OBSERVATIONS GÉNÉRALES
Les ressemblances, à la fois multiples et diverses, auxquelles nous sommes ainsi conduits, entre deux ordres de faits qui, au premier abord, sont si différents, ne paraissent pas moins concluantes que celles que nous reconnaissons exister dans les effets de rélectricité, soit qu'elle se manifeste dans des appareils restreints, soit que, comme Tincandescence et la détonation des bolides, elle s'élabore dans les hautes régions de Tatmosphère, sous la forme d'éclair ou de foudre, ou avec les splendeurs de l'aurore boréale.
Sans doute, avant mes expériences, on avait regardé d'une manière générale la compression de l'air comme la cause de Tincandescence des bolides. Hais il fallait la synthèse expérimentale, non-seulement pour justifier cet aperçu et en donner une véritable démonstration, mais aussi pour faire pénétrer dans l'intimité du phénomène. Dans un autre ordre de faits, plus général que celui qui vient de nous occuper, des expériences, très ingénieusement instituées et discutées, avaient fait supposer que la foudre était à assimiler à rélectricité que développent nos appareils : l'abbé Nollet avait déjà fait des rapprochements qui paraissaient sans réplique; cependant, ce fait capital ne fut réellement démontré que lorsque, en 1 752, Franklin fit descendre la foudre des nuages, pour l'interroger lui-même.
En voyant quelle est, dans de très petits appareils, l'énergie mécanique et chimique de tels tourbillons gazeux, mus avec de grandes vitesses et de fortes pressions, on ne peut s'empêcher de porter son imagination sur des actions de même nature, qui peuvent se passer, et sur de bien plus grandes dimensions, dans le Soleil et dans d'autres parties de l'Univers.