I. - Etymologies celtiques
M. Steyert trouve, dans ma conférence, un choquant défunt de proportion : ici elle est trop brève, lu elle est trop longue. En particulier, la partie consacrée aux étymologies celtiques lui semble présenter de regrettables lacunes.
Il comprend bien, sans doute, qu'une conférence n'est pas un livre et que le conférencier a parfaitement le droit d'insister de préférence sur les points qui, a tort ou à raison, lui paraissent les plus dignes d'intérêt. Ce qu'il ne comprend pas.
c'est que je n'aie su ni faire assez ample moisson sur les terrains ligure et celtique, ni deviner, a L'aide de la philologie,
<« les autres peuples qui ont dû habiter la Gaule avant les Ligures et les Celtes ». Assurément. 1 époque celtique, avec le voile épais qui la recouvre, sollicite vivement la curiosité, et je crois l'avoir dit assez clairement. Mais, pour intéressante qu'elle soit.il n'y a que des esprits plus hardis que moi quelle puisse faire succomber à la tentation de chercher à déchiffrer toutes ses énigmes étymologiques. A moins de se resigner, cinquante ans après Zeuss, au rôle de celtomane, on ne peut plus, dans ces explorations si singulièrement délicates, prendre pour guides les vieux dictionnaires de l'école de Bullet où fourmillent les mots gaulois de fabrique moderne : il faut.de toute nécessité, s'en tenir aux travaux des maîtres contemporains de la science celtique, qui éliminent de ces dictionnaires suspects tout ce qui n'est pas authentiquement gaulois. Or, quelques progrès qu'ait faits cette science depuis cinquante ans. elle n'est pas en état d'expliquer tous les termes de la toponomastique gauloise, et s'il est une leçon (pie les maîtres en la matière donnent invariablement à leurs disciples, c'est. < j u < > i qu'en puisse penser M. Steyert. une grande leçon de réserve et de circonspection. Quant aux ■< peuples qui ont dû habiter la Gaule avant les Ligures et les Celtes ... la linguistique fournit-elle un critérium quelconque pour constater leur présence, même avec la plus légère probabilité ] J'aurais mérité cent fois cette épithète de « téméraire » que M. Steyert ne se lasse pas de m'appliquer, si j'étais allé jusqu'où il regrette que je ne sois pas allé. Il s'est chargé de m'en fournir la preuve, en essayant de combler mes lacunes.
Je ne parle pas de ces mystérieux done et cal venus des régions orientales el qui ont donné pele-mele:le premier, avec lo sens d' « eau », les noms du Don, do Dodone etde Therrno- <!<>>>. et. par un merveilleux changement de doneendane, Rho-dane (le Rhône), Dan-ube, Eri-dan (1): le second, avec le sens assez élastique de « rocher, falaise, puis, par extension, port, abri, passage étroit », les noms de Portus-Cale (le Portugal), do Calêcie (Galice), de Calvados, i\^ Calédonie, de Calydon ! C'est la de la linguistique transcendante où ne peut
(1) Tandis qu'il était dane pour Le Rhône (Rhodanus), ce mot redevenait clone pour le Forez, dans Les noms de Chambéon, Dqnzy ^t Modo nium '. p. 52 .
se hausser nia modeste compétence. Je m'en tiens aux termes plus abordables de dore, ar, is, neuf, borb, ère, etc., — Xetc. esl de AI. Steyert, — considérés comme «les racines celtiques qui o n'apparaissent guère qu'en composition ». Tandis que ève ou iva (ailleurs aussi ava) n'a que le sens général d'«eau», « dore est vraisemblablement l'eau torrentueuse. & l'eau sifflante, borb l'eau bouillonnante ». Nant, d'après M. Steyert. veut dire « ruisseau », et doit servir à l'explication de Mornant et de Ternant. Quant à ar, que j'ai eu le tort de négliger, — toujours d'après lui. — et qui par une « étrange réduplication » a fait le nom d'Arar (Saône), «il a pour type le mot aqua, qui semble se rattacher au sanskrit uks, et il a donné naissance à trois types phonétiques distincts : ach germanique ar celtique et aa également germanique» : ce qui permet à M. Steyert de dériver le nom de renard de reinach : Que penser de ces explications ! Eliminons sans hésiter ève, iva ou ava qui n'appartient pas au vieux fond celtique, mais se décèle comme un emprunt à l'ancien français ève-eave-iave, du latin aqua. On ne peut rattacher ar à aqua sans violer une des règles les plus élémentaires de la phonétique comparée du gaulois et du latin; le p gaulois correspondant à qu latin fepos = equus), c'est. — s'il eût existé. — apa qui aurait traduit aqua. Nant (us) est bien celtique mais avec le sons de o \ allée »; ce n'est que dans quelques rares langues modernes qu'il a pris, par extension, le sens de ruisseau, torrent: les Nantuates sont les habitants de la vallée (1). Si je me suis borne à enregistrer Mornant et Ternant. sans en tenter l'explication, c'est que, faute de documents anciens pour ces noms, j'ignore le sens vrai des éléments Mor et Ter- qui entrent dans la composition de ces noms. M. Steyert semble l'ignorer aussi bien que moi. puisque, de son côté, il se borne à expliquer. — quoique inexactement. — le second élément nant(2).J\ est vrai que,dans Tarare — dont le nom latin Tarar trum « a été forgé par quelque lettré >> du moyen âge (!), — il croit reconnaître, par une assez singulière illusion d'optique, sa complaisante racine ar; d'où, probablement, une équivalence approximative de sens entre Tarare et Ternant: Je crois qu'il faudrait remonter assez, haut dans l'histoire de l'étymologie pour rencontrer pareille fantaisie.
1 De nom. gall. 8 : Nanto valle, trinanto très rai les . — cf. Holder. s. v. — (2 Ternant = - ruissseau bruyanl » n'es! qu'une affirmation -aie preuve; ZW- reste donc inexpliqué.
Dore, is et borb me semblent an peu étrangement rapprochés. C'est avec borb que M. Steyert reste le plus près <lo la vérité; borb (plus exactement borv-) est bien une racine gauloise, qui se trouve dans le nom du dieu Borvo et qui signifie « chaud, bouillonnant », mais pas par elle-même « e^m bouillonnante >>: isa (plutôt que is) est. d'après M. d'Arbois de Jubainville, une racine ligure voulant dire « rapide ». Quant à dore, c'est, comme substantif, du gaulois apocryphe; dans l'ancien gaulois, c'est dubron « eau », ot. en breton comme en comique, dour. Pourquoi, dès lors, n'ai-je pas traduit Mont - d'Or par « mont des eaux o ! Toul simplement parce que durum, forteresse, s'étant transforme en dorum ùï* l'époque gallo-romaine, fournit à l'étymologie une meilleure base phonétique que dubron, et, à mes yeux du moins, tout aussi acceptable pour le sens. D'ailleurs, je n'ai pas pu, faute de documents antérieurs au xe siècle, nie prononcer pour cette étymologie : je m'en suis tenu au Mons an, -rus. en attendant que quelque heureuse découverte mette au jour une forme avec un d, telle que M ons dorus ou dorius. On verra alors, d'après la forme révélée, si l'hypothèse de dubron est préférable à celle de durum (dorum).
De l'explication, donnée par M. Steyert, de ces substantifs ou racines, rapprochons ce qu'il dit ailleurs de mawr, grand {Corrections, p. 1) et du préfixe am (p. 70). A ses yeux. « mar dans le sens de grand n'est pas réellement celtique. Dans sa forme régulière il doit s'écrire mawr et se prononcer maour ». Quant à am, c'est un préfixe « dont le sens doit se trouver dans Holder. car il est. je crois, celtique, est très fréquent dans l'onomastique topographique » — suit une invraisemblable liste de noms commençant par ce prétendu préfixe am — [et « il faut prendre garde de le confondre avec l'autre mot celtique amb qui équivaut à *p<pl des Grecs ». Combien ici lui eût été précieux ce dictionnaire de M. Holder. dont il me reproche si souvent, a grand renfort de plaisanteries, d'avoir usé et abusé! Il y aurait vu que mawr est une forme néoceltique et qu'en comparant les formes que revêt ce mot. soit dans les dialectes issus de l'ancien celtique soit dans les langues indo-européennes, on arrive à établir la forme maros pour l'ancien gaulois. Il y aurait vu aussi qu'il n'y a pas de préfixe am en gaulois, indépendant de ambi; il n'y a (pie
ambi, lequel est devenu am en breton et en kymrique.
D'où il appert, avec la dernière évidence, que M. Steyert n'a. ;i son usage, qu'un de ces dictionnaires de l'ancienne école, faisant du gaulois avec du breton, à peu près comme si nous transportions en latin, et tels quels, les mots néo-latins.
A propos du nom du Gier, Jaris dans la légende de saint Ferréol. M. Steyert me t'ait dire ce que je n'ai pas dit et omet un des meilleurs arguments, sinon le meilleur, que j'aie fait valoir pour proposer *Garus comme type gaulois. Ce n'est pas a saint Adon lui-même que j'attribue la graphie Jarem, quoiqu'il eût parfaitement pul'employer.mais à un descopistes viennois de son Martyrologe ; il me semble que la phrase était assez claire. En tout cas. cette méprise de M. Steyert nous a valu un vif éloge de l'érudit. si consciencieux et si bien informé des choses viennoises et lyonnaises, qu'était saint Adon. ( l'est aussi juste que bien senti, et je m'en souviendrai quand j'aurai a invoquer son témoignage. M. Steyert me reproche de. n'avoir appuyé ma conjecture que sur la version Garensis, empruntée à une copie défectueuse et postérieure de cinq ou six siècles au document original. Il oublie de dire que je l'ai appuyée pareillement sur << le nom du Garon, voisin d'embouchure du Gier. vraisemblablement son diminutif. >• Est-il donc si téméraire de considérer Garo,-onis comme un dérivé de *Garus ? Est-il même possible d'expliquer autrement ni >tre Garon ? ( l)Quant à la copie renfermant Garensis, elle peut fort bien être défectueuse sur certains points et rester correcte dans la reproduction dos noms propres; c'est une desquestions les plus délicates de la critique textuelle, et je n'ai eu garde de la négliger. Si j'ai admis Garensis, c'est qu'il m'a paru bien invraisemblable qu'un scribe l'ait imaginée anxvc siècle, à une époque où l'on prononçait Jareis et où l'on écrivait Jarensis(ou Jaresius). La correction Gerensis, proposée par M. Steyert. n'est qu'une hypothèse, non pas invraisemblable, mais. ;'i mon avis, insuffisamment justifiée. Ajouterai-je que le nom de la Clerc, écrit Gayra(2) à côte do Jaira, — ce dont je no m'étais pas aperçu tout d'abord. — me semble
i Gomme Isère et Iseron, Gardel Gardon; toutefois, simple hypothèseï
faute de formes anciennes el ;'i cause de la difficulté phonétique.
■ I . Chevalier, Cart. de s. a. le Bas, Ch. 29 a. 965 .
C'est L'unique exemple, il esl vrai, mais V plus ancien du nom de la
Gère en Latin dans ce cartulaire ; La forme constante, dans les documents
postérieurs, esl Jaira. M. Holder mentionne Gaira de la Vie de S. Sévère.
maintenant apparenté au nom du Gier et postuler, en conséquence, le prototype *Garia \ M. Steyert n'y peut voir qu'une aggravation de mon cas.
Je m'en voudrais de ne pas apprendre à mes lecteurs par quelle explication M. Steyert remplace la mienne. Jaris, étant admis comme la forme originelle (au ix siècle!)(l), « rattache philologiquement (?) le nom du Gier à celui de la Loire, et cenoms ne trouvent leurs similaires (c'esl moi qui souligne) que dans l'extrême Afrique des anciens, c'est-à-dire au sud de l'Atlas saharien ». Autre découverte : << // est impossible de méconnaître la parenté étymologique qui lie a«V^, x-iy^. \lyui. avec le nlyuf et notre Jaris avec le r£/?, surtout sil'on écarte la mauvaise orthographe latine et qu'on prononce correctement Ligir, Nigirel Gir >> (! I). Dés lors, ces noms ont une « origine sémitique » qui c< apparaît clairement avec L'arabe jari couler, et l'on est amené à rattacher ce mot à l'hébreu iarad couler. d'où vient le nom du Jourdain iardan ».
Et voilà comment mitre humble Gier est un frère de L'illustre Jourdain, et sans doute4 aussi la Gère une de ses sœurs ou cousines!
Et voilà aussi a constatée chez nous », du même coup. « l'existence d'un peuple africain, d'origine sémitique »! Il est vrai que ce peuple était peut-être différent de uos Ligures: la-dessus. M. Steyert hésite. Cependant il c< pencherait pour l'affirmative », par la raison, « qui paraîtra peut-être assez sérieuse », que « la désinence en ures, o^?, affectée à un nom de peuple, ne se rencontre qu'en Afrique ». les « Makhures », les « Astacures », Les « Buturgures », les « Saburbures », les c< Suburbures »! Gomment douter que les Ligures nous soient venus d'Afrique, quand ils portent un costume philologique si parfaitement saharien ?. Il y a bien à cela une toute petite difficulté : c'est que, en grec, ces Africains en ures sont tout simplement des a/7^,- : leur désinence en m'es a fondu au soleil de i'Attique. Peut-être résistera-t-elle mieux au soleil italien ? Hélas, en Italie aussi, on dit parfois Ligyes, et même la grammaire historique du latin oblige à voir dans Ligur-Liguris un ancien Ligus-Ligusis, puisqu'on a dit longtemps Ligus au singulier et que Ligusticus en dérive. Conclusion : la désinence en ures, dans Le nom des Ligures, n'est qu'une désinence secondaire, résultat
i Soit, dans l'hypothèse, plus de L5 siècles après la naissance du nom.
de la loi bien connue du rhotacisme latin (1); n'ayant rien d'originellement africain, elle ne peut être invoquée comme preuve d'origine africaine. 11 est douteux que cette raison, tirée de ce que M. Steyert appelle « les chinoiseries philologiques o, parvienne à modifier ses préférences pour une origine africaine des Ligures; il n'y a pas grand mal à cela. puisque Niebuhr leur attribuait une origine libyque. Mais on conviendra, je suppose, que l'exemple était à citer pour faire connaître la méthode étymologique de M. Steyert et le
parti qu'il en tire.
Revenons de l'arabe et de l'hébreu au celtique. Décidément. M. Steyert a trop négligé d'en étudier le consonnantisme : c'est nécessaire pourtant, quand on veut faire de la « linguistique comparée ». Obligé de reconnaître que la Brévenne, Bebronna, signifie « rivière du castor » (ou rivière des castors), il se demande, — sans doute pour avoir néanmoins une objection à me faire là-dessus, — si bebros « est bien certainement celtique d'origine », ou si, plutôt, il n'a pas été emprunté au latin fiber; sans se prononcer autrement, il trouve l'emprunt « plus rationnel ». L'étude du consonnantisme comparé du gaulois et du latin lui aurait appris que h initial gaulois ne répondu /'latin que dans les mots d'origine indo-européenne, mais que /'latin reste dans les mots d'emprunt : le fiber latin en passant au gaulois, serait devenu fevrosou febros. Voilà donc une question qui était bien superflue.
Superflue aussi sa longue dissertation sur Aiguerande, avec la carte qui illustre son volume plus que la question. Si je m'y arrête, c'est surtout pour répondre à une accusation de dcloyauté que M. Steyert formule contre moi, en ternies a peine voilés à l'occasion d'Aiguerande, en termes 1res clairs a l'occasion d'autres noms. Donc M. Steyert affirmait dans son Histoire de Lyon (II, p. 345) qu' Aiguerande était un composé hybride de aiguë (eau) et du germanique rand (bord). Il ajoutait, il est vrai : « Assurément, si l'on trouvait dos noms de lieux sous la forme primitive (0 Ingrande, que l'on rencontre parfois, ce serait bien l'indice d'une limite. mais germanique (ing, plaine, champ, pays; rand, bord). » Il me reproche de n'avoir pas tenu compte de cette phrase dans ma critique. Mais pouvais-je voir là une réserve concernant le nom même d'Aiguerande ? Non, car il ajoutait, immé-
il) cà. Joret, De rhotacismo in indoeuropaeis... linguis, p. 20.
diateinent : « Sous la forme d'Aiguerande, c'est un nom d'êtymologie hybride (je souligne) d'autant plus facile à avoir été formé que eve celtique (!), aiguë français, correspondent a aqaa latin, à ach et aa germaniques, » J étais en droit de ne retenir qu'Aiguerande, puisque, dans la pensée do M. Steyert, le sens de limite qu'on pourrait découvrir à Ingrande ne modifierait pas celui d'Aiguerande. El c'est justement la solution que M. Steyert, mieux informé, propose définitivement avec l'espoir de la faire accepter des savants et des lecteurs impartiaux. Cette solution consiste à voir dans Ingrande et Eviranda (Aiguerande) deux mots différents : le premier. germanique, signifiant « bord du champ, limite » : le second. terme hybride, germanique — ou même celtique — signifiant « bord de l'eau ».
En quoi donc, je le demande aux « lecteurs impartiaux ». ai-je violé, au détriment de M. Steyert, cette « exactitude » qui est, dit-il en toute simplicité, « la politesse des critiques aussi bien que des rois» l II serait tout à fait oiseux, — que M. Steyert dise « trop difficile » pour moi. a son aise. — de discuter les arguments sur lesquels il appuie cette conclusion: il suffit d'y répondre, comme on dit en style parlementaire, par la question préalable. C'est qu'en effet, linguistiquement parlant. Ingrande et Aiguerande sont tout simplement deux formes dialectales du même mot. Si M. Steyert avait consulté la référence que j'indiquais (1). il aurait vu que M. A. Thomas signale un Igo-randa, a l'époque mérovingienne, pour Ingrande en Poitou, et que cette nasalisation de la forme primitive (ing pour ig), observée c< dans neuf points différents du Centre ou de l'Ouest de la langue d'oïl » est la même que dans engal, ingal (aequalem) et dans Angoulême (Icolisma). Toute explication qui sépare, au point de vue linguistique. Ingrande d'Aiguerande, doit donc être considérée, a priori, comme une explication « inadmissible ». Je ne sais ce qu'en penseront les lecteurs en général; mais je suis tranquille sur la réponse de «savants », tels que ceux dont j'ai cité les noms, MM. A. Thomas et Holder. Continuons donc, en attendant l'explication du mystérieux Ewi-Igo qui est le premier élément de ce nom. à voir dans Aiguerande-Ingrande un nom celtique qui « signale la frontière d'une circonscription ancienne ».
1 Ami. du Midi, I. V 1893), p. 143 et s.vi. — Tgoranda (Ingrande), déjà signalé par Quicherat (De la for mut ion française des anciens
noms de t>e". p. 24).