Tracté de la concupiscence
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coiipahlos ne sont îi ses yoiix (^no dos témoins de l;i ni;inv;\is<' organisation des sociétés, et sans donte de la l'ansscté des croyances. Il réhabilite le forçat, la prostituée et « toute âme tuée » ; mais il déljorde en injures sordides contre les classujucs, les dévots, les monarchistes et tous ceux qui contestent ses opinions ou cnli(|nent son talent : point d'amnistie j)onr ces pervers! Ce n'est rien encore. Sa philanthropie se complique du mépris le moins déouisé jjour l'espèce humaine. [ll y a sans doute quehpies êtres choisis à qui il témoig'iie de l'estime : il rend hommage publiquement aux mérites de trois ou (piatre écrivains qui lui ont adressé des dédicaces; mais, au fond, il n'a d'admiration sentie que poulies bètes : diverses pièces sont dédiées à l'araignée, an chien, au bœuf, aux oiseaux ; il donne un vers au crapaud :
Ploiu'ez sui" le crapaud, pauvre monstre aux doux yeux.
Rencontrant un lion à la foire, il lui dit quantité de choses illustres, et finit par trouver le regard de l'homme tout à fait inférieur à celui de la brute, laquelle
Porte en son œil calme, où l'infini commence, Le l'égard éternel de la nature immense.
Le chef-d'œuvre de ce genre est la pièce intitulée /a Chouette. Une chouette clouée à une porte lui
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rappelle (je souffre d'être condamne à le répétei*-)'
Jésus, cette chouette iiiunense De la lumière et de l'amour !
La véuératiovi exclusive pour les animaux est en contradiction avec la philanthropie ; mais elle est un point pratique de la religion où M. Hug-o s'est arrêté, et il faut le reconnaître logique en cela. L'homme qui admet la transmigration des âmes doit respecter tout ce qui marche à quatre pattes, .tout ce qui rampe, mugit, clapit ou beugle, puisque c'est un pénitent, et peut-être un aïeul.
Malgré la métempsycose pourtant, et malgré la comparaison indécente que je viens de citer, et qui n'est pas la seule, je ne veux pas laisser croire que M. Hugo se plaît h insulter la personne de Notre- Seio-neur. Il se contente de nier sa divinité, et encore pas tout h fait et pas pour toujours. Il le place d'ailleurs au rang le plus honorable suivant lui, entre Socrate, Platon, Jean Hiiss, Michel-Ange, Rohespierre, Galilée, etc. Il a même fait quatre vers pour écrire aux pieds du crucifix. On les trouve après les obscœna du premier volume.
Rien ne peut donner une idée de ce tohu-bohu. l/cxcês du ridicule s'v mêle à l'excès dudégoiit. On sort des fredaines de Trissotin pour entrer dans les méditations de ^Matthieu Garo. Le poète agite tous
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CCS |)rol)lcmcs profonds des profonds penseurs qui ne snvcnt pas le cat(!chlsme : pourquoi ceci ? pourquoi cela ? pourquoi des pauvres et des riches ? pourquoi des malheureux? pourquoi des injustes? pourquoi le père de famille afTamé qui vole un pain est-il condamné par le boulanger qui s'est enrichi à vendre le pain à faux poids? et mille questions de cette nature. Il prend en grand appareil le microscope, et il découvre... un bœuf! Ses curiosités le précipitent dans des énumérations qui ne finissent plus, dans des incohérences inimaginables ; on se l demande s'il a jamais fait la distinction du bien et du mal, ou si simplement la rime lui porte au cerveau. Cette pensée vient surtout lorsqu'il défile le chapelet de ses grands hommes, artistes et penseurs, parmi lesquels apparaît rarement un nom chrétien. Voici quelques vers d'un discours sur la vertu, adressé par le poète à ses enfants. Il a déjà nommé Caton, Dante, Campanella et Jeanne d'Arc :
J'ai vu Thomas Morus, Lavoisier, LoiseroUe, Jane Grey, bouche ouverte ainsi qu'une corolle; Toi, Charlotte Corday; vous, madame Roland ; Camille Desmoulins, saignant et contemplant ; Robespierre à l'œil froid, Danton aux cris superbes; J'ai vu Jean qui parlait au désert ; Malesherbes, Egmont, André Chénier, rêveur des purs sommets ; Et mes yeux resteront éblouis à jamais Du sourire serein de ces têlcs coupées.
Thomas Morus et Camille Desmoulins ! LoiscroUe, le martyr de l'amour paternel, et Danton, le septembriseur ! et, comme si ces brutalités ne suffisaient pas, saint Jean-Baptiste et Robespierre ! le même sourire sur les lèvres qui n'ont laissé passer que la prière et la vérité, et sur les lèvres qui ont vomi le blasphème et sucé le sang ! Misère et honte ! M. Hugo s'est bien trompé, s'il a cru (pie de pareilles assimilations paraîtraient hardies et que l'on n y verrait pas la servilité du révolutionnaire. Ces noms odieux, encore plus souillés que sanglants ; ces noms de bourreau. v barbouilleurs de lois, de penseurs qui ne savaient réfuter leurs adversaires qu'avec la guillotine, de cuistres devenus assassins après avoir fait de mauvaise prose et de mauvais vers, M. Hugo ne peut pas les vénérer; il se diffame lorsqu'il prétend qu'il les vénère. Mais ce sont les saints de sa religion politique, et il adore. Dans ses prosternations, il nous montre son collier: Allez! homme libre ! injuriez les rois, les papes, les prêtres, les simples honnêtes gens ; faites de l'esprit, quand vous pourrez, contre les marquis, contre les dévots, contre les classiques; houspillez Racine, Boileau, Yaugelas : mais vous encenserez le vertueux Camille, le superbe Danton, le pur Saint- Just, le roi, le pontife, le penseur Robespierre. Debout devant la tiare de Rome, à plat ventre de-
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vant sainte (luillotlne do l\iris ! Vous ferez eela, parée qu'un millier de baudits qui le fout vous exoomniuuieraientsi vous ne le faisiez point. Et maiiifenant, eontinuez de poser à Dieu et aux hommes \os pourquoi sur l'existence du mal en ce monde et sur les complaisances efTroyables de la conscience humaine !
Xotez que, dans cette môme pièce, il y a des pensées vraies, élevées, magnifiques, exprimées en très beaux vers. Je me rappelle le mot de Platon, cité par Bossuet, et je me demande si ce sont les sentences admirables ou les sentences abominables, les vers pour la vertu ou les vers contre la vertu, que le poète n'entend pas ? Je crois que le plus souvent il n'entend bien ni les uns ni les autres.
Un reaai'd sur son inextricable théooonie nous convaincra qu'il est loin d'avoir la pleine intelligence de tout ce ([u'il verse.
Il ne pose pas seulement des problèmes, il donne aussi des solutions : il en a de deux sortes, les unes d'un grotesque achevé, les autres d'une impiété horrible, mais qui, je l'espère, ne seront pas devant Dieu sans quelque excuse d'infirmité.
Un ami le questionne sur son culte :
Ilermann mo dit : — Quelle est ta foi ? quelle est ta Bible ? Parle. Es-tu ton propre gcant ?
Si tu n'es pas une âme en l'abîme engloutie, Quel est donc ton ciboire et ton eucharistie ? Quelle est donc la source où tu bois ?
Le poète se tait d abord, et finit par répondre : Je prie. — Dans quel temple ? demande Hormann. Où vas-tu à la messe, à qui te confesses-tu?
L'Eglise, c'est l'azur, lui dis-je ; et qu^nt au prêtre... — En ce moment le ciel blanchit.
La lune à l'horizon montait, hostie énorme. Tout avait le frisson, le pin, le cèdre et l'orme;
Le loup, et l'aigle, et l'alcyon !
Lui montrant l'astre d'or sur la terre obscurcie. Je lui dis : — Courbe-toi, Dieu lui-même officie,
Et voici l'élévation.
La pièce est intitulée : PieUgio, et il ne faut pas croire que ^I. Hugo veut rire. Hermann ne répond rien. Il est convaincu. Cependant M. Hugo luimême adore-t-il la lune ? Je ne crois pas. II adore moins que cela : il adore tout.
Dans un autre endroit, il décrit un enfer à faire mourir de rire. C'est la peinture de la vie purgative, d'après les données de la métempsycope. On y est pierre, plante, animal, outil, etc., suivant les vices et les crimes dont on a négligé de se confesser
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ot (le (UMiianJcr l'absolution... à la lune. Après cette énuméiation, le poète, se prenant de ])iti('' pour les damnes, (xliorte à prier pour eux. (^ui prier? et pourquoi? N'importe :
Pleurez sur l'araignée immonde, sur le ver,
Sur la limace nu dos mouillé comme l'iiiver,
Sur le vil puceron qu'on voit aux feuilles pendre,
Sur le crabe hideux, sur l'alFreux scolopendre,
Sur l'effrayant crapaud, pauvre monstre aux doux yeux,
Qui regarde toujours le ciel mystérieux !
Plaignez l'oiseau de crime et la bête de proie :
Ce que Domitien, César, fît avec joie.
Tigre, il le continue avec horreur. Verres,
Qui fut loup dans hi pourpre, est loup dans les forêts. .
Penchez-vous attendri! versez votre prière!
La pitié fait sortir des rayons de la pierre.
Plaignez le louveteau, plaignez le lionceau.
La matière, affreux bloc, n'est que le lourd monceau
Des effets monstrueux, sortis des sombres causes.
Ayez pitié! Voyez les âmes dans les choses.
Hélas ! le cabanon subit aussi lécrou :
Plaignez le prisonnier, mais plaignez le verrou ;
Plaignez la chaîne au fond des bagnes insalubres ;
La hache et le billot sont deux êtres lugubres :
La hache souffre autant que le corps; le billot
Souffre autant que la tête : ô mystères d'en haut!...
J'aurais voulu savoir quelle est la part, dans cette seconde vie, des belles têtes coupées dont il a été question plus haut. Que devient Loiserolle? a-t-il
encore le même sort que Danton? Si Verres est loup, et Domitien tiorc, Saint-Just est-il aoncauet Robespierre colombe? Mais M. Hugo n'a pas jugé à propos d'en instruire les profanes. On sait combien il estime le lion : pourquoi donc veut-il qu'on plaigne le lionceau? est-ce parce qu'il n'a encore mangé personne? Mystères d'en haut !
Quoi qu il en soit, ces êtres punis sont devenus prodigieusement sensibles. Il y a des moments d'attendrissement universel :
Parfois on A'oit passer dans ces profondeurs noires
Comme un rayon lointain de l'éternel amour :
Alors l'hyène Atrée et le chacal Nimour,
Et l'épine Caiphe et le roseau Pilate,
Le volcan Alaric à la gueule écarlate,
L'ours Henri huit, pour qui Moriis en vain pria,
Le sanglier Sélim et le porc Borgia,
Poussent des cris vers l'Etre adorable ; et les bêtes
Qui portèrent jadis des mitres sur leurs tètes,
Les grains de sable rois, les brins diierbe empereurs,
Tous les hideux orgueils et toutes les fureurs.
Se brisent; la douceur saisit le plus farouche ;
Le cliat lèche l'oiseau, l'oiseau baise la mouche;
Le vautour dit dans l'ombre au passereau: Pardon!
Une caresse sort du houx et du chardon ;
Tous les rugissements se fondent en prières ;
On entend s'accuser de leurs forfaits les pierres;
Tous ces sombres cachots qu'on appelle des fleurs
Tressaillent ; le rocher se met à fondre en pleurs;
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Des bras se lèvent liors de la ioinbc dormante ; Le vent gémit, la nuit se plaint, l'caii so lamente, Et, sous l'œil attendri qui regarde don liant. Tout l'abîme n'est plus qu'un iinnienso sanglot.
Poésie! dites-vous: l'on est accoutume à ne pas voir marcher d'accord la rime et la raison ; et cet enfer, pour ne pas valoir celui du Dante, a pourtant son intérêt de ciuiosité. Oui, n\ais continuez, et vous allez vous heurter au blasphème. L'attendrissement universel est le prologue de la réconciliation
universelle. On verra les hvdies sortir des o-ouflres
avec des étoiles au front ; les cornes se changeront en auréoles ; les grilTes tiendront des palmes; les damnés monteront au ciel, Bélial en tète; enfin, Jésus embrassera Bélial, son frrrc, et le conduira vers Dieu :
Tous deux seront si beaux, que Dieu, dont l'œil flamboie. Ne pourra distinguer, père ébloui de joie, Bélial de Jésus !
J'espère toujours que M. Hugo ne sait pas ce cpi'il dit; et, s'il le sait, j'espère que quelque bon mouvement de son âme le fera repentir. En attendant, voilii ce qlf'imaginent ces fiers esprits pour qui les enseignements de l'Eglise ne sont ni assez grands, ni assez lumineux, ni assez tendres ! C'est toujours le même fond. Il leur faut des mystères que l'on ne
puisse pas croire, afin qu'aucune morale n'y trouve de sanction, et qu'aucune passion n'y rencontre de frein. Le système religieux de M. Hugo paraît plus absurde que beaucoup d'autres, à cause de son talent particulier pour dire brutalement les choses. Il atteint néanmoins très bien le but. Je suppose qu'il ait des fidèles : ils pourront, comme Tartufe, s'accuser d avoir tué une puce ; mais le moyen à Verres de s'empêcher d'être loup, à Henri VIII de s'empêcher d'être ours, et à toute âme humaine de se prolonger e/i /Zt'»/' jusqu'à la dernière caducité? Je mets les choses au mieux : le méchant craindra d'être, après sa mort, tigre, hyène ou serpent. Pourquoi le craindra-t-il? Je l'ignore. ^Je crois qu'il serait plus effrayé de devenir brebis ou tourterelle. Mais enfin, outre qu'il n'en sera jamais bien sûr et qu'il ne peut s'empêcher d'être méchant, l'étant par fatalité, en expiation d'une vie antérieure dont il n'a pas conscience, que lui importe la punition, puisque tout doit finir par un embrassement général où Dieu ne distinguera plus Bélial de Jésus? Donc, songeons à nos plaisirs, à notre gloire, à notre puissance ; écharpons nos ennemis, et mettons en liberté l'amour !
M. Victor Hugo, ce grand ami du peuple, pose ainsi les principes delà tyrannie, laquelle n'a d'autre mobile que la satisfaction des passions de l'individu.
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Un vrai i-hiôtleii no peut pas ôlrc un tyran, un saint no saurait ôtre un maîtro dur. Toutes les vertus, toutes les sagesses, excepté la vertu et la sagesse catholiques, paraissent, couronne en tète, clans les catalogues de la tyrannie. Le Christ est venu pour les petits et pour les pauvres. Tout ce qui s'est éloigné du Christ a foulé les petits et méprisé les pauvres, et rejeté sur eux le fardeau dont le Rédempteur a voulu les délivrer. Ils portent le poids des révolutions, le poids des corruptions, le poids même des splendeurs publiques dans les sociétés qui brisent avec le Christ. Toute action antichrétienne est un fouet qui meurtrit cette pauvre chair, toute doctrine antichrétienue un poison qui la tue. La Révohition française a massacré quelques milliers de riches, elle a fait une boucherie de plusieurs millions de pauvres : ils ont [fourni plus que les riches eux-mêmes à la consommation de l'échafaud. Quand vous les enivrez d'impiété, vous les enivrez pour les voler. Dès qu ils ont perdu la foi, leurs fdlcs sont dévorées par ce Miuotaure que vous appelez la liberté de l'amour; vous trouvez parmi eux ces esclaves qui, dans nos villes, demandent un gain misérable à d'infâmes travaux. Si votre ridicule doctrine de la transmigration des âmes pouvait s'établir, ce serait par le massacre de tous les chrétiens ; et si Dieu permettait qu'une fois ce sang de vie fût in-
fécond, sur la terre qu'il aurait arrosée en vain pulluleraient des nations de parias. L'hérésie, l'incrédulité, le progrès philosophique, tirent du peuple des bras pour la révolte, des corps pour la débauche, des machines pour l'industrie; le christianisme en tire des prêtres, des missionnaires, des frères et des sœurs de Charité, auxquels il confie le gouvernemcnl des âmes, la défense de la conscience humaine, le flambeau de l'apostolat, l'éducation et le service des pauvres : c'est-à-dire, tout ce qu'il y a de plus saint et de plus auguste sur la terre. Vous aboyez au prêtre et vous vantez de réhabiliter l'histrion et la prostituée. Le prêtre ne les réhabilite pas dans leur état d'abjection, qu'il condamne; mais il les en retire. Il a sur les lèvres la parole qui les éclaire, dans le cœur le sentiment qui les plaint, dans les mains l'eau qui les purifie. C'est le prêtre qui visite la demeure du pauvre, où le soleil même n'entre pas, car vos progrès vendent aussi le soleil. C'est le prêtre qui veille au chevet du pauvre : là ne paraissent guère les âmes en fleur ! C'est le prêtre qui voit dans le pauvre non seulement un ami, un frère, mais un Dieu; |ct quand M. Hugo, regardant par hasard le manteau troué d'un mendiant , dit qu'il y voit des constellations, il n'a trouvé que l'image; la pensée, il la tient d'un prêtre, et ce prêtre lui a transmis une vérité de Jésus-Christ pour
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l;i(|ii('llo le sarordoco catlioliquc a été crucifié dixhuit cents ans.
T.ors(juo 1 homme de péché, BéUal, aura ce jour qui sera sa phis grande victoire sur le monde et h* préhide de sa suprême défaite par le Fils unique de Dieu, il s'emparera de toutes les erreurs, de toutes les sciences, de tous les progrès, et triomphera par ce moyen. Il ne fera pas régner laliherté, mais l'esclavag-e. Il égorgera les prêtres fidèles, il se servira de ceux qu'il pourra corrompre, et ces crimes et ces séductions le rendront maître des peuples ; il sera le plus elTroyahle tyran qu'ait vu le monde, jusqu'au moment où le souverain prêtre, le Pontife éternel, Jésus-Christ, le tuera d'un souffle de sa bouche et délivrera pour jamais ceux qui auront été lavés au sang du Calvaire. Les idées basses que M. Hugo se fait de Dieu et de l'homme le contraioncnt d'anéantir la justice de Dieu, pour anéantir les crimes de l'homme. Les crimes de l'homme ne s'anéantissent que par son repentir, lorsque dans sa liberté, pouvant faire le mal, il y renonce et réclame le bénéfice du sang de Jésus-Christ répandu pour tous les ])écheurs. Mais Dieu ne pardonne pas fatalement. Quand le crime est devenu éternel, la justice divine subsiste et s'exerce dans l'éternité. Quoi ! disentils, une éternité de supplices pour un moment d'offense? Oui, sans doute, et le ciel pour un verre
d'eau, et une éternité de gloire pour un moment de repentir! Vous avez le choix. Bélial a choisi. Il ne sera ni justifié ni glorifié. Jésus-Christ, vainqueur, ne lui donnera pas un baiser : il le tuera, quem Dominas Jésus iiiterficict spiritu oris sid et destruet; il ne le conduira pas devant sou Père : il le jettera au gouffre ; et comme il sera précipité dans son crime, il sera précipité jjour jamais : in ignem ivternum. iA«*A %^\f*^ xk»/*,.- •
Rien n'est plus coupable et rien n'est plus niais que déjouer avec des vérités de cette importance, sur lesquelles reposent le salut des âmes et la vie des sociétés. Quand le relâchement des lois tolère de si redoutables abus, l'homme de bien devrait encore, par conscience, à défaut de toute autre lumière, se les interdire. Les penseurs du Siècle se pâment en écoutant tout cela. L'un d'eux s'écrie : « C'est ma foi! » Voilà M. Hugo bien avancé ! Pour lui, s'il a trouvé la foi du Siècle, il n'est pas du tout sûr d'avoir trouvé la sienne. En vingt endroits, il avoue bonnement qu'il sait aussi peu ce qu'il croit, que le lecteur comprend peu ce qu'il dit :
La chose est pour la chose ici-bas un problème,
L'être pour l'être est sphinx
La cendre ne sait pas ce que pense le marbre ; L'écueil écoute en vain le flot ; la branche d'arbre Ne sait pas ce que dit le vent
194 C\R\CTKUE GENKRAL
D'où je conclus ([uc (jiiîiikI un rocher .syî met à fondre rti pleura, M. Hugo ii'csl pas bien convaincu que ce rocher phuirc les duretés dont il a pu se rendre coupable dans sa première existence, étant préteur sur gages ou huissier.
Cependant, le vrai Dieu de M. Hugo n'est pas impossible ni même difficile à découvrir : c'est M. Hugo lui-même, 11 est « son propre géant ». Quoi qu'il dise, quoi qu'il fasse, quoi qu'il rêve, en prose, en vers, en politique, en philosophie, il se contemple, il s'estime, il se vénère, il ne songe nullement à le cacher. Soit qu'il raconte ses fortunes au milieu des bois, comme dans la pièce du premier volume : Elle était déchaussée^ elle était décoiffée; soit qu'il se donne des tournures de Dante à Ravenne qui efFrayent les pastourelles de la terre d'exil ; soit qu'il pose à « l'Infini » ses puérils points d'interrogation, il sent visiblement que rien ne l'égale, et il se photographie et se sténographie sans cesse, par un soin tendre pour la postérité. Ecoutons ce qu il dit de lui-uiQnic ; la satire la plus acérée ne burinerait pas de cette façon :
J'ai des .ailes. J'aspire au faîte ; Mon vol est sûr ;
J'ai des ailes pour la tempête
Et pour l'azur
Je suis celui que rien n'arrête,
Celui qui va, Celui dont l'àme est toujours prête
A Jéliovah ; Je suis le poète farouclie.
L'homme-devoir ; T^e souffle des douleurs, la bouche
Du clairon noir
Le songeur ailé, 1 âpre athlète
Au bras nerveux, Et je traînerais la comète
Parles cheveux
Et cictcra ! car il y en a bien d'autres. Quand M. Hug-o entre dans le champ de ses mérites, c'est au moins pour tout dire. Un souvenir me poursuivait lorsque, lisant les Conteinplations, je rencontrais ces-longfues bouffées de suffisance : il me sem-
blait que j'avais déjà entendu cela. Ce qui me lutinait ainsi, c'était l'apparition d'un héros de Corneille, que j'ai enfin reconnu. Ecoutez le capitan Matamore :
Le seul bruit de mon nom renverse les murail'es
D'un seul commandement que je fais aux trois Parques, Je dépeuple l'Etat des plus heureux monarques. La foudre est mon canon, le destin mes soldats; Je couche d'un revers mille ennemis à bas
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Toulcfois, je songe à ma maîtresse.
Ce penser m'adoucit. Va, ma colère cesse.
Et ce petit arclier qui dompte tous les dieu.v
Vient de chasser la mort qui logeait dans mes yeux.
Regarde : j'ai quitté cette effroyable mine
Qui massacre, détruit, brise, brûle, extermine ;
Et, pensant au bel œil qui tient ma liberté.
Je ne suis plus qu'amour, que grâce, que beauté.
Mais M. Hugo est bien plus Tort! La seule idée de traîner la comctc par les che\>eux surpasse toutes les gasconnades de l'Illusion comique.
Sérieuscmeut, cela est bien ridicule ! et, pour dernière moralité à tirer du livre de M. Hugo, je conclus (juc cet habile poète s'est fait un dernier tort très considérable en abandonnant une religion qui aurait fini par lui donner quelque légère teinrure d'humilité, simplement ce qu'il en faut avoir pour ne pas se croire Dieu. Hélas! rien que cela, c'est encore beaucoup ; et il y a de quoi crier au miracle, quand on voit que le christianisme peut faire à tout le monde ce grand présent.
Malgré le mépris qu'en ont fait plusieurs de nos grands écrivains, l'art des vers, comme parle Boileau, est certainement un art magnifique, même en français, où le génie de la langue lui impose de
cruelles entraves. « La raison, disait Buffon, n'y porte que des fers. » Fénelon, après de laixnieux essais, l'appelait « une torture d'esprit en pure perte ». La rime, l'affreuse rime, si avare à Jean- Jacques Rousseau, si traître à Chateaubriand, effrayait la patience de Buffon et lassait le vif esprit de l'auteur de Télcinaque. Le P. Ducerceau, que la (piinteuse, au contraire, favorisait trop, répondait en riant aux anathèmes de la prose, et n'y voyait (|ue la mauvaise humeur de gens d'esprit à qui la rime avait fait passer de mauvais quarts d'heure. « La rime, disait-il, est une simple affaire d'habitude. )) Il en parlait à son aise ! La vérité est que la rime gêne horriblement la raison, et qu'on aura toujours sujet de la maudire si l'on demande aux poètes de raisonner, du moins si l'on exige d'eux un certain raisonnement. Mais ils s'en moquent: ils peignent, ils pleurent, ils crient, ils raillent, ils chantent, et ils créent des beautés qui ne seraient ni si belles ni possibles en prose. Jamais la prose ne nous aurait donné le Ciel, Cinna, Polyeuctc, Mithridatc, Aliidlie, les Epitres, les Fables, le Misanltirope. Aux yeux mêmes de la raison, la cause de la poésie française est gagnée par cent chefsd'œuvre.
M. Hugo a reçu d'une façon éminente la plupart des dons qui font le poète : l'imagination, la cou-
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leur, rabonchnicc, la laeilité, le sentiment dn rythme. Il pense en vers, il est lyrique par nature; les idées lui viennent sous forme de stroniies, avee des ailes, des couleurs et une opulente sonnerie. On disait de la Fontaine (pi'il jjorlait des Tables; M. Hug-o porte des odes, et le moindre vent qui l'effleure en fait tomber une. Elle peut n'être pas bonne : il y aura presque toujours quehpie belle strophe, tout au moins quehpics beaux vers; ce sera toujours une forme d'ode. Lorscpie la poésie n'y est pas, on y trouve encore l'écorce et la couleur de la poésie.
Une seule qualité lui manque, le goût. Mais cette qualité est essentielle, et lui manque essentiellement.
M. Hugfo et son école se vantent fort de n'avoir point cette qualité-là. Goût, à leur avis, est synonyme de faiblesse. Ils parlent encore du goût comme au temps de cette fameuse querelle des classiques et des romantiques, où d'honnêtes gens, dont on commence à ne plus savoir les noms, Jay, Arnaud, Jouy, Etienne, Dupaty, Duvicquet, etc., prétendaient continuer la saine tradition littéraire et livraient bataille en invoquant parmi leurs dieux Voltaire, Delille et Jean-Baptiste Rousseau. Ces défenseurs du goût devaient perdre leur cause. Les romantiques étaient jeunes, ardents; plusieurs avaient de l'es-
prit; la révolution soufflait aussi clans la littérature : i\s triomphèrent. Mais depuis cette victoire, il sest passé bien des choses. Les classiques militants ont disparu, roulant leur étendard où brillaient Delille et Jean-Baptiste. Les romantiques, au contraire, ont continué décrire: les uns comme des gens apaisés et qui ont réfléchi, les autres comme si le combat durait toujours. Il est arrivé que les uns par leur repentir, les autres par leur entêtement, ont fait reparaître les principes; et l'on a vu, non sans surprise, qu'au lieu de ruiner les principes, la bataille les avait simplement dérouillés. Le romantique pur sang passa vite à l'état de héros de Juillet, et finalement fut expulsé. Aujourd'hui, un vieux romantique n'est plus un barbare, c'est un ci-devant. DifFérence énorme. On a retenu de la doctrine nouvelle ce qui devait rester : une rime plus sonore, un vers plus souple, un petit bagage de mots fâcheusement exclus du stvle noble, mais qui n'attendaient qu un vrai poète pour y entrer sans avoir besoin de renverser les murs. Le surplus, inhumé dans les perruques classiques, dort du môme somme; et M. Ilugo tout le premier est tenu d'avoir du goût, sous peine de faire rire. Ces belles excentricités qui terrifiaient le bon Etienne et devant lesquelles le bon Duvicquet s'écriait : Oh allons-nous P le moment en est passé; elles sont risibles. A présent, Etienne
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et Diivic(]Uot sont romantiques; ils s'appellent Vac- (jiiei'ie, ils lont rire. La erinière esl, perriKjue à sou tour. Dites ce (pie vous voutlre/., hou Yaetjuerie : iNI. Hugo est un poète, un grand poète; il a le nigissenieut du lion, le vol de l'aigle, l'éclat de l'astre; nous le verrons un de ces jours empoigner quelcpu; comète et la traîner par les cheveux, certainement! mais il lui faudrait encore du goût, et il n'a pas de goût. Je ne dis pas le goût de l'ancien Etienne et de l'ancien Duvicquet. Personne ne lui demande d'étudier Jean-Baptiste, de ranimer Delille, de ressusciter Fontanes. On lui voudrait simplement du respect pour la langue, du respect pour la raison, du respect pour le lecteur, du respect pour luimême. Vous demandez ce que c'est que le goût.' C'est tout cela, et s'il fallait le définir d'un mot, je dirais : c'est la tempérance.
La tempérance règle l'imagination, discipline la force, empêche l'enthousiasme de se séparer du bon sens, qu il fait resplendir. Comme au delà du. courage il y a la témérité, au delà de la force la violence, au delà de l'ardeur la frénésie; de môme, dans les œuvres de l'esprit, au delà des limites assez larges de la tempérance, il y a le pathos, le burlesque, l'extravagant, l'inintelligible; et au bout de tout, le sifflet.
Qui ne sait se borner ne sut jamais écrire. Mettre
la borne, choisir, olao-uer ce qui serait de trop, c'est le rôle de la tempérance. Elle a le secret de l'ordre et de la proportion; elle sent que des beautés qui fatiguent ne sont plus des beautés, que des lumières mal placées et trop abondantes empêchent de voir; elle sait ce (pi d faut dire, ce qu'il faut laisser deviner, ce qu'il faut taire; elle sait disposer les contrastes pour éveiller l'esprit sans le choquer, et lorsqu'elle veut donner le choc, elle empêche qu'il ne soit blessant.
M. Hugo n'est pas né tempérant; mais il était assez heureusement doué pour acquérir cette précieuse mesure qui seule fait les grands écrivains. Au lieu de redresser la pente de son génie, qui allait en tout à l'excès et à l'extrême, il a trouvé plus facile de la suivre et d'érioer svstématicruement en mérites ses défauts. Il a créé le système, mais ses défauts ne sont pas devenus des mérites. Ils ont perdu l'agrément de la jeunesse; ils se sont ridés, ils se sont gonflés, ils se sont tuméfies, ils sont devenus de vieux vices. Avec tout cela, il est resté poète par la solidité de sa nature, il a conservé du succès parce qu'il a su se faire homme de parti ; mais il tombera, parce que ses défauts ont fini par obscurcir et noyer ses qualités. A l'heure qu'il est, il en recevrait de dures nouvelles, si, au lieu d'être <( proscrit;), il était sénateur.
202 CAllACTKHK G KNKR.VL
On Iroiivo (huis Irs Conlrn/plalio/is plusiriirs nianircslos ronKUiti(|ucs, J'en ai cité quelque chose. M. Hugo rappelle avec quelle vaillance il a alFranchi le mot, brisé la césure, et donné enfin le modèle d'une poésie que M. Vaccjuerie et M. Paul Meurice peuvent imiter parfaitement, mais dont ses seuls disciples après lui ont gardé la pratique orthodoxe. En mèine temps, les dix mille vers des Conlcniplatioiis ollVent dix mille démonstrations de la fausseté des théories romantiques. Tout ce qui est grossier, extravagant, inintelligible (c'est la quantité), s'v conforme ; tout ce qui est beau s'en écarte. On a lu cette admirable pièce (pii aurait pu être l'hymne de la résignation : il n'y a pas trace d'enjambements violents, de césures avalées, de mots affrancliU. Les idées sont nobles, les expressions sont nobles, le vers est noble, la strophe se déploie avec une harmonie pleine de noblesse : c'est de la poésie classique. Je veux me donner le plaisir de citer un autre exemple d'une majesté que rien à mon avis ne surpasse.
A la fin d'un morceau enchevêtré et pesant, plein de belles maximes et de témérités condamnables, où Saint-Just et Robespierre sont nommés entre Thraséas et Jésus-Christ comme des modèles de la vertu tranquille dans le malheur, tout à couj), par un retour inespéré, le poète se débarrasse
de raflVoux laugc humaiiitaiie et romantique. Ecoutez :
Aux premiers jours du monde, alors que la nuée,
Surprise, contemplait chaque chose créée;
Alors que sur le globe où le mal avait crû.
Flottait une lueur de l'Eden disparu ;
Quand tout encor semblait être rempli d'aurore,
Quand sur l'arbre des temps les ans venaient d'éclore.
Sur la terre, où la chair avec l'esprit se fond,
Il se faisait le soir un silence profond ;
Et le désert, les bois, l'onde aux vastes rivages,
Et les herbes des champs, et les bêtes sauvages,
Emus, et les rochers, ces ténébreux cac^hots.
Voyaient, d'un antre obscur couverts d'arbres si hauts
Que nos chênes auprès sembleraient des arbustes.
Sortir deux grands vieillards, nus, sinistres, augustes :
C'était Eve aux cheveux blanchis, et son mari.
Le pâle Adam, pensif, par le travail meurtri,
Ayant la vision de Dieu sous sa paupière.
Ils venaient tous les deux s'asseoir sur une pierre.
En présence des monts fauves et soucieux,
El de l'éternité formidable des cieux.
Leur œil triste rendait la nature farouche.
Et là, sans qu'il sortît un souffle de leur bouche.
Les mains sur les genoux et se tournant le dos.
Accablés comme ceux qui portent des fardeaux,
Sans autre mouvement de vie intérieure
Que de baisser plus bas la tète d'heure en heure,
r3ans une stupeur morne et fatale absorbés.
Froids, livides, hagards, ils regardaient, courbés
Sous l'Etre illimité sans figure et sans nombre,
204 CARACTKRE GENKRAL
J/iiii, décroître le jour, et l'autre, pfraudir l'ombre; El tandis que montaient les constellations, Et que la première onde aux promieis alcyons Donnait sous l'infini le long baiser nocturne, Et qu'ainsi que des fleurs tombant à flots d'une urne, Les astres fourmillants emplissaient le ciel noir, Ils songeaient, et rêveurs, sans entendre, sans voir, Sourds aux rumeurs des mers d'où l'ouragan s'élance, Toute la nuit, dans l'ombre, ils pleuraient en silence: Ils pleuraient tous les deux, aïeux du genre humain. Le père sur Abcl, la mère sur Gain.
A part quelques infirmités inséparables du vers français, quelle belle simplicité ! quelle grandeur vraiment épique! INIais aussi, comme le système est banni! et comme on sent que si un mot trivial, un enjambement trop risqué, une image ignoble se lussent présentés dans cette correcte inspiration, toutes les admirations du fidèle Vacquerie n'auraient pas empêché le poète d'elfacer la tache ! Ilélas ! dans la même pièce, M. Vacquerie et le système n'ont eu que trop largement leur part :
J'allai A'ers la masure au bout du ravin creux •
Un arbre, de sa branche où brillait une goutte,
Sembla se faire un doigt pour m'en montrer la roule :
Et le vent m'en ouvrit la porte; et j'y trouvai
Un vieux, Aètu de bure, assis sur un pavé.
J'entrai; le vieux soupait d'un peu d'.eau, d'une pomme.
Ce çieii.v est un penseur qui raisonne hautement
de toute chose; or nu liomme de ce mérite n'est pas uu vieux. C'est un vieux berger, un vieux bûcheron, un vieux pauvre, ou tout simplement un çieillard. M. Hugo manque ici à la langue pour le plaisir de manquer au goût, et il donne, au profit de son svstème, mais aux dépens de la poésie, un caractère grotesque au personnage qu'il veut faire admirer. Il se souvient d'avoir maltraité Vaugelas : Jai dit à Vaugelas : Tu n'es qu'une mâchoire.
11 n'y a pas de quoi se vanter ! Vaugelas était un fin et savant philosophe, très estimé de tous les grands esprits du siècle de Louis XIV. Si, au lieu de lui tirer la langue, M. Hugo l'avait lu, il saurait éviter presque toujours des hiatus dont l'instinct poétique ne le préserve que rarement. Grâce à cet instinct, il se garde bieu d'appeler Adam et Eve des vieux : il les rendrait ridicules. Ce sont deux vieillards, et il les couvre de quatre épithètes, comme d'un manteau traînant :
Deux grands vieillards, nus, sinistres, augustes.
Malgré la jalousie avec laquelle il réclame l'honneur d'avoir (( nommé le cocho/i par son nom », je remarque qu'il a soin de laisser cette richesse au style grotesque. 11 s'abstient d'en orner même le style lil^re, de l'employer même dans l'invective, de s'en servir même; contre un pape: il dit porc, « le