‹ Etudiants swedenborgiensChapitre 30 sur 50 · ARR AS · texte numérisé non relu

ARR AS

provenir que de la nature... quand on lui demanda quelle idée il se faisait de cette nature, il répondit: tout ce que je vois n'ayant pas d'acte de naissance mais ayant un acte d’existence, cette existence provenant de l’inconnu on ne peut nommer cet inconnu Que NATURE, deux noms aussi riches d’obscurité l’un que l’autre, je l'avoue; mais qui valent bien celui du Dieu de toutes. les religions que chacune définit, habille et fait parler à son gré... le nom impersonnel NATURE, ne suscite au moins aucune discussion, puisqu'il estsans devoir son être à quoi que ce soitautre qu’à l'inconnu, qu’il nous est défendu de connaître! le professeur religieux ne peut admettre cette proposition qui enlève son sujet d'enseignement: met à néant toute contestation à son égard, ettoute définition de son être.

Le savant chimiste las de triturer la matière, de la faire passer à l’état de gaz et à celui d'éther, dans l’espoir de connaître le secret de sa source et de son être, ne trouvant au fond de ses vases que les mêmes ténèbres que ceux qui l'ont mis en belle humeur de recherches, remet à une autre opération l'espoir d’être plus heureux!

L'anthropologiste croyant également trouver dans les couches superposées de cette même terre, l’acte de sa naissance et celui de son genre, se trouve être tout joyeux, devant l’ossature d’un mastodonte, le crâne d’un chimpanzé,

+ Mn d

RTE ne un . Es

HPAALE, À : PRIS

les tibias de crétins ou de geants comme nous en voyons en nos Jours ; il assemble alors toute une généalogie cosmogonique et anthropologique de la terre et des êtres, au moyen de ces restes d'êtres disparus, et veut prouver que ce qui existe aujourd’hui n’a pas toujours existe : que les formes se sont modifiées comme les éléments de leur constitution, etc.

Le savant Darwin vient au secours de ce chercheur en lui présentant une fraction de mousse de laquelle il fait sortir le règne végetal en entier. Il lui fait admirer un insecte quelconque duquel, assure-t-il, est sorti tout le règne animal!

Il lui montre en plus un grain de silex, duquel il fait sortir le règne minéral! L'homme regarde, entend Darwin développer son système ; il se passionne pour ces propositions dont il ne comprend pas un traitre mot. Les savants suivent l’exemple des étudiants, et personne ne demande à ce célèbre et respecté professeur, qui a créé ces trois espèces de boîtes de Pandore. d’où il fait sortir toutes les variétés de création qui s'offrent à nos yeux, toutes les variétés de formes et de puissances que chacune contient; par cette proposition nous nous trouvons devant une trinité créatrice, renfermée dans un brin de mousse, un insecte, et un grain de silex, sans connaître qui a créé ces trois, contenant la création en genéral?

CES à,

Le micrographe, armé de son microscope ; l’astronome muni de son meilleur télescope, les ajustent à nouveauet les promènent en tous les sens, le premier ne trouve qu'un infini d’aorégats, de quoi? le deuxième ne trouve qu'un nombre infini de globes plus ou moins Iumineux, plus ou moins gros et distancés de lui; ils se regardent l’un l’autre, ébahis de ce qu'ils ont vu, secouant tristement la tête en remettant à un autre jour des recherches nouvelles, qui ne seront pas mieux couronnées de succés !

Pauvres frères! avant de vous égarer à vouloir résoudre des questions insolubles, étudiezvous vous-mêmes ; grattez un peu l’épiderme de votre corps, comme vous le faites à l’égard de votre globe; étudiez ce qu’il contient, ce qui pourra occuper vos pensées avec plus de profit ! vous verrez qu'il contient des créations non moins admirables, qui vous feront vous demander : qui suis-je ? qui m'a fait ce que je me vois être?

Cette étude duerra-t-elle jusqu’à la tombe, ou au-delà de celle-ci, et de celles qui peuvent la suivre, vous obtiendrez une satisfaction sur ces questions, digne de votre amour pour elles.

Vous acquérerez dans cette étude des connaissances limitées, il est vrai: mais pouvant satisfaire votre raison (raisonnable).

Il ressort de ce que nous venons de dire, que si la connaissance exacte et positive de la nais-

sance de l'univers nous échappe, cet univers n’en existe pas moins!

Que si la connaissance de la quintessence de la substance qui le forme nous est ravie; cette quintessence n’en a pas moins produit, et n'en produit pas moins tout ce que nous voyons; donc il y a là une actionlégiste qui a heuré, réglé,codifiéles lois qui président aux mouvements de l'insecte, comme à ceux des soleils, qui a fait de cet univers fractionné, un laboratoire dans lequel chaque fraction de cet univers travaille sans cesse à sa propre conservation individuelle, comme à celle de son union avecle tout, qui, dans cette distillation générale et éternelle où chacun passe dans chacun, par une loi d'amour dont nous ne pouvons définir l’utilité. Il en ressort que ce filtre de la vie qui, pour les substances nutritives est l'estomac: qui pour l'entrée et la sortie de l’âme, des âmes devons-nous dire, des germes dans les matrices des trois règnes, où chaque être s’y habille, y entre en scène pour y jouer des rôles variés, qui se complètent les uns les autres, sans se répéter; qui se succèdent sans retour en arrière!

Nous devons en conclure que ces détritus (nom donné en chimie à tout résidu de décomposition des matières), redeviennent ce qu'ils n’ont cessé d’être qu’un moment,et remplissent des rôles plus élevés, jusqu’à une supériorité marquée de savoir et d'intelligence; but de l'existence de l’homme, et de celle de tous les

êtres de la création. Que ces choses soient dues à une intelligence, à une force inconnue, elles n'en commandent pas moins notre respect comme notre admiration; arrétons nos réflexions là, et faisons rentrer avec sagesse et prudence dans la boîte aux oublis, les dieux de nos temples et les folies de ceux qui s’en disent être les représentants. Etudions, étudions sans enthousiasme et sans incrédulité, la prudence et la persévérance conduisent au vrai savoir, et à la vraie sagesse.

[nstruisons-nous les uns les autres, pour mieux {être instruits nous-mêmes, est notre dernier mot.

» Tr

EE

Page 1