VICTOR HUGO ET LA PATRIE
ne sera plus nation, tu seras Ubiquité. Tu es destinée à le dissoudre tout entière en rayonnement, et rien n'est auguste à cette heure comme refl"acement visible de ta frontière. Résigne-toi à ton immensité. Adieu, Peuple! salut, Homme! Subis ton élargissement fatal et sublime, ô ma patrie, et de même qu'Athènes est devenue la Grèce, de même que Rome est devenue la chrétienté, toi, Fi-ance, deviens le monde.
Bien prédit ! On était alors en 1867. Le roi de Prusse se trouvait h Paris. En écoutant M. iîugo, il a dû rire.
Quant aux naïfs Français, ils le lurent et surtout le comprirent peu. Vieille habitude. Le livre ne se vendit point, on s'amusait trop d'ailleurs, l'éditeur but un bouillon.
La prophétie de M. Hugo s'accomplit très vite, quoique autrement qu'il ne pensait. Mais que lui importe? Il n'en avait pas moins prophétisé. Il est homme à se consoler, puisque lui ne meurt pas. Avec tant de gloire et tant de fonds bien placés, on peut faire son deuil de la patrie. La patrie est une vieille idée, comme l'idée de Dieu. Allons aux choses nouvelles.
Les républicains et tous les libres penseurs et révolutionnaires sont fatalement les pionniers de César. Renégats de la patrie, ils sont fidèles à la Révolution. Que leur importe de renverser la patrie.
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pourvu (|u'ils renversent le christianisme? P'Irissc la patrie plutôt qu'un principe ! Ils iront à César, ils se mettront à genoux, et ils lui diront : Délivre-nous du Christ. Ils aimeront mieux ressusciter Néron et le restaurer dans Rome et sur le monde, que de laisser Rome et le monde à Jésus-Christ. Déluge de boue, de sottise et de sang!