‹ Études synthétiques de géologie expérimentaleChapitre 142 sur 184 · OBSERVATIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS GÉNÉRALES

production de fragments, tels que ceux qu'ont apportés le bolide de Hraschina, en Croatie, le 26 mai 1751, et celui de Braunau en Bohême, le 14 juillet 1847. Il en est de même pour les masses de fer, connues en diverses contrées, dont la chute remonte à une époque indéterminée, comme les morceaux de fer parsemés de péridot, ou syssîdères, du désert d'Âtacama, et représentés par des milliers d'échantillons épars. A plus forte raison est-il facile de comprendre la rupture en une multitude de fragments, quand il s*agit de masses pierreuses et d'une cohésion incomparablement moindre, comme celles qui constituent les météorites du type commun.

On ne saurait d'ailleurs oublier que réchauffement, subît et intense, d'une telle masse, à partir de sa surface, tandis qu'elle est encore très-froide dans son intérieur, doit aussi faciliter son éclatement.

Analogie dtm denx mlllciix, «a point do vue do 1« oompoiitlon

diiiBiqno. — Cette comparaison entre le phénomène naturel et le résultat de l'expérience ne s'applique pas seulement à la pression développée, dans les deux cas, par une très-faible masse gazeuse. Il y a aussi une certaine ressemblance dans la composition chimique des deux milieux; car, comme l'a dit M. Berthelot, la nitroglycérine jouit de la propriété exceptionnelle de renfermer plus d'oxygène qu'il n'est nécessaire pour en brûler complètement les éléments. Les gaz de la dynamite se composent donc, non-seulement d'acide carbonique, de vapeur d'eau et d'azote, mais aussi d'oxygène en excès.

lo. — Dans les météorites elles^mesj il y a tovl un ensemble de caractères^ qui se trouvent imités simultanément par ^expérience. — Quant aux météorites, les ressemblances

m aihjcations des expêrieihxs.

sont plus faciles a constater que pour les bolides, puUcfu^'au lieu d*étre à distance elles sont tangibles. Comme caractères divers des météorites, reproduits par rexpérienc(\ je rappellerai : 1"* formes essentiellement fragmentaires ol le plus souvent polyédriques ; 2^ excoriations ou piézi^lyplef* tnVsouvent en forme de cupules, qui sont essentiellement caractéristiques ; 5* changement de texture des fers météoriques, à proximité de leur surface; 4"" surfaces striées ei flbreuses, dans Tintérieur de la masse, résultant de frottements moléculaires; 5"* veinules noires, connues sous le nom de lignes noires, résultant de la pénétration de la partn* fondue à la surface qui est foulée par la pression, jusque dans les parties profondes, comme il arrive très-fréquem* ment ; 6* colorations foncées, désignées sous le nom de nuirbrures ncnres, bien caractérisées aussi, quoique moins communes que les veinules.

La compression de l'air que le bolide refoule devant lui ne produit pas seulement la chaleur et la vive incandescent o de ce corps, aiiisi que la traînée lumineuse dont il s'enveloppe, de manière à frapper et à éblouir les regards. CeUe compression parait contribuer aussi, pour la part principale, à la rupture de la masse, quelque tenace qu'elle soit ; puis, à l'affouillement de chacun des fragments à leur surface, â la pulvérisation partielle de la substance fondue i sa surface, qui renforce l'incandescence du corps, ainsi qu'à plusieurs autres effets.

Toute une série de caractères, offerts par les météorites, ainsi que par les bolides qui les apportent, se trouvent, en effet, imités, complètement et simultanément, par certain^ effets des gaz fortement comprimés et échaufTés. De ces reproductions fidèles il résulte, pour les parties du phénomène naturel quelles concernent, une explication que Vcm est en droit de qualifier de démonstration expérimentale.

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