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OBSERVATIONS THÉORIQUES SUR LES ROCHES SCHISTEUSES

a été clairement constaté aussi, lors de la réunion de la Société géologique de France, à Mézières, en 1835. « La pâte de la roche porphyroïde prend une structure de plus en plus schisteuse, en même temps que les cristaux de feldspath y deviennent de moins en moins abondants, et s'y arrondissent, probablement par l'effet d'une friction. Elle ressemble beaucoup alors à certaines roches des terrains ardoisiers et n'en diffère que par la présence du feldspath lamellaire ^ »

UM. Sauvage et Buvignier* ont comparé au gneiss ces variétés schisteuses, auxquelles Dumont' adonné le nom i'Hjialophyre schistoide. Ces mêmes variétés ont reçu le nom de Porphyroïde tchistoide, de MM. de La Vallée-Poussin et ilenard, qui, en diverses parties de leurs importantes études, insistent également sur ces passages*. Ces auteurs ajoutent que les amphibolites deviennent, de même,schistoî- (ies, jusque dans le centre de leurs massifs.

Enfin, j'ajouterai que la collection du Muséum présente, dans les vitrines exposées au public, une série de ces roches cristallines schisteuses, recueillie par Cordier et pro- >vnant des environs de Deville, où j'ai eu également occasion de les étudier.

Ce que montrent les roches schisteuses cristallines des Vrdennes trouve encore ses analogues dans bien d'autres contrées et pour d'autres roches. Comme on l'a dit plus l»aul, il n'y a guère de roches cristallines, qui ne soient susceptibles de se présenter à l'état schistoïde. C'est ainsi que le granité, la protogine, la syénite, deviennent graduellement schisteux, dans une foule de localités.

• BuU, Soe. géoL Fr., I- série, t. VI, p. 34« : 1835.

* Slal'utique minéralogique et géologique du dép, de$ Ardennei, p. 121.

^ Uémoire mut Um terrain» ardtnnaia et rhénan de VArdenne, du Rhin, du Brabant et «'« Condroi, 27.

^ Voir ootamment p. 111 de leur Uéinoire sur les roches plutouiennes de la Belgique «^ <fe rArdenne française.

453 APPUGATiON A LA SCBISTOSITË.

Parmi les faits semblables que Ton pourrait citer en grand nombre, je me bornerai à rappeler d'autres cas pnh blématiques^ signalés dans des roches anciennes de la Belgique, ainsi que le passage complet du porphyre au schiste, signalé par M. de Dechen en Westphalie, dans la conlrtr de la Lenne. Les roches volcaniques récentes, particulièrement les trachytes et les phonolithes, offrent de toutes parts de tels passages.

Depuis que Ton a démontré expérimentalement les conditions mécaniques» dans lesquelles une masse, incomplètement solidifiée, peut acquérir la structure schisteuse, sous l'influence d'un léger déplacement de ses particules, on ne saurait voir, dans la conformité de structure qui vient d'être signalée, une preuve de l'origine sédimentaire des roches cristallines et schistoîdes. Supposons que ces masses éruptives aient été originairement subordonnées aux roches siluriennes et cambriennes, et interstratifiées dans ces dernières, par exemple, comme les nappes de porphyre feldspalhique le sont dans les terrains permien et triasique de diverses contrées, ou comme le basalte l'est fréquemment dans les couches tertiaires : si ces masses éruptives n'étaient pas encore parfaitement solidifiées, lorsqu'un mouvement général a produit le feuilleté des roches arpi leuses dans lesquelles elles sont enclavées, elles ont dû participer à ce mouvement, et leur texture en a niècessairement subi la conséquence.

En résumé, le caractère schisteux a été imprimé trèsfréquemment aux roches éruptives, et souvent, en mènn' temps qu'aux roches sédimentaires voisines, de manière à présenter un parallélisme général. On conçoit qu'un tel parallélisme puisse laisser dans le doute sur l'origine, éruptive ou sédimentaire, de certaines roches cristallines.

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