‹ Études synthétiques de géologie expérimentaleChapitre 136 sur 184 · ORIGINE DES VEINES NOIRES ET DES MARBRURES · texte numérisé non relu

ORIGINE DES VEINES NOIRES ET DES MARBRURES

4es météorUes. méwogijpum. — Maintenant que Torigine de ces cavités est bien reconnue, il paraît convenable, pour les désigner d'une manière précise, de leur donner un nom spécial qui rappelle leur mode de formation et qui s'applique, tout à la fois, aux cupules des météorites et aux cavités toutes semblables qui se produisent artificiellement. Tel pourrait être le mot générique piézoglypte (gravé par foulure ou par pression)^ dans lequel se distingueraient plusieurs types de formes, ainsi qu'on vient de le voir; Tépithète piézoglyptique correspondrait alors à cette action des gaz ainsi comprimés*.

Ainsi que je l'ai remarqué, pour les érosions produites par les gaz de la poudre, une action chimique peut accompagner l'action mécanique et déterminer, notamment par l'oxygène en excès qui s'y trouve, la combustion d'une partie du fer.

§ 4. APPLICATION AUX VEINES NOIRES ET AUX MARBRURES QUI TRAVER- SENT LES MÉTÉORITES.

Injeetlon et consolidation da sable eC de l*arclle dans de nom-

brcnses flssores. — Un autrc fait doit être signalé; l'argile et le sable quartzeux, provenant des parois du puits dans lequel on expérimentait, ont pénétré dans de nombreux angles rentrants et dans les fissures les plus étroites qui se sont produites dans le métal. Ces substances s'y sont incrustées si profondément et si solidement qu'on ne peut les détacher sans difficulté et sans le secours d'une pointe d'acier et d'une forte pression.

^ Si l'on prend -xl^tùi au lieu de irccaro», c'est qtie le premier mot est consacré par l'usage, par exemple, dans piézomëlre.

iI>PUClT10<l DES EXPÊRIEMXS.

— Od connaît dans tes météorites les veinules noires, de la même nature que la croûte extérieure, qui les sillonnent très fréquemment. Le nom de lignes noùret {Mchtnarxe litàe\ leur a été également donné, à cause de la manière dont elles se montrent dans uoe cassure (fîg. 254). Leur épaisseur est eo effet très-faible, le plus souvent une fraction de millimètre. Après les études dont ces lignes noires ont été l'objel, notamment de la part de Reicbenbacb ' et de Haidioger, ou a reconnu qu'elles se rattachent à la croûte noire qui ente-

Fu fil — SnanJcaJ^n^ t<mWc 1 Girfeatii< Irai ^nou 1rs BD» ift Htna. — Gfudvai

loppo les mêmes échantillons et qui s'est injectée dans U- Ussures. lorsque la substance qui constitue celte croûte ét^il encore à l'état de fusion, poussée qu'elle était par les pi comprimés agissant à la surface.

Api-ès nvoir examiné ces veinules noires dans les mékV>ritcs de Pullusk où elles abondent, M. de Rath * dil toutelois qu'on ne comprend pas que la substance fondue ail pénétré aussi profondément, et par des tissures aussi étroites, dans l'intérieur d'une roche qui avait la température très ba^^

ORltilNE DES YEINES NOIRES ET DES MARBRURES. 687

des espaces planétaires : il semble» ajoute le savant auteur de cette remarque, que, dans de telles conditions, la substance fondue aurait dû se solidifier immédiatement, au lieu de pénétrer au fond de fissures capillaires, ayant jusqu'à 10 à 15 centimètres de profondeur.

En présence des résultats d'expériences qui viennent d'être signalés on est en droit de conclure que, de même que le sable et l'argile, la matière fondue extérieure de la croûte a dû être refoulée avec une extrême facilité, vers l'intérieur du bolide, par la grande pression des gaz extérieurs. La rapidité excessive des mouvements dont nous venons d'être témoin répond complètement à cette dernière objection : la substance fondue était poussée si rapidement qu'elle n'avait pas le temps de céder toute sa chaleur aux parois des fissures.

En signalant dans la masse de fer nickelé de Sainte-Catherine d'innombrables fissures enduites d'oxyde magnétique, je disais que les faits se présentent « comme si, après avoir été brisée par une très forte pression et traversée par de nombreux plans de divisions, cette masse de fer avait été soumise à une action oxydante qui aurait pénétré très profondément dans son intérieur, jusque dans les moindres fissures, quelque minces qu'elles fussent* ». Tous les échantillons que j'en ai reçus à diverses reprises offrent le même caractère. Ce fendillement général de la masse de fer, comparable à un craqueléy et l'injection de l'oxyde magnétique dans toutes les fissures, présentent également une ressemblance complète avec le résultat de l'expérience directe.

Les rejets qui correspondent à certaines veinules noires (fig. 254) avaient conduit de Reichenbach à conclure que, outre celles qui se sont formées dans l'atmosphère, comme

< Complet rendu», t. LXXXIV, p. 1509.

«8S &roUUTION DES EXPÉRIENCES.

nous venoas de le voir, il en est d'origine cosmique. Mais celtedistinction ne paraît pas fondée: ce que l'expérience a fait reconnaître sur le mode de formation des surfaces frottées explique les rejets que présentent des fissures formées presque simultanément, lors de la rupture.

D'ailleurs, aussi bien que le creusement des cupules, les frictions et les surfaces striées intérieures peuvent être produites avant la rupture complète de la masse et la formatiou de fragments isolés. Cela explique pourquoi les rejets n'ont pas. en général, laissé de traces à la surface des météorites.

■mfcfTW WttlrMrra 4e certalnca néléorlICB. — DcS Uiar-

brures noirâtres sont bien connues dans certaines météorites, par exemple, danscelles de Chantonnay, de Murcie, de Mexico (Philippines) {fig. 255) ; elles se trouvent également

F'^ aC — lirbnuci noirllrts nmj5^rs in Inicn d« Il pite de U niéléarit(if>(>nd<>idir( de Heiioi (llet phîlipptneti.

dans la météorite tombée le '28 juin 1876 à Stalldalen (Su('do). De plus, ces marbrures se rattachent, en général, MUS veinules noireset aux surfaces frottées. Il nous parait que ces marbrures, dont la coloration noire est due à l'action de K-t chaleur, comme l'a reconnu M. Stanislas Meunier, peuvent s'expliquer simplement : les gaz incandescents de l'atmiv<phère. loul en injectant, vers l'intérieur, des veinules prttvenant de l'enduit en fusion, ont pu eux-mêmes produire dos effets calorîGques sur la substance même de la méléo-

Page 1