‹ Études synthétiques de géologie expérimentaleChapitre 41 sur 184 · DISTRIBUTION DE L*OR DANS LE UT DU RHIN. S · texte numérisé non relu

DISTRIBUTION DE L*OR DANS LE UT DU RHIN. S

Le graTÎerde première et celui de seconde qualité ont été rencontrés à la tête de bancs littoraux, formés à peu de distance à Taval de rives corrodées, dans les circonstances qui ont été mentionnées plus haut (page 276, !•).

Il est rare que la richesse dépasse celle de 0,000000 562 indiquée en télé du tableau précédent S et je crois que nulle part elle n'atteint celle de 0,000 000 7 : ainsi la richesse maxima du gravier du Rhin est au-dessous de 7 dixHnillioniémes. Les bancs de cette teneur ne s'étendent pas ordinairement sur plus de 200 à 300 mètres carrés ; leur épaisseur est de 10 à 20 centimètres.

Le sable que l'on exploite habituellement a une richesse moyenne qui Tarie de 15 à 10 centHuillionièmes, c'est-à-dire qu'elle est le quart ou le cinquième de la richesse maxima.

Enfin, en lavant du gravier pris au hasard dans le lit du Rhin, et considéré par les orpailleurs comme stérile, j'ai reconnu que ce gravier a une teneur d'environ 0,000000008 ou 8 billionièmes. Tel est, d'après de nombreux essais, le chiffre qui me parait devoir être admis pour la richesse moyenne du gravier du Rhin, entre Rhinau et Philippsbourg.

La neuvième colonne du tableau peut servir de tarif pour reconnaître la richesse réelle, en comptant le nombre des paillettes que l'on obtient par un lavage en petit. 11 est évident que ce résultat n'est applicable que pour le Rhin, où les paillettes ne diffèrent jamais que très-peu par leur épaisseur, et qu'il faut, en tous cas, avoir assez d'habitude pour tenir compte aussi de leur diamètre moyen.

Les laveurs savent que 12 à 15 paillettes trouvées sur la pelletée de 4^,5 correspondent à un bénéfice de 1 fr. 50 c. à i fr. 75 c. pour leur jouniée.

11 se trouve ordinairement dans le gravier aurifère beaucoup de cailloux de grosse dimension; car 40 à 50 pour 100 du volume total de ee gravier restent sur la claie d'osier, dont les bâtons sont espacés de 2 centimètres. La richesse du sable aurifère débarrassé des gros cailloux par le premier triage est donc environ double de celle donnée plus haut (8* colonne) ; pour la moyenne des sables exploités, cette teneur serait de 0,000000264.

Pour fixer les idées sur la distribution des paillettes d'or, je citerai un exemple d'atterrissement où l'on a trouvé des sables de difTérents degrés de richesse disposés superficiellement vers la tète. Le banc B ifiÇ' 68) , situé à 2 kilomètres à l'amont de Kehl, avait été déposé à rextrémitè aval de la rive corrodée A, à l'endroit où le thalweg s'en éloigne ; le gravier qui le constitue est descendu moyennement de 350

* Prés de tieax-BrisachyOn a trouvé une veine de gravier d'une richesse de 0,000000 0.

à 400 mètreSy en passant de sa position précédente A' à la position aetuelle B. En a et en fr se trouve la principale richesse (c*e8t le gravier des variétés 1 et 2 du tableau précédent) ; en c est la teneur moyenne du gravier exploité. A 100 ou 150 métrés de son origine, en d^ le banc n*est plus suffisamment riche pour être lavé.

On reconnaît sur ce même banc combien la richesse varie avec U profondeur : ainsi, dans un endroit où la couche superficieik de gros cailloux, sur une épaisseur de O^^vlS, donnait 50 paillettes d'or par pelletée, on ne trouvait, immédiatement au-dessous, sur 0",04, que 6 paillettes; et en descendant davantage dans le sable mélangé de gravier, 4 paillettes seulement par pelletée.

Le gravier dont provient Tatterrissement en question ne renfennail que 3 à 4 paillettes par pelletée. Il y a donc eu certaines parties enrichies dans la proportion de 1 à 15, par ce remaniement qu'il a subi sur un trajet d'environ 400 métrés; ailleurs, d*aprés le tableau précédent, la concentration de Tor s*est encore faite dans un plus grand rapport, dans celui de 8 : 562 ou de 1 à 70. Ces chiffres montrent conibif n le lavage naturel, opéré par le fleuve, facilite le travail de rorpailleur.

Quoique la teneur du gravier du Rhin soit comparativement asseï faible, la quantité totale d*or enfouie dans le lit du fleuve est consid^ rable.

D*aprés la richesse moyenne de 8 billionièmes signalée plus haut, un métré cube de gravier, pesant 1800 kilogrammes, renferme 0^,0146 d*or. Entre Rhinau et Philippsbourg, région où la richesse est la plus rêiguliére, la bande aurifère a 123 kilomètres de longueur. En lui supposant seulement une largeur de 4 kilomètres, son contenu en or, pour une tranche d un métré de profondeur, est donc de 7.183.2 kilogrammes. Si on admet que la même teneur en or se soutienne seulement sur 5 mètres de profondeur, on a pour la quantité d or comprise dans le lit du Rhin entre Rhinau et Philippsbourg 35.916 kilognutnmes, qui, à raison it 3.189 fr. le kilogramme, représentent une valeur de 114.f»ri6.f 24 francs.

Cet or est ainsi réparti :

Dans le Ras-Rhin, 13.870 kil. ayant une valeur de 44.233.450 fr.

Dans le pays de Bade, 17.958 kil. ûf 56.267.062

Dans la Bavière rhénane, 4.088 kil. id 13.036.632

Cette quantité d*or est certainement au-dessous de la réalité ; car l« gravier aurifère est sans doute au moins deux fois plus large et d<*ui fois plus profond qu*il n*a été admis dans Tévaluation.

En dehors de ces limites, il est plus difficile d'estimer la richesse da bassin du Rhin, à cause de Tirr^ularité avec laquelle elle y est distri-

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