‹ Études sur Victor Hugo. Introduction, notes et appendicesChapitre 23 sur 57 · L.V PEI>'E DE MORT · texte numérisé non relu

L.V PEI>'E DE MORT

cicusc qualité qu'on appelle le tact oratoire, M. Hugo sent néanmoins que ses anciennes façons ne seraient point de mise et que la mode en est passée.

Les louanocs que nous sommes heureux de donner à la jjlaidoirie de M. Hugo ne s'adressent qu'à la forme. Quant au fond, nous n'en disons rien, et par deux raisons : M, Hugo plaidait pour son fils et plaidait contre la peine de mort. Tout ce qu'il a dit pour son fils mérite des égards ; rien de ce qu'il a dit contre la peine de mort ne mérite l'atteiition.

jNI. Victor Hugo jadis a fait.de bonnes pièces de vers, quoique trop chevillées. H ne brille pas autant dans la prose, et il se perd tout à fait dans la politique : témoins ses douze discours, dont deux ont été prononcés au Congrès de la paix. Ses chansons ont plu à beaucoup de gens; jamais il n'a écrit ni débité une phrase qui ait obtenu un retentissement sérieux. On connaît des discours de M. Guizot, de M. Berryer, de M. de Montalembert, de M. Thiers, de M. de Lamartine, de M. Barrot, de plusieurs autres : qui connaît un discours de M. Hugo ? Il y a eu des livres que toutes les tètes pensantes de l'Europe ont lus et qu'aucun homme grave n'oserait n'avoir pas lus. On a lu M. de Maistre, M. de Bonald, M. Guizot, M. de Chateaubriand, M. de Lamennais, ^I. de Tocqueville, même M. de Lamar-

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tiiio : où est le livre de M. Hugo? et quel homme paiiui ceux qui comptent sur la terre se sentirait luiinilié de n'avoir pas achevé ou même de n'avoir pas ouvert Nolrc-Ddfiii' dr. Paris, le Rhin, Biii:^- Jarij[al?M.. Hugo n'est ni un politique, ni un philosophe, ni un critique ; il a fabriqué adroitement les vers, voilà son mérite. Ce n'est pas le mérite d'un penseur, comme il s'en vante volontiers; c'est tout au plus celui d'un sonneur. Pendant un certain moment, il a d'un bras assez vigoureux secoué la cloche au profit de certaines vulgarités (pii régnaient en ce moment-là, et qui maintenant ne régnent plus. La question de la peine de mort est bien forte pour un mérite de ce genre et d'ailleurs si fatigué. A l'époque du Dernier Jour cV un condamné et de Claude Gueux, cette question remuait. M. Hugo l'a saisie par le côté où elle lui offrait le plus de prise, le côté philanthropique, libéral et banal, et i) a mis son bourdon en branle. Nous aurions une pauvre idée des partisans de l'abolition de la peine de mort qui

lui sauraient o-ré de son service.

La question de la peine de mort est mêlée intimement à l'histoire de l'humanité. Elle a occupé de grands esprits. Les plus graves, les plus cléments, les plus miséricordieux, l'ont résolue dans le sens de la peine, et toute la civilisation chrétienne a maintenu le glaive dans ses codes, si longtemps

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