Le procùs Bocarinô
oo; DIVERSES ETUDES
al)olio prochainement. Cela tient à des causes que M. Hugo ne soupçonne t^uère, et qui dérivent non du progrès, mais de la décadence de la société. Aussitôt abolie, la j)eine de mort sera remplacée par une autre peine, celle des massacres. Il est vrai qu'elle ne portera pas sur les mêmes individus.
Nous ne voulons pas, à propos d'une tirade de mélodrame, entamer une discussion sur un sujet dont il ne faut s'occuper qu'avec respect et maturité. Un seul mot à ces innocents plidanthropes qui n'ont jamais fini de déclamer à propos du sang versé par la justice humaine, et qui prétendent trouver jusque dans la Bible des arguments contre la peine de mort. M. Crémieux a cité aux jurés l'exemple de Gain, que Dieu laissa vivre après la mort d'Abel ; l'exemple les a peu touchés : il n'était pas concluant, en effet. Ce Caïn fut le premier homme qui eut horreur du sang versé. Abel offrit à Dieu une victime sanglante, figure du sacrifice sanglant qui devait racheter le monde. Caïn, âme douce et tendre, se contenta d'offrir quelques produits de ses champs. Après quoi il fit d'Abel ce que l'on sait.
On peut se méfier d'une tradition philanthropique qui remonte là.
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VICTOR IIUCIO ET LASSASSINAT POLITIQUE
Le 14 janvier 1858, l'Italien Orsini et trois ou quatre autres délégués du parti des régicides, munis abondamment de bombes dites infernales, tentèrent de tuer, à la porte de l'Opéra, Napoléon III, et, pour avoir plus de chances de réussite, risquèrent résolument de tuer aussi tous ceux qui pourraient se trouver là. Des tentatives de même caractère avaient déjà eu lieu, sans soulever aucune protestation parmi les révolutionnaires notables réfugiés à l'étranger. Tout au contraire, on avait afficlié dans certains banquets, comme signe de ralliement ou mot d'ordre, ce vers de Victor
Hugo :
Tu poux tuer cet homme avec tranquillité.
L'attentat du li janvier, plus abominable qu'aucun de ceux qui l'avaient précédé, excita une émotion violente et indignée. Louis Veuillot écrivit sur ce crime un article dont nous extrayons la page suivante :
II existe une bande d'assassins dont il faut purger le monde ; il existe des repaires d'assassins qui ne peuvent pas rester inviolables plus longtemps ; il existe des théoriciens, des poètes, des publicistes, des journaux de l'assassinat, auxquels la France, leur victime, doit exiger que les gouvernements européens imposent silence.
On se félicite avec raison ; la conscience française est soulagée, parce que, jusqu'à ce moment du moins, il n'y a, parmi les scélérats qui ont exé-