LA PEI^JE DE MORT
dictés par l'esprit do l'Evangile. M. Hugo ne tient nul compte de tout cela. Il a pour lui Beccaria, Franklin, Turgot (que n'ajoute-t-il Robespierre?); il croit avoir M. de Broglie et M. Guizot : il sonne sa cloche. En présence de toute la sagesse des législations passées et de toutes les épouvantes du temps présent, à propos de Montcharmont, au beau milieu du spectacle judiciaire qui nous est en ce moment donné par la Belgique', il déclare que l'instrument du supplice « est de trop dans une société qni a pour livre l'Evangile)). Ce serait une chos" désagréable de répondre à cela, et à quoi bon répondre?
Le principal argument de M. Hugo, celui qui lui est propre, est un argument dramatique ; il s'efforce d'agir sur les nerfs par la peinture des souffrances du supplicié : il fait des descriptions romantiques de la bouche qui se tord, de la chair qui saigne, de la guillotine qui rate. Il y a quelque chose de plus dans la peine de mort, et une institution qui touche de si près à toute organisation sociale ne se décide pas sur les mines d'une femme qu'on fait pâmer, ou d'un bourgeois à qui Ion tire des larmes. Le bourgeois })leure toujours sur ce pauvre Holopherne, si méchamment mis à mort par Judith.
Il se peut fort bien que la peine de mort soit