‹ Etuves improvisées pour la désinfectionChapitre 25 sur 34 · RE · texte numérisé non relu

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Aussitôt après cette application, et deux lois par jour, nous recouvrons largement, pendant deux heures, d’une compresse imprégnée de liniment oléo-calcaire goménolé, composé de parties égales d’eau de chaux et d'huile goménolée.

Nous nous sommes rendu compte, par comparaison sur deux séries de blessés, que l'huile goménolée seule est de beaucoup inférieure, au point de vue thérapeutique, au liniment oléocalcaire goménolé. Avec celui-ci la guérison est obtenue environ 3 fois plus vite qu'avec l'huile goménolée seule. Ce fait est d’ailleurs logique, car si l'huile goménolée est antiseptique, le liniment a une action double, il est antiseptique par l'huile, tandis que l’eau de chaux fait avec l’ypérite un sel de chaux, détruisant ainsi ses eflets corrosiis.

L'application du liniment est enfin suivie d’un saupoudrage abondant de poudre hypochloritée de Vincent, maintenue par une compresse sur la partie traitée (1).

La partie ponctuée devient brune, se résorbe, disparaît; la tache centrale s’atténue ,devient superficielle et disparaît à son tour au bout d’une quinzaine de jours.

AMYGDALES, PHARYNx: — Les accidents de la gorge apparaissent environ 3 à 4 jours après le séjour dans une zone ypéritée. Ils vont en s’aggravant chaque jour et très rapidement, prenant des allures d’angine purulente. Les amygdales, œdématiées, congestionnées, présentent des taches rouges, véritables brûlures qui ne tardent pas à suppurer. Le voile du palais est rouge vif, on voit se former des points de suppuration, véritables foyers où le pus semble sourdre au dehors. Ces accidents sont accompagnés d’hyperthermie et de frissons.

1) Nous n'avons pas besoin d'insister ici pour légitimer l'emploi de cette poudre qui, par sa composition, est un produit de choix pour la destruction de l'ypérite: d'ailleurs,

les résultats obtenus vérifient son efficacité. .

Le pronostic est rassurant si ces accidents se manilestent sans complications du côlé pulmonaire. Mais si ces complications existent ou si ces accidents pharvngés sont très tardiis, nous devons redouter que le blessé ait respiré pendant un temps assez long des vapeurs d’ypérite: on doit alors surveiller les appareils pulmonaire et digestil et combattre très énergiquement les accidents dès leur première apparition.

Comme traitement on a recommandé des gargarismes soit au bicarbonate de soude, soit au permanganate de potasse. Nous avons essayé les premiers sur une série de blessés, les seconds sur une autre série et nous avons été frappé du peu de résultats obtenus. Mais, ayant fait gargariser nos blessés avec ces deux produits, un premier gargarisme au bicarbonate de soude étant suivi d'un second au permanganate de botasse à 0 gr. 50 centigrammes pour 1000, nous avons obtenu aussitôt des résultats surprenants: le permanganate de potasse agit dans ce cas-là parce qu'on l'emploie en rulieu alcahin.

Au bout de peu de jours les foyers de suppuration diminuent d'intensité, puis disparaissent, les taches se résorbent, le voile du palais redevient normal.

Mais :il est nécessaire de continuer ce traitement pendant une dizaine de jours au moins après la disparition de tout symptôme, car ces accidents ont tendance à récidives brusques.

Des pulvérisations avec de la teinture d’eucalyptus goménolée peuvent également donner de bons résultats, complémentairement aux gargarismes.

Enfin l’administration d’aspirine à la dose de 1 gramme par jour en 2 fois, et de quimine, 0 gr. 50 centigrammes, calment l’hvperthermie et les symptômes qui laccompagnent.

LARYNX, CORDES VOCALES, APHONIE: — Les accidents du la-

rynx apparaissent simultanément avec ceux du pharynx, ils sont généralement conjugués. Au laryngoscope on décèle des

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