‹ Études sur Victor Hugo. Introduction, notes et appendicesChapitre 26 sur 57 · D I \' K II S K S 1-: T U H E S · texte numérisé non relu

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cutô ce dernier complot, aucun Français. Mais, aux portes de la France, on compose, on imprime, on vend des livres que ces monstres ont pu lir(>, des livres plus mlàmes cpi'eux-mèmes, des livres français, où la gloire est promise à qui fera de tels coups! C'est un Français, c'est un homme qui a été pair de France, c'est un membre de l'Académie française qui, du lond de l'asde où l'Angleterre l'a reçu, a qualifié d'héroïsme l'assassinat. S'adressant, an nom de la conscience, à quelques types de ces bandits pour qui le poignard même devient une arme trop noble, et lui montrant l'Empereur, il a dit : Tti peux tuer cet homme m>ec traiiqnilUté. Ah! sans doute, celui-là, ce Tyrtée de bagne, il ne mettra pas la main à l'œuvre, on ne le verra pas dans les rues de Paris armé d'un poignard; ni lui ni d'autres de même plume et de même encre ! Mais il a des lecteurs et ses pareils en ont; mais le vers que ce misérable n'a pas craint d'écrire, ses lecteurs le répètent dans leurs banquets ; et, pour tout dire, il a pu l'écrire sans perdre en France un seul de ses admirateurs, sans cesser d'être loué avec emphase dans les feuilles qui trouvent que des coups de parti comme celui du 14 janvier font « un douloureux contraste avec la douceur de nos mœurs w ; il a pu l'écrire sans cesser de trouver en Europe, dans un pays allié et ami, un asile assuré.

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Le journal qui avait écrit que le coup d'Orsini contrastait avec « la douceur de nos mœurs » était le Journal des Débats. Blessé du mot de Louis Yeuillot, il voulut se défendre et défendre aussi Victor Hugo. Voici la partie de la réponse de Ijouis Veuillot qui concerne le poète :

Le Journal des Débats entreprend de défendre contre nous iNI, Hugo, le poète dont la couscience proclame que l'on peut tuer cet homme avec tran- (juilUté. Le Journal des Débats ne remplit que son rôle. Il est le dernier des romantiques ; il regrette ea M. Hugo l'un des fleurons de la couroiine de Juillet; c'est M. Hugo qui disait à Louis-Philippe : Sire, Dieu et la France ont besoin de vous ! La Providence n'a pas confirmé cette vue poétique et politique. Depuis lors, M. Hugo et le Journal des Débats ont en commun cela, et autre chose encore, contre la Providence. Il est très convenable que le Journal des Débats veng-e M. Hugo ! Le Journal des Débats ne fait pas toujours ce que les convenances exigent : il n'en a que plus de mérite à les observer quelquefois. La dilficulté de la cause l'aura tenté. C'est un mérite aussi de se laisser tenter aux causes difficiles. Honorons les mérites du Journal des Débats, et voyons comment il se tire d'affaire.

M. Rigault porte la parole ; un écrivain très aimable, qui a ce joli petit style amidonné de la jeune Université, dont on raffole avec inquiétude

dans les sommités du corps enseignant. QuelcpK! chose de sonnant, de pimpant, de cracpiant, avec des enluminures douces et des reflets bleus ou roses. INI. Renan et M. Riijault possèdent seuls la perfection de ce style cliarniant. M. Renan a le reflet bleu ; il est mélancolique ; dans les bibliothèques qu'il hante, étant savant, on l'a surnommé «le beau ténébreux». M. Rigaulta le reflet rose; il est gai, presque jovial, si l'on pouvait l'être au Journal des Débats. C est un Amilcar ^. Voilà le style nouveau, l'orgueil de la jeune Université, l'espoir de l'école naissante. Ce style est né en même temps que l'on inventait l'argenterie Ruolz et la vaisselle Flora-Muguet. Jamais faïence n'imita mieux la porcelaine. Ah ! que M. Paradol est loin d'avoir cet éclat, ces leflets ! qu'il cherchera longtemj^s ce précieux amidon !

M. Rigault donc, tout joyeux à son ordinaire, vient venger M. Hugo. Il prend un air tragique, sans pourtant voiler le reflet rose, qui est son charme particulier, et il commence par nous dire que « nous serions des bourreaux si nous n'étions des cuistres )). C'est un vers de M. Hugo lui-même, et une heureuse entrée en matière. J'y trouve pourtant un défaut. Je connais ce vers: il est dans un livre que j'ai lu, le même livre prohibé qui contient le

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