‹ Études synthétiques de géologie expérimentaleChapitre 132 sur 184 · RÉPARTITION SUR LE TERRAIN DES PIERRES D'UNE MÊME CHUTE · texte numérisé non relu

RÉPARTITION SUR LE TERRAIN DES PIERRES D'UNE MÊME CHUTE

est allongée dans le sens de la trajectoire du bolide. Cette surface, que nous pouvons appeler aire de dispersiorij a été relevée avec soin, lors de plusieurs chutes, particulièrement lors de celles deTAigle, d'Orgueil, de Pultusk, de Knyahinya, de Hessle et de Jowa.

Suppposons, un instant, que ces différents projectiles aient été déjà isolés les uns des autres, au moment de leur entrée dans l'atmosphère. Leur grosseur est assez différente pour que, d'après la relation bien connue qui existe entre la résistance de l'air et la section des corps qui le traversent, ils n'eussent pas tardé à se séparer, quelque faible que soit la densité de Tair dans ces hautes régions. La pression de cet air est, en effet, assez grande pour rendre incandescents les corps qui s'y meuvent avec une vitesse aussi considérable : cette pression suffirait donc, certainement, pour opérer immédiatement le triage de ces mêmes corps, d'après leur volume. Avant qu'un bolide, formé d'un essaim de fragments de grosseurs différentes, ait suivi, à l'état incandescent, une distance de 100 à 200 kilomètres et au delà*, il aurait abandonné et disséminé ses épaves, à la surface du sol, sur une partie de cette longueur. On ne les verrait pas aussi concentrés, de manière à occuper une zone, dont la longueur dépasse rarement 15 kilomètres, avec une largeur notablement moindre. Le point de rupture paraît former le sommet d'une sorte de cône de dispersion, qui est assez peu ouvert, ou d'une gerbe faiblement divergente. En présence de ce mode de dispersion comparativement restreint, on doit regarder comme très-probable que c'est le bolide qui, en se brisant à une faible hauteur au-dessus de l'aire de dispersion, a donné naissance à tous ces fragments.

De petites météorites n'auraient pas parcouru des trajectoires aussi longues, sans s'écarter davantage des gros frag-

* fiouvelleê archives du Muséum, t. III, p. 1, 1867.

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ments, dont les sections sont souvent dix et cent fois plus grandes; car la résistance que l'air oppose à ces petites météorites croit dans le même rapport. Une résistance aussi grande, sur des météorites de la petitesse d'un pois, par exemple, doit amoindrir très-rapidement et dans une trè<forte proportion leur vitesse de translation, de telle sorte que, sous Tinfluence de l'action de la pesanteur, leur trajectoire ne tarde pas à se rapprocher de la verticale, tandis que les gros fragments, moins influencés par la résistance de Tair, doivent peu s'écarter de la trajectoire primitive.

On a objecté, il est vrai, que, si les fragments provenaient d'une rupture dans l'atmosphère, ils devraient être projettes en tous sens, au lieu d'être répartis et triés comme nous les voyons. Cette objection n'aurait quelque fondement que s'il s'a<^issait d'une explosion provenant de tensions intérieures, comme lorsqu'un obus se brise et projette ses éclats *. Mais il n'en est pas de même, quand la pression qui pousse les fra«Tnents agit dans une direction déterminée, comme, par exemple, quand une charge de plomb est lancée par un fusil ou dans le cas de la boîte à balles. C'est ainsi que, dans des expériences dont il vient d'être rendu compte, tous les fragments ont été lancés en sens opposé à l'action des gai de la dynamite, et suivant d'assez faibles divergences, ainsi qu'on a pu s'en convaincre, en recherchant les fragments qui avaient pénétré 'dans les parois du puits où s'opéraient le<

ruptures.

U est d'ailleurs facile d'expliquer les écarts qui peuvent avoir lieu en pareil cas. D'une part, la compression de l'air a<^issant sur la face antérieure des corps tend à en produire l'expansion latérale et par suite la rupture, comme cela a

« Cnœre les Irigmcnts cTolras ne retournent-ils en arrière que dans le o» «» ^ ntesse qui leur est imprinée pir l'explosion est supérieure à la fitesse de Uaanhn» 4a nrv«ctile ; autranent tous les fragments décriTenl des tangentes à la NsulUair dt a litne initiale de triKlation et de la vitesse qui leur est imprimée par rtàa^tm^

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lieu dans les expériences sur l'écrasement par compression des matériaux de construction, à Taide de la presse hydraulique, ou bien encore lorsqu'un boulet vient frapper une plaque de blindage ^ D'autre part, l'air fortement comprimé dans les premières cupules excavées dans le bolide y exerce des actions expansives qui peuvent contribuer à la rupture avec projection latérale.

Toutes ces actions expliquent comment une disjonction latérale peut se produire, lors même que la force expansive des gaz intérieurs n'interviendrait aucunement.

ito tirés de la vue même dn bolide. — Si deS météorites de dimensions notablement différentes entraient simultanément dans l'atmosphère, la résistance de l'air, qui est suffisante pour les rendre incandescents, ne tarderait pas à les séparer les unes des autres, et, au lieu d'un globe unique comme c'est le cas général, on verrait nécessairement une traînée de corps incandescents. Au lieu de cela, on n'aperçoit qu'un seul globe qui, à un certain moment, fait explosion et produit des fragments bien distincts, que Ton compare ordinairement aux éclats d'une bombe de feu d'artifice ou aux étoiles que disperse une fusée volante.

Quelquefois aussi, comme on l'a vu le 12 février 1875, aux États-Unis, lors de la chute des météorites de lowa, le bolide s'est divisé en deux masses qui ont suivi des trajectoires différentes* (les météorites recueillies correspondent au moins volumineux d'entre eux). On a même parfois cru pouvoir assigner à des explosions distinctes chaque groupe de pierres tombées à la surface du sol (Weston, 14 décembre

* Duis Tan et l'autre cas, le corps se divise en fragments dont le principal est souvent une pyramide ou un cdne ayant pour base tout ou partie delà surface directement soumise à !a compression. De li, une expansion latérale qui doit produire une divergence des fragments.

s D» G. Hinrichs, Great lowa me/eor; New-York» 1875.

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1807). Ces diverses circonstances peuvent s'expliquer par le seul rôle de la compression de Tair.

Enfin, dans le cas d'un essaim, les détonations ne se comprennent pas facilement.

L« HMt ear|ilo«loM, aonveat employé povr la raptnre ém hmUê^j ■*«■!

•MvaeMCMH juuflé. — La violcuce, tout à fait surprenante, des détonations et des autres bruits que provoquent les l)olide> dans les hautes régions de Tatmosphère, a souvent conduit ;i y faire intervenir la supposition de dégagements brusquis de jjaz qui sortiraient de ces corps. Quoique Thydrogène et Tazote aient été reconnus, comme inclus, dans certains fers météoriques, rien ne légitime cette hypothèse, au moins comme générale, et le nom d'erplosioUy qui lui correspond et qui est très-fréquemment employé, n'est aucunement justifié. Cest le mot rupture qui exprime le fait observé, et cela, indépendamment de toute hypothèse.

On conçoit, parles mêmes causes, les détonations réitérées d un même bolide. Car un fragment, résultant d'une première explosion, traverse des couches d'air, de plus en plus denses, de la part desquelles il éprouve des résistances cmiss^utes, malgré la diminution de sa vitesse, de telle sorte que cette lésislance détermine une ou plusieurs ruptures succ*^

sives*

Ce fait s'est confirmé, lors de la chute de Butsura (Inde ;ini:!aiseu M mai 1801, où des fragments anguleux, recueillis 4 l'Iusieurs kilomètres de distance les uns des autres, s\idaptèrent exactement par certaines faces, de manière à reconstituer la forme d'une grosse écaille, conservée au British Muséum. De plus, sur la surface de contact de deui de ces moineaux contigus, la croûte est à peine formée, ce qui montre^ comme Ta fait remarquer H* Maskelyne^ la pn>kibilité de ruptures successives, dont la dernière s'est faite

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