent de créer tout^...
i. Globe^ l*"" septembre. — Le Tableau dès 1828 porte« enlevaient». 2, Globe. — Passage conservé avec de faibles changements dana les éditions, S, 56; C, 46 ; L, 1, 82.
11 est difficile de voir là une approbation pour la tentative de la Pléiade.
L'article suivant ne parut que vingt jours après, le 20 septembre. Mais Ton dirait cette fois que, dans l'intervalle, un léger changement s'est fait dans l'esprit de Sainte-Beuve. 11 n'en est pas encore arrivé à l'admiration; mais il penche déjà vers l'indulgence.
Ce n'est pas qu'il approuve les théories de la Défense et Illustration de la langue française. Loin de là. 11 blâme du Bellay de s'être « fâché hors de propos » contre les rondeaux et les ballades, « innocents poèmes, quoique un peu vieillis » ; d'avoir méprisé les épigrammes et les élégies de Marot pour louer malencontreusement ses églogues froidement allégoriques ; d'avoir cru faire merveille en changeant le nom du « coq à l'âne » en celui de « satire » ; d'avoir proscrit la chanson; de n'avoir pas compris que la farce nationale « était par moments de la bonne et franche comédie. »
A tout prendre, conclut-il, la réforme proclamée par du Bellay comme une découverte de la veille se réduisait à deux parts^ dont Vune n'était pas aussi neuve, ni Vautre aussi praticable quHl le prétendait.
Puis, quand il passe du programme à la réalisation que les poètes delà Pléiade en ont tentée, peut-
être est-il plus sévère encore. Il les montre fabriquant de toutes pièces une langue artificielle; il rit de les voir « d*une manière presque ridicule » éviter de faire de la poésie une chose accessible et populaire, alors qu'ils affichent la prétention de «fonder une littérature nationale ».
Qu'est-il donc advenu, que devait-il advenir de cette langue savante construite sur la langue populaire? La langue populaire a fait un pas, et tout l'échafaudage de la langue savante a croulé. L'accident était soyidsiin, et comme le sublime désappointé touche au grotesque^ un long éclat de rire a éclaté, comme à une chute de tréteaux ^
Mais si, encore une fois, l'expression de Boileau, « grotesque », est reprise, cette fois au moins, on le voit, elle est préparée et atténuée. Et en effet Sainte-Beuve, après avoir aussi rudement jugé l'œuvre, semble saisi de je ne sais quelle sympathie pour les auteurs eux-mêmes. Au lieu de ces rires ironiques, il apporte à son examen « une disposition plus sérieuse et plus équitable». En poète qui a lui-même trop bien expérimenté combien l'œuvre réalisée est loin de l'œuvre rêvée, il reconnaît que leur erreur n'a pas été « une erreur vulgaire » ; il proclame avec émotion la dignité de leur effort,
1. Globe, 20 septembre. — Reproduit sans changemctiits dans les éditions. Cf. L, I, 93-95.
« de leurs longues veilles, de leur de'vouement profond, de leur pure et sainte conception de la poésie » ; il (( compatit à ces nobles cœurs qui se débattaient contre une langue rebelle à leur pensée » et souffre avec eux du « supplice qu'ils durent subir ». Sous l'impression de cette sympathie, il essaye de montrer quels bons résultats ont après tout surnagé de leur naufrage même; bien mieux, que leur échec a été fécond, que leur labeur avorté a été nécessaire, «strictement indispensable», aux plus heureuses tentatives de leurs plus heureux successeurs ^
Et des ce moment il s'efforce de tenir cette route intermédiaire. Il est sévère encore, mais pourtant il a souci de mettre en lumière tout ce qui mérite l'éloge; il condamne encore, mais pourtant il recherche avec soin les circonstances atténuantes. Parfois on dirait qu'il a interrompu ses articles, tantôt pour relire r Art poétique^ idiUibi pour aller faire visite à Hugo, et que, lorsqu'il se remet à écrire, il rabaisse ou relève Ronsard et les siens, sous rinfluence do celui des deux qu'il quitte. Ainsi les rigueurs et les indulgences se succèdent et se mêlent dans son premier Tableau,
11 trouve la destinée de Ronsard « un drame mêlé d'héroïsme et de grotesque'^ ». Après avoir cité de jolis passages, il ajoute :
1. Globe, 20 septembre. — Passage non modifié. Cf. L, 1, 96-97.*
2. Globe, 20 septembre. — Passage non modifié. Cf. L, I, 110.
Mais ce ne sont là que des beautés éparses.
Le plus souvent^ tous les cinq ou dix vers environ, une expression, une image triviale fait grimacer ce jstyle qui veut être sérieux^ et comme une note criarde au milieu d'un ton grave, nous avertit que Ronsard forçait son instrument "^ .
Il écrit :
Nous n'analyserons pas les ouvrages de Ronsard. Com^posés d'après un système^ ils sont empreints d'une fastidieuse uniformité. Trop rarement^ on y entrevoit sous l'imitation les sentiments et les pensées intimes de la poésie-,
ou bien :
L'invention en effet, de laquelle il est toujours aisé de juger, même à travers la distance des temps et la différence des langues, n'a rien d'original chez Ronsard et ses amis ; ce n'est qtî'une copie froide calquée sur les créations des anciens. Reste l'élocution, le style... Mais la langue dans laquelle écrivaient ces novateurs est devenue pour nous une espèce de langue morte, et nous ignorons ce qu'est, par rapport à elle, l'élégance ou l'incorrection. Marot, suivant la rem^arque si
1. Globe ^ 4 octobre. — Passage modifié dans les éditions, S, 88; G, 68; L, I, 120.
2. Glohe^ 13 octobre. — Passage modifié dans les éditions, S, 93 C, 71 ; L, 1, 126.
juste de La Bruyère, Marot, par son tour et par son style, semble souvent avoir écrit depuis Ronsard, et il n'y a guère entre lui et nous que la différence de quelques mots. Aussi sommes-nous beaucoup plus compétents pour juger de l'un que de Tautre. La langue, telle que nous l'avons aujourd'hui, se continue sans interruption avec celle que parlait et écrivait Marot. C'est le même tronc qui a été croissant et grandissant. Le dialecte que Ronsard a voulu greffer sur la souche commune s'est flétri et détachée
ou bien sur du Bellay :
Sans parler de plusieurs choses agréables qu'on trouve mêlées à ses sonnets de Méline et de Francinc^ il a imité, ou si l'on veut traduit, Théocrite dans V Amour vangeiir avec beaucoup d'élégance et de naïveté. Mais ces exemples sur lesquels peut s'exercer bien sûrement notre critique, sont chez \mtrop rares pour nous permettre de récuser le jugement peu avantageux de Pasquier et de Du Perron'-.
ou bien enfin, et comme jugement final sur l'école tout entière :
Sans vie réelle^ sans originalité propre^ récole de Ronsard, quand elle eût épuisé Timita-
1 . Globe, 17 octobre. — Passage modifié dans les édiUoùs, S, i08 ; C, 84: L,I, 149.
2. Glohe. 27 octobre. — Passage modifié dans les éditions. S, 108 ; C, 85 ;L, 1, 149.
tion grecque et latine, se jeta plus particulièrement sur rimitation italienne et Tépuisa comme Tautre '.pour elle, c'était là se perfectionner ^ .
On ne peut guère Faccuser de montrer dans tous ces jugements une indulgence excessive, et môme cette dernière citation laisse percer un mépris un peu rude.
Mais, à côté de ces passages, il en est d'autres, — aussi nombreux, — d'un ton bien différent. Cette condamnation portée par Malherbe et Boileau, que lui-même il vient d'approuver et de renouveler, Sainte-Beuve ne la trouve pas « exempte d'aigreur ni de colère ». La célébrité de Ronsard, pense-t-il, a dû avoir sa raison d'être et son explication. Il réclame pour le poète raillé une bienveillance, qui, selon lui, ne sera que de l'équité ; et il assure qu'en l'abordant avec ces dispositions, on en viendra « sinon à faire grâce à sa renommée, du moins à la concevoir^) :
Les traductions satisfaisaient peu les goûts littéraires des érudits... S'ils daignaient songer quelquefois à la langue maternelle, c'était pour regretter qu'elle ne fît pas d'elle-même quelque tentative plus libre dans les voies antiques, Ronsard sentit ce besoin et y répondit merveilleusement.
Admirateur des anciens, avec une certaine indépendance d'esprit, au lieu de les traduire, il les
i. Globe, 8 novembre. — Passage modifié dans les éditions, S,
iS4 ÉTUDES Sun SAINTE-BEL'VE
imita; toute son originalité, toute son audace est
d'avoir innové cette imitation Il déploya dans
ces cadres d'emprunt une veine asse:^ animée pour qu'on lui en sût alors un gré infini. C'était la prcmlcrc fois que la physionomie du passé semblait revivre dans notre idiome vulgaire^, etc.
VX immédiatement après, il cite avec un plaisir visible des vers exquis du chef de la Pléiade :
Bien des fois sa période nous paraît arrondie, harmonieuse, et sa pensée revêt de fières ou brillantes images. Témoin ce début de sonnet cyii Ton n'aurait à effacer qu'un mot du second vers :
Je veux brûler pour m'élever aux cieux Tout r imparfait de mon écorce humaine, M't'ternisant comme le fils d'Alcmène, Qui, tout en feu, s'assit entre les dieux.
Kl cette fin d'un sonnet encore, où le poète, après avoir énuméré tous ses ressouvenirs et ses rêves léi^ers do bonheur amoureux, achève en
disant :
Sur le métier d'un si vaç^ue penser Amour ourdit la trame dr^ ma vie.
Kt ce vers d'une physionomie toute moderne,
pour signifier une mort prématurée :
Avant le soir se clora ta journée-...
l. '.\W, k octobre. — P.i--ii;e non iii.M.titié. Cf. L. 1. 119.
'1. >i''y''\ t -^."tobre. — Sui-primc i\n.ïi< It-s éiUtÎMns. mais nippelé 'laiK un..' II.. te, S. '.'K n. I. n..»te f lle-iuéme iu«.Hli!iée et développée [■lus t. ml. C, T:;. n. 1 ot L. I. l:'.2. n. l.
Avec les mêmes dispositions favorables, dans un chapitre que bien des lecteurs durent alors trouver paradoxal^, il excuse les défauts du style de Ronsard, en alléguant les goûts de son époque et les changements du langage ; il le défend du reproche de « parler en français grec et latin » et répond qu'il a mis au contraire à ces emprunts « plus de discrétion qu'on ne semble le croire » ; il entre même plus avant dans ses vues, il imagine le succès qu'aurait pu avoir sa langue composite en des circonstances plus heureuses, et s'écrie alors :
Qui pourrait dire que le siècle de Louis XIV n'eût pas été prévenu, et que, parmi nos ancêtres littéraires, Ronsard, quoique avec moins de génie, n'eût pas tenu la place qu'occupe anjourd'hiii le grand Corneille'^l
Il semble découvrir avec ravissement en Ronsard un délicieux poète anacréontique :
Mais le croirait-on ? ce qui nous plaît surtout et ce qu'on s'aviserait le moins de chercher dans Fauteur, c'est l'ode épicurienne, anacréontique, la chanson en un mot, telle que Marot déjà la savait faire, telle que du Bellay la faisait tout en
1. Aussi s'est-il défendu dans une longue note, dès 1828. — Ci. L, 1, 120 : « Pour mettre à couvert notre responsabilité, etc. »