‹ Études synthétiques de géologie expérimentaleChapitre 40 sur 184 · DISTRIBUTION DE L^OR DANS LE UT DU RHIN · texte numérisé non relu

DISTRIBUTION DE L^OR DANS LE UT DU RHIN

le grès houiller de TAngleterre et de la Belgique, le grès du lias de Touest de l'Europe, le grès des Karpathes, le grès molasse qui borde toute la chaîne des Alpes.

x\insi, chaque sable porte en lui-même une sorte de si-* gnalement de son origine et des conditions premières de sa formation. Son examen peut donc nous offrir un instrument nouveau, pour étudier, plus profondément, les circonstances physiques où se sont déposés les terrains stratifiés à toutes les époques.

2. — APPUCATI05 DES PHÉMOIIÈNBS DE TRUGE PAR LES COURS D^EAU A LA DISTRIBUTION DE l'oR DANS LE LIT DU RUIN ^

Le Rhin, entre fiâle et Bingen, serpente au milieu d'un large dépôt de grayier qui s'étend sur les deux rives, bien au delà du domaine actuel du fleuve. Les cailloux en sont de nature très-variée.

Chaque jour le fltuve travaille à modifier son lit, en corrodant certaines parties de ses rives : d'où la formation de ces nombreux bancs de gravier et lies, entre lesquels il se partage. Les atterrissements de gravier vont ordinairement se former à quelques centaines de mètres au-dessous de la rive dont la destruction les a fournis (fig. 68), et du côté dont sVloigne le thalweg. Malgré les travaux qui bordent une partie du cours du fleuve, ces changements journaliers du Rhin sont considérables et quelquefois très-rapides. Depuis les temps historiques, ils se sont opérés dans une zone qui, de Bàle à Yieux-Brisach, a 4 à 5 kilomètres de largeur; entre

* lânoire sur la distrîbalion de Tor dans la plaine du Rhin et sur l'extfaction de ce Biitil, AtmaUê det Mintê, 4* série, t X, p. 3, 1846 . — Bulletin de la Soeiélé géoiogique. ^ série, t ni, p. 458. — Ce Mémoire a élé l'objet d*un Rapport favorable à l'Académie dessMDoes, ComptêM rendue, t. XXUI, p* 93.

cette ville etMannheim, ses excursions se sont faites sur une zone probablement plus large encore.

Le fleuve n*est pas également riche en or dans toute rétendue de la plaine qui porte son nom. G*est, principalement, à partir de Rhinau et de Wittenweier, c'est-à-dire à environ 100 kilomètres de Bâle, que les exploitations ont toujours été nombreuses, et elles se sont particulièrement concentrées, depuis quelques kilomètres à Tamont de Kehl, jusqu'à Daxland, près Garlsruhe.

Partout où le fleuve ne roule plus de gros gravier, comme entre Spire et Mayence, Tor parait être extrêmement rare. Le régime du cours du Rhin, considéré entre le lac de Con-

•Fig.68.-' Mode de dittribuUon de Tor dans un btnc de gravier dn Rhin. — A. berge com^t'. B. banc de gravier qui reçoit une partie des matériaux provenant de In païUe A*, fu < rc emportée; a et fr, graviers les plus riches; e, gravier de richesse moyenne; d^ gravier tnp pauvre pour être lavé. La flèche indique le sens du courant. — Échelle de gîfn

stance et Bingen, régime qui est favorable à la fixation à^ paillettes d'or, est donc celui de la partie moyenne, où le> atterrissements se composent d'un mélange de sable et de gravier.

Il importe de savoir reconnaître, à priori^ les positions où l'or va se concentrer. Voici les règles, dont j'ai reconnu la généralité, au moyen d'essais directs :

1"* Les bancs nommés Goldgrûndef auxquels l'orpailleur doit particulièrement s'adresser, sont ceux formés à quelque distance à l'aval d'une rive ou d'une lie de gravier corrodée par le courant ; ces bancs résultent, par conséquent, d'un transport du gravier, tantôt sur quelques mètres seulement, tantôt suri 000 mètres de distance ou davantage. Cesi dans une zone étroite qui termine les bancs vers Taniout

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que, pour abréger, on peut appeler leur tête, que se trouvent particulièrement accumulées les paillettes, presque toujours au milieu de gros cailloux ; toutefois, cette richesse exceptionnelle ne s'étend qu'à une faible profondeur, qui ne dé* passe guère 15 centimètres. Ce fait est généralement connu des orpailleurs. La fig. 68 montre un cas où ce dépôt riche s'est opéré immédiatement à l'aval de la rive corrodée. Les bancs de petite dimension peuvent être aurifères, aussi bien que les plus étendus.

2* Les digues artificielles entre lesquelles coule le Rhin

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Fig. G9.- Ptofll d'tto banc de grafier du Rhin, terminé parnn atterriiseinent dû à^unLremaiiie* neit loed. — «, *, niveau moyen du Oeave ; m, n, n, p, profil dn Imuic ; p, alteniitement riche . U flèche indique le tens da cooranU — ÉeheUe ^ %in

sur une partie de son cours, au-dessous de Kehl, sont en« taillées par des coupures, ou pastetf qui sont destinées à donner passage aux hautes eaux, afin qu'elles aillent déposer des ensablements au delà de ces digues. Les atterrissements ainsi formés derrière les digues, par un courant latéral, ren« ferment aussi des parties riches au milieu du gros gravier.

5* Les bancs qui se forment au milieu du fleuve, loin de leur point de départ, sont, en général, peu riches.

4* Dans les bancs les plus pauvres, dont on essaye la teneur sur un grand nombre de points, on trouve cependant aussi, en dehors des positions qui viennent d'être signalées. des zones étroites et allongées de gravier riche. Ces accumulations restreintes de paillettes métalliques correspondent ordinairement à de petits remaniements faits pendant ou après la formation du banc : ainsi, il n'est pas rare de ren« contrer de ces zones riches au pied des talus terminaux qui limitent un banc à l'aval, comme l'indique la fig. 69.

5** Jamais je n'ai trouvé la moindre trace d'or dans le sable fin privé de cailloux, que le Rhin dépose encore journellement dans ses crues. On ne rencontre même dans ce sable fin que des traces de fer titane et de quartz rose, comme celui qui accompagne toujours Tor.

Quelle que soit leur position dans le fleuve, les paillettes d*or sont associées à des cailloux, dont la grosseur est, en général, en rapport avec la dimension des paillettes qu*ils accompagnent. Le résidu du lavage du gravier aurifère contient toujours du fer titane, dont la quantité est proportionnelle à la quantité d'or: du quartz rose accompagne aussi les paillettes, ainsi qu'on l'a fait observer plus haut. Mais ces deux substances sont en trop petite quantité pour que la couleur en décèle la présence dans le sable non lavé.

Il convient que l'orpailleur aille, immédiatement après chaque crue, exploiter les bancs aurifères, puisqu'un atterrissement riche peut disparaître dans la crue suivante. Il parait que, lors même qu'un banc ne serait pas emporté par les hautes eaux, il peut s*appauvrir quand il a été souvent submergé, parce qu'alors, les cailloux étant déchaussés, les paillettes d'or sont emportées au loin.

La présence constante des gros graviers à la surface des bancs résulte probablement de ce que l'eau, en baissant, balaye le gravier menu et le sable. On admet que les iles sont d'autant plus riches que l'eau s'est retirée plus lentement.

La teneur en or des graviers, appartenant aux principaux gisements, a été déterminée avec l'aide d'un laveur que j*ai établi sur chaque point, pour une journée ; je pesais les quantités d'or et de fer titane extraites de volumes déterminés de gravier \

* Pour plusieurs de œs mesures, j'ai été aidé par I. Faller, eoodactcur des Peati et Chauiaées, attaché aux travaui du Rhin.

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Plus tard, je me suis aussi contenté dressais en petit ; car le nombre et la grosseur des paillettes qui restent sur la pelle d'essai donnent une idée très-approximative de la richesse d*un gravier, si on prend la moyenne de quatre à cinq expériences. J'ai constaté que la richesse reconnue ainsi concorde, à très-peu près, avec celle déduite du lavage en grand.

Voici les résultats principaux d'expériences faites sur du gravier du Rhin de différentes richesses (voir le tableau de la page suivante) :

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