J) G.I. L., XII
(2) Ibid., 3.265, etc. 3 I, 173.
• i; De GoJ.Ho (n), nom latin authentique.
(* Lupponacus) (1), Meillonas f* Maelionacus) (2), Péronnas (* PetronacusJÇï), Santonax.Sedlonnas.r ( 'œlionacusj (4). Pas de doute pour ces noms qui ont tous un o dès les documents les plus anciens. Mais comme, depuis le xme siècle, les influences pertuba triées de l'analogie ont pu s'exercer et des phénomènes d'assimilation et de dissimilation se produire, s'il y a divergence aujourd'hui entre les formes vulgaires anciennes et les formes modernes, c'est aux premières qu'il faut s'appuyer pour remonter a la forme primitive (5). Ainsi on peut trouver o du xme siècle devenu e : Audona — Odenas ; plus souvent e devenu o : Oenas — Oyonnax. Satenay — Satonnay, Pollenay — Pollionnay, Doennay — Dionnay. Voilà pourquoi j'ai proposé d'expliquer Odenas par * Aldonacits, Pollionay par * Paulianacus (6) et Dionnay par * Dotennaeus, et pourquoi aussi je proposerais Audenacus (?) pour Oyonnax. * Sattenacus pour Satonnay (8). Frontenas se trouve dans de meilleures conditions que ces derniers noms, puisque
(1) DeLuppo (n), nom gaulois authentique.
[2 De * Maelio nu, formé de Maelius, comme Gallio de Gallius.
(3) De Petro (n), trouvé dans les inscriptions (HolderJ. i De Caelio n , formé de Caelius.
A un premier[coup d'œil superficiel, il pourrai! sembler qu'il y a contradiction entre le principe énoncé à propos de Cubliacus, qui sera répété à propos de Broliacus et la règle qui est donnée ici. 11 n'en est rien : dans le premier cas, il y a erreur de scribe sur la forme primitive, erreur dénoncée par les formes populaires qui se sont succédé jusqu'à la forme actuelle : le conflit est alors entre le scribe et le peuple et c'est le peuple qui a raison. Dans le second cas, il s'agit d'une forme populaire à partir de laquelle il y a eu déviation ; le conflit est entre deux formes populaires, et on ne peut admettre raisonnablement que la forme fautive soit l'ancienne: sinon il faudrait admettre aussi, qu'après une déviation ancienne et souvent séculaire, Le peuple est revenu à la forme légitime, sorte de révolution qu'il ne fait guère en linguistique.
(6 M. Steyert préfère ~Pollion, très connu en lyonnais, à Pauliantis, qui est inconnu, c'est-à-dire non signalé par nos inscriptions. Ce n'est l>as nécessaire : Paulianus a existé dans la Gaule romaine: c'était même le nom d'un évêque du Puy au ive siècle.
Yudenacus rxi>é- dans la Charente-Inférieure, aujourd'hui Aulnayde-Saintonge (Holder). Oenas sort de Au Oc naews comme l'ancien oir de audire.
(8 Evidemment, si l'on partait de la forme actuelle, Satonnay s'expliquerail très aisément, comme Les Satonnay du Maçonnais, par * Sattonacus, de Satto, surnom plusieurs fois constaté dans nos inscriptions : mais rend-il compte de notre Satenay du xnr siècle? On connaît aussi sutthts, signalé ailleurs (C I L, V, 6083 ; VIII, 7099),dont le diminu-
jamais, à ma connaissance, il n'apparaît avec un o même dans nos documents les plus anciens : dès le xr siècle, nous le trouvons sous les formes de Frontennaco et Frontem (1). Des Frontenay. qui ont sûrement même origine, sont écrits Frontenacus, dès le ixe siècle. Au Fronto de M. Steyert. quoique authentiquement lyonnais, je profère donc * Frontenns équivalent de Frontius (non Franteius), qui a pu exister à Lyon comme il a sûrement existe ailleurs et qui me semble seul capable d'expliquer la succession des formes qui ont abouti à Frontenas.
5° D'après M. Steyert. les noms en acus, dans notre région ne sont pas tous formés avec des noms de personnes : à cette catégorie, sans doute la plus nombreuse, il faudrait en ajouter deux autres : l'une pour les noms en acus dérivés d'un nom de divinité, l'autre de ceux qui proviennent d'un nom de chose. Il me reproche, à propos du nom de Donzy, que je dérive de Domitius, de « substituer le nom d'un simple particulier à celui d'une divinité »; d'autre part, à propos des noms de Cuzieux. Doizieux. Kcully. Gogny, Pouilly, il trouve étrange que j'y cherche encore et toujours, avec une désespérante obstination qui tient de « l'idée fixe », des noms de personnes. Ailleurs (p. 73). il citera Bussiacus (Bussy), la Buissière, Broliacus (le Breuil), le Bosquet, Chassagniacus (Chassagny), la Chênaie. Clippiacus (Gleppé). la Pierreuse. « et cent autres oubliés par M. l'abbé Devaux. que l'on rencontre au hasard des dictionnaires », et qui « démontrent sans réplique la doctrine énoncée ;>. Bref, aux yeux de M. Steyert, on peut trouver en nos pays des noms en acus formés d'un nom de divinité. et on trouve jusqu'à lu centaine des noms en acus formés d'un nom de chose. Distinguons soigneusement ces deux catégories de noms.
Je ne veux pas m'appesantir sur les prétendus noms divins en acus; ceux qui se sont particulièrement occupés de cette question, par exemple, M. Holder (2 \ déclarent qu'on ne trouve jamais un nom de divinité formant avec le suffixe acus un
liiSattiolus a existé chez qous ; or l'équivalent de Sattius,* Sattenus, concorde précisément avec Satenay. Je propose donc, ;'i titre d'hypothèse, * Sattenacus pour Satenay, devenu Satonnay,au w sièc]
1 Bruel, Chartes de Cluny, III, p. 361 : IV, p. 244
(2) Alt. — Celt. Sprachschatz, s. r. </,■<>.
nom de lieu (1). Je n'ai donc ici qu'à voir si Donzy ne s'explique pas mieux avec Domitius qu'avec Dunisia,nom de déesse, révélé par une inscription du Forez et que je suis accusé, bien à tort, d'avoir ignoré (-2). Je remarque tout d'abord que cette inscription a été trouvée à Bussy-Albieux. à une vingtaine de kilomètres, à vol d'oiseau, de Donzy. Mais supposons que le culte de cette déesse ait rayonné jusqu'à cette dernière localité : le nom de Donzy peut-il être considéré comme la preuve de ce culte local? Sans doute. Dunisiacus (Dunisia -f- acitsj aurait pu se contracter en Donziacus; mais eùt-il pu être Domziacus que j'ai cité et que M. Steyert oublie de reproduire ? Or, Domziacus est précisément une des formes anciennes qu'on retrouve pour d'autres noms, certainement dérivés de Dœnitius, Domezac. Donzac. Donzy (Saone-et- Loire). Tenons-nous-en donc à Domitius, plutôt que de faire, dans nos noms en acus, une place si privilégiée à l'illustre déesse Dunisia.
En ce qui concerne la question des noms de choses, je tiens à faire remarquer tout d'abord que je ne les ai pas exclus absolument des noms de lieux en acus. J'ai dit qu'il «est extrêmement douteux que acus se soit jamais -joint, dans la Gaule romaine, à des noms de choses pour former des noms de lieux » ; j'ai répété que le suffixe acus ne se joint « probablement jamais dans la Gaule romaine, à un nom de chose pour former des noms de lieux ». En cela, je crois avoir assez
di M. Vincent Durand a eu parfaitement raison d'écarter d'Izieux le souvenir d'Isis, quoiqu'il l'explique par Ieciacus qui aurait donné Issiea.x comme Issu, près de Paris Bull, de la Diana,VU, p. 377 1 : comme je l'ai dit, Izieux suppose * Itiacus, dérivé du nom gaulois Itius, cité par M. Holder. — Quant à Vendranges et Vindrié iCoutouvre, dérivés par lui de Venerianicas et de Veneriacus, sans se prononcer absolument, il reconnaît que « ces noms, le second surtout, peuvent être regardés tout aussi bien comme perpétuant le gentiliee d'un ancien propriétaire » que le nom même de Vénus ibid., p. 374). On voit que M. Vincent Durand n'apporte pas. dans cette attribution des noms de lieux aux dieux du paganisme, les idées absolues que lui prête M. Steyert ip. 38). Pas de doute en ce qui concerne le nom de Vindrié : ce nom. auquel il faut ajouter ceux de Vindry Saint-Loup, Rhônei et de Vénérieu (Isère), qui n'en sont que des variantes locales, vient certainement de Venerius, connu par les inscriptions de la Xarbonnaise et dont le fém. Venerm se trouve quatre fois dans les inscriptions de Lyon.
2 L'inscription, reproduite par M. Holder porte [Te]rnpuli Dunisiae: M. Steyert, ayant k mettre Tempuli au nominatif, écrit Tempulùs, dim. Aetemplum : c'est assez piquant sous une plume si sévère à mon latin.
exactement reproduit la pensée de M. d'Arbois de Jubainville (i) qui, sans méconnaître la possibilité du fait, déclare n'en pouvoir citer aucun exemple dans la Gaule transalpine au temps de l'empire romain: c'est aussi celle de M. Solder, car, si le savant allemand admet qu'il existe des noms en aco formés avec des noms de choses, ses exemples ne contredisent pas les conclusions du savant français. Je n'ai donc pas dit que le fait ait été impossible ni que l'invraisemblance fut aussi grande pour la Gaule mérovingienne, dont je ne m'occupais pas dans ma conference.il est vrai que j'ai affirmé « qu'on doit toujours chercher dans les noms de lieux en acus — du moins en dehors des pays bretons — un nom de personne»; le contexte prouvait qu'il ne s'agissait là que d'une règle pratique découlant des faits constatés par la science. Oui. conformément a ces faits, il faut toujours, devant un nom en acus. chercher s'il est explicable par un nom do personne; et si l'on trouve un nom de personne authentique ou se déduisant logiquement d'un nom authentique de l'époque gallo-romaine, même un nom appuyé sur de sérieuses analogies, on doit, scientifiquement, considérer le problème comme résolu, r.u moins d'une façon vraisemblable, en tout cas plus vraisemblable qu'avec un nom de chose. On a vu que M. G. Paris va. lui au<si. jusqu'à permettre d'expliquer les noms en iacus par des gentilices purement hypothétiques. La question est plus délicate pour l'époque mérovingienne, où, ainsi que je l'avais rappelé, acus, par suite d'une méprise, était remplacé par iacus. Mais l'habitude de ne former do» noms de lieux en acus qu'avec des noms de personnes était si générale et si enracinée à l'époque précédente qu'il ne faut admettre l'exception, même à l'époque mérovingienne, que devant l'évidence. La porte reste donc ouverte, si peu que ce soit, aux noms de choses enacus. M. Steyert voudrait L'ouvrir davantage. Que faut-il penser d'une théorie qui, au lieu d'exceptions réelles en d'autres pays, possibles chez nous. surtout à l'époque mérovingienne, établit une catégorie considérable !
Eliminons d'abord Brolliacus; la forme actuelle de ce nom, le Breuil. prouve sans réplique possible que Brolliacus, en
ili Peut-être l'expression extrêmement douteux » forçait-eUe un peu sa pensée. Comme on le verra plus loin, M. Holder ne semble pas avoir trouva que j'aie forcé la sienne.
regard de Brolium, est une faute de scribe, datant d'une époque où acus, n'étant plus compris, servait à affubler d une désinence pédante des noms qui n'en avaient que faire.
On peut expliquer Bussiacùs (Bussy) sans recourir au germanique bosc (bois) ou au latin buxus (buis) ; M. d'Arbois de Jubainville le rattache au gentilice connu Bucius ou Buccins. et M. Holder au nom gaulois * Bussius, supposé par d'autres noms de même racine. — M. Steyert traduit Clippiacus (Cleppé) par « la Pierreuse ». ce qui semble prouver que. comme M. Gocheris (1), il lui donne pour racine le néo-celtique, clap. pierre. Pour se retrouver chez nous, il faudrait que le mot fût non seulement néo-celtique, mais gaulois. C'est au moins très douteux. M. Holder n'a eu garde de l'enregistrer. De son côté. M. d'Arbois de Jubainville avait vu dans Cleppé le correspondant franco-provençal de Clichy et l'avait expliqué, comme celui-ci. par le gentilice bien authentique de Cleppius ou Clepivs (2). Je crois devoir m'en tenir a cette explication.
Cuzieux n'a rien à faire avec la Cosia (Coise); on ne citerait pas un nom de lieu en acus formé avec un nom de rivière. Est-ce dénaturer le nom de Cuzieux que de le-rattacher, par l'intermédiaire Cuyzeu, à * Cotiacus l Cela prouve que M. Steyert a oublié que // intervocalique se change en is(iz). — Doizieux. que je n'avais pas cité, est également, et plus singulièrement encore, présenté comme un dérivé possible de Adosia, autre nom de rivière. M. Steyert ne nous dit pas ce qu'il fait de Ta initial de ce nom, ni comment se serait conservé le d placé entre deux voyelles. En revanche, il lui donne Adoy comme continuateur, quand on sait que Adosla, est devenu, très normalement, par la chute du d intervocalique. Oise ('■'>). Il est vrai que cela lui permet de faire ici un peu de a linguistique comparée ». en rapprochant Adoy du douzi «des tonneaux que l'on ferme avec la guille»!La tentative n'est pas heureuse ; car tous les romanistes savent que le franco-provençal douzi, comme son correspondant doisil de l'ancien français, dérive de ducem (diminutif dwci-
(1) Op. c, i». 75 — La racine Clap qui est dans le français Clapier et, probablement aussi, dans le provençal, clap, clapo, pierre (cf. Kôhting, s. v. klap , n'est autre que le germanique Klapp,
■> D'Arbois de Jub., op. c. p. 218.
3 I.'1 U'' certaines - écrivent Loise, affluent de la Loire
culum), au sens de « chef », d'où source. Pour expliquer plausiblement Doizieux. il faut tenir compte des formes médiévales Doayseu, Duayseu, lesquelles nous reportent à xm* Dota- Uacus, a propriété d'un * Dota tins », gentilice hypothétique, mais qui n'est pas plus surprenant que Donatitcs, Optatius, PHvatius, etc., cités plus haut, d'autant plus que le surnom de Dotata est connu.
Avec Pouilly, nous sortons des rivières pour entrer dans les marais; du moins, M. Steyert regarde comme vraisemblable sa dérivation «du mot celtique Paul « marécage», mot « si important dans l'onomastique topographique », et qui ne m'a échappé que « parce que le dictionnaire de M. Holder s'arrêtait, — à la date de ma conférence, — à la lettre M >>. M. Steyert, d'ailleurs, se montre ici fort accommodant : il consent à regarder les Pouilly secs comme dérivés d'un nom de propriétaire, à la condition qu'on lui accorde que les Pouilly humides dérivent de Paul « marécage». Je suis à l'aise aujourd'hui, puisque le dictionnaire de M. Holder en est à Poeninus. Eh bien, j'ai le regret de dire que le Paul « marécage », « mot celte si important », n'a pas été relevé par M. Holder. D'où, étant donnée sa grande autorité, nous devons conclure, M. Steyert et moi, que le fameux Paul « marécage » n'est pas authentiquement gaulois. Tous nos Pouilly. humides ou secs, doivent donc être considérés comme dérivés du gentilice Paulius. — Gogny. pour M. Steyert, « dérive incontestablement d'un mot celto-latin qui est passé en français avec coin et qui signifie un promontoire angulaire faisant encoignure, comme le montre la situation de Gogny ». Je ne vois pas pourquoi le latin cuneus , d'où vient coin, est appelé a celto-latin » (1); mais la n'est pas la question. M. Steyert s'est-il demandé si le Cogna du Jura, les Cognac de la Charente et delà Haute-Vienne, le Cogny du Cher, le Coigny de la Manche, d'autres encore, qui ont visiblement même origine que notre Cogny, étaient comme lui, favorisés d'une « encoignure » ? Expliquons-les donc tous, suivant la règle générale, par un nom de personne (2). Que si le gaulois
(1) M. J. Loth a montré quecyn = cuneus était, dans les langues brittoniques (gallois, armoricain, comique), un emprunt fait au latin Les mots latins dans les langues brittoniques,l%92, p. L00).
i? De même les Cognio de l'Isère etde la Savoie doivent s'expuquer par * Conwnus, avec le suffixe latin.
* Conios répugne par trop à M. Stevert. il peut adopter le gentilice Convias (dérivé du gaulois Connos). dont il y a maint exemple dans le Lyonnais, le Dauphiné et ailleurs; Vn double ne fait pas une difficulté insurmontable.
Le nom d'Ecully. d'après M. Stevert. renferme aussi un nom de chose. J'ai proposé pour ce nom. dont l'étymologie a été si discutée, le nom d'homme gaulois Evccolios, mais en disant formellement. — ce que M. Stevert oublie de mentionner. — que. pour des raisons d'ordre phonétique, il me reste « quelques doutes ». En tout cas. ce qui ne faisait aucun doute pour moi. et aujourd'hui moins que jamais, c'est qu'Ecully ne peut provenir à'aesculus, chêne. M. Stevert prétend qu'Aesculiacus, la chênaie, a a pour lui non seulement la linguistique mais aussi la nature». Je réponds qu'il n'a suffisamment ni l'une ni l'autre.
1° Il n'a pas suffisamment pour lui la nature, quoique, à Ecully. de « nombreuses variétés de chênes, même étrangères ». poussent a avec une rapidité merveilleuse (1) ». Ce qu'il faudrait pouvoir affirmer, pour Ecully et pour les deux Ecullieux foréziens que j'ai cités et dont M. Stevert ne parle pas. c'est qu'à une époque quelconque, romaine ou mérovingienne, il a pu y avoir, non pas seulement un aesculus de jardin à titre de curiosité exotique — ce qui est d'ailleurs bien peu probable — mais des bois de l'espèce appelée par les Romains oesei'lns. Cela, on ne le peut pas. Pline fait remarquer que si le robur et le quercus sont de tout pays. Yaesculus ne vient pas partout (2). C'est une espèce méridionale: comme me l'assure un très savant botaniste, on ne pouvait pas. alors plus qu'aujourd'hui, la trouver dans nos contrées à l'état d'espèce indigène. D'où il résulte que le nom (ïaesculus, ne répondant pas à une espèce connue de la Gaule, n'a jamais pu être un mot populaire en Gaule. De fait, la seule langue néo-latine qui ait gardé le mot est l'italien— escale, eschio, ischio — parce qu'en Italie, le mot
1 Od m'assure qu'il y a, dans une propriété de L'Arbresle, un fort bel '/".s. planté depuis plus de trente an?, qui croit à souhait et même
se reproduit.
2 Nat. Hist. XVI.": Quippe cum robur quercumque volgo nasci videamus, aesculum non ubique. Il s'agit do Yaesculus, variété de chêne et non du marronnier d'Inde, si malheureusement dénommé aesculus hippocastanum par Linnée.
était populaire comme la chose. Or. c'est par les mots populaires que se dénomme une localité, quand elle prend un nom de chose. On ne peut guère imaginer qu'un Lyonnais, ne con naissant le nom à'aesculus que pour l'avoir lu dans ses classiques, ait eu l'idée bizarre de le donner à son domaine ; c'eût été un iogogriphe pour le peuple. Et puis, si le voisinage de Lyon pouvait fournir à Ecully un lettré capable de cette pédanterie, d'où venaient ceux qui avaient dénommé les deux Ecullieux de la Loire, lesquels, évidemment. doivent s'expliquer comme Ecully l A moins que ce no fût le moine personnage lyonnais, largement possessionné — ce qui est possible — et s'amusant à propager le nom à'aesculus dans toutes ses propriétés! Tenons pour assuré que si ces localités avaient emprunté leur nom à un bois de chênes, elles auraient pris, comme toutes les localités delà Gaule, ou bien le nom de robur, ou bien celui de * cassanum, seuls populaires chez nous pour désigner le chêne (i).
•2 Aesculiacus n'a pas assez pour lui. non plus, la linguistique. Nous avons vu plus haut que les dérivés avec actes, comme avec n'importe quel suffixe, se faisaient par l'adjonction de celui-ci au thème du mot racine; de même qu'on a fait aesculetuin, on aurait fait aescul-acus. Or. d' Aesculacus n'aurait jamais pu sortir Ecully. Précisément, nous habitons un pays dont la langue fournit le critérium le plus sûr pour distinguer les noms en acus des noms en iacus; en franco-provençal, cicus donne régulièrement ay ou as, et iacus, non moins régulièrement, ia, ici', y, ê-iê (2). Aesculacus serait donc continué par Eculay ou Eculas : impossible de soutenir le contraire. Dira-t-il que le nom s'est formé a l'époque mérovingienne, c'est-a-dire en un temps où iacus supplantait acus? De deux choses l'une : ou aesculiacus aurait succédé, dans l'écriture, a aesculacus, seule forme possible à l'époque galloromaine, ou il aurait été formé de toutes pièces, aescul -f iacus. Dans le premier cas, c'est aesculacus qui aurait triomphé, comme * Lucenacus a triomphé de Lusiniacus
1 Je n'avais pas indiqué cette raison contre L'étymologie dTScully par aesculus : c'est L'objection de M. Steyert — et je dois l'en remercier — qui, en m'imposant de nouvelles recherches, me Ta fait découvrir.
2) C'est justement la raison pour laquelle je n'ai pas rattaché Régny à Régimes, lequel eût donne Reginacus, incapable d'aboutir à Régny, Rignieux, etc.
1C8 ETYMOLOGIES LYONNAISES
(Luzinay, Isère) et bien d'autres. Quant au second cas. dont je n'ai pas nié l'absolue possibilité (i). il faudrait, pour l'admettre . que le nom fût inexplicable par un nom propre de l'époque gallo-romaine. D'ailleurs, après ce qui a étéjdit, qui ne voit que plus on s'éloigne de l'époque gallo-romaine, plus diminue aussi la possibilité, si faible déjà au temps de la culture latine, même c'est trop dire encore, d'employer le mot (Xaesculus? Pour toutes ces raisons, je suis de plus en plus convaincu que le nom d'Ecully ne rappelle pas les chênes dont le pays dut être couvert aux temps antiques, mais, comme les deux Ecullieux de la Loire, un nom d'homme. J'ai proposé Excolios (2) et je m'y tiens jusqu'à ce que les inscriptions aient révélé un nom qui réponde mieux que celui-là aux données philologiques du problème.
En réalité, des neuf noms de lieux en iacus que cite M. Steyert comme explicables par un nom de chose, c'est celui de Chassagniacits (Ghassagny) qui semble le plus favorable à sa thèse. Je l'avais laissé do côté, ainsi que quelques autres dérivés de iacus, pour lesquels je n'avais pas trouvé de noms propres certains ou assez vraisemblables de l'époque galloromaine : je les considérais donc provisoirement comme pouvant appartenir à l'époque mérovingienne, dont je ne m'occupais point. Je n'ai a examiner ici que Ghassagny. S'il se rattache directement a * cassanum, chêne, il n'a certainement pas été formé à l'époque gallo-romaine : car, alors, il eût été Cassanacus qui n'aurait pu aboutir, chez nous, qu'à Chassanay ou Ghassunas. Il ne pourrait dater que de l'époque mérovin-
(1) J'en admettais implicitement la possibilité pour l'époque mérovingienne, puisque j'avais dit (p. 29 qu'àcette époque on avait formé "par suite d'une méprise, le suffixe iacus »; c'était dire qu'iacus pouvait se trouver, à l'époque mérovingienne, partout où se trouvait acus à L'époque gallo-romaine. Dès que Excolios me fournissait un Eœcoliacus pour cette dernier*- époque, je n'avais, d'après la règle énoncée plus haut, à raisonner que sur Aesculacus, seul rival possible à cette époque. Aussi bien, j'avoue volontiers que j'aurais pu être plus explicite, même dans une courte note.
(2 Si M. Steyert avait consulté le dictionnaire de M. Holder, il m'aurait reproché ici une inexactitude, el il aurait eu raison. C'est que j'aurais < i lt écrire Exkolios, comme M. Holder, attendu que l»1 nom gaulois a été trouvé, dans le (lard, écrit en grec, avec La première lettre effac Mais la restitution est aussi certaine que puisse l'être unç restitution épigraphiqùe. L'inexactitude consiste dan- l'omission de l'astérisque; ^uant à Excolios, ce n'esl que la graphie latine
gienne sous la forme Cassan-iacus. Comme je l'ai dit. l'hypothèse n'est }>;is. pour cette date tardive, aussi invraisemblable que pour l'âge précédent. Mais est-elle nécessaire ? Il faudrait pour eela que le nom fût inexplicable par un nom d'homme. Il est vrai que * Cassanius n'a pas été signalé, mais n'a-t-il pu exister dans la Gaule romaine, soit comme nom latin, soit comme nom gaulois dérivé de cassanum (1)? Après examen attentif de la question, l'affirmative ne parait pas dénuée de vraisemblance. L'usage de désigner des personnes par des noms d'arbres ou dérivés do noms d'arbres semble bien remonter, chez nous, jusqu'aux Gaulois: c'est ce que montrent les noms d'Eburos (2) et d'Eburius, venus d'eburos, if: ceux de Derva (n. de femme). Dervius et Dervacius, dérivés île * derva, chêne, — mot révélé par l'accord dos langues néoceltiques (8) : — celui d'Abalus ou Aballus, de* aballa, pommier. N'y a-t-il pas la des analogies suffisantes pour permettre de supposer, sans témérité, un :;: Cassaniics gallo-romain et de le proposer pour l'explication de Cassaniacus, « en attendant, comme dit M. G. Paris, qu'une inscription le révèle aux philologues classiques \ » Ce n'est qu'une hypothèse, mais je la préfère encore a celle qui explique Chassagny par * cassanum, lors même que je pourrais admettre celle-ci. à titre d'e-xception. par conséquent sans me contredire (4).
Aucun des exemples allégués par M. Steyert ne nous oblige donc à reconnaître, dans la région lyonnaise, des noms en actes dérivés d'un nom de divinité ou d'un nom de chose. On trouvera peut-être que je donne aux conclusions de la science sur le sens général des n >ms en acus une forme trop absolue : je n'ai pas dépassé la règle pratique formulée à cet égard par M. G. Paris. L'avenir vint-il à démontrer qu'en effet la règle
i L'adjectif a existé, appliqué à un nom de chose: Locus qui dicitur Cassaneus{— Cassanius, fou lat. vulgaire Cart. de s,/r.7 I, p. 29,avec,
il est vrai, la var. Cassaneis, justement rejetêe par A. Bernard'.
2 Héburus a été trouvé dans nos inscriptions comme cognomen >Allmer et DiSSAKD, Inscr. ant.,, IV, 2M .
3 Cf. HOLDER, s. V.
\ Si j'ai expliqué et explique encore La Chassagne par Chênaie, à l'exemple de M. A. Thomas c'est à cause de l'article et aussi parce que • Cassania s'appuie sur des analogies plus solides que* Cassanius; 3i, d'autre part, je préfère * Cass inius pour le nom de Cassaniacus, c'est a cause de la règle >i générale des noms en acus et d'une certaine vraisemblance de * Cassanius.
est excessive, ce dont je doute, on excuserait cette sévérité de la science contemporaine par la nécessité de réagir énergiquement contre des habitudes étymologiques qui faisaient découvrir, il n'y a pas si longtemps, du grès dans le nom de Grézieux. des mares dans Moiré, du bois dans Cuzieux. de la vigne dans Vignieu (Isère), des cognassiers dans Cougny (Nièvre), du millet dans Milly (Yonne), du champ dans Magneux (Ain), un cellier dans Cellieu (Loire . dos clôtures dans Mézériat (Ain i. des ponts dans Poncey (Gôte-d'Or), etc.. etc.(l)! Cherchons donc, avant tout, dans les noms en acics, des noms de personnes, gallo-romains ou gaulois, gentilices ou surnoms, ou même des noms germaniques (2).
3° Après la théorie, l'application que j'en ai faite dans le détail. M. Steyert n'est pas loin de s'indigner que j'aie trouvé tant de Gaulois dans notre toponymie, et cela « à une époque où les Gaulois ne voulaient pas l'être, mais se disaient Romains ». En fait, dans toute ma brochure, il n'y a que trente-cinq noms gaulois en regard de quarante-huit noms romains: encore n'ai-je pas prétendu le moins du monde établir entre eux une rigoureuse proportion. J'ai voulu tout simplement attirer l'attention sur la partie la plus négligée, du moins en notre région, de la question toponymique. Si Romains qu'ils voulussent être, les Gaulois n'ont pas quitté -du soir au lendemain leurs noms nationaux: je suppose que les inscriptions de la Gaule le prouvent surabondamment. Estil étonnant, dès lors, que notre toponymie reflète précisément l'état onomastique révélé en Gaule par l'épigraphie ? Permis a M. Steyert de s'égayer de tous ces noms gaulois, soit pour le sens qu'ils suggèrent à l'esprit, soit pour la musique qu'ils font a l'oreille: la question ici est d'ordre tout subjectif. En tout cas. je n'ai aucune raison de retirer un nom quelconque
1 Voirie livre de M. H. Cocheris; même Quicherat se méprenait encore sur le nom de Cuzieux (op. c . p. 4e . — C'est en vertu du même principe 411011 expliquait Vaise par la vase ! . quand on sait que le nom de Vesia est signalé dés le x siècle et 411e le mot de vase ne nous est venu du néerlandais qu'au xvr siècle.
2) Si je n'ai pas parlé, sauf accidentellement à propos du nom d'Urfé, des noms en acus d'origine germanique, c'est que.de parti pris, je m'étais borné aux époques celtique et gallo-romaine. 11 n'y avait donc pas lieu de me reprocher de n'avoir pas su « discerner un seul mot » des langues burgonde et slave (?) « dans la masse des étymologies que j'ai remuées ».
de cette catégorie (i). pas même Carillius que j'ai proposé pour le nom de Charly, et que M. Steyert préférerait voir remplacer par celui de Charles. Ce n'est pas la phonétique qui m'arrête ici : Caroliacus aurait pu parfaitement se contracter en Carliacus, tout comme Carilliacus, et. comme lui encore, aboutir a Charly en passant par Charleu. Mais c'est l'histoire qui fait obstacle. N'oublions pas que le suffixe acus a cessé de produire des noms nouveaux au commencement du vnr siècle, soit à peu près à l'époque où l'évolution phonétique du latin vulgaire altéra profondément ce suffixe dans le parler du peuple. Or. le nom de' Charles ne semble apparaître en nos pays, comme nom usuel, que bien longtemps après: il ne figure pas même dans le cartulaire de Savigny où. pourtant. abondent les noms germaniques, burgondes ou franks (2), Voilà pourquoi j'ai adopté Carillius. et avec d'autant plus de confiance que j'avais, pour ce faire, l'appui d'une analogie sérieuse, à savoir le Charly du département de l'Aisne, qui s'appelait justement Cariliaco sur les monnaies mérovingiennes. Qu'on signale, pour notre Charly, les formes Chants locus, Caroli Ioc«s, Cariolaeus, peu importe; la dernière est évidemment fautive, et les deux premières ne peuvent être que jeux étymologiques de scribe. C'est donc GaHlliacusj#ù.i à mes yeux, fournit l'explication la plus vraisemblable de Charly.
Je me suis permis d'expliquer phonétiquement la production de 17 dans certains noms lyonnais en iacus: Albiniacus- Albigny. Evidemment, cela passe toute mesure, et ce n'est pas assez de s'indigner contre l'audace grande. M. Steyert semble avoir relu son Molière pour y cueillir une de ces bonnes plaisanteries qui doivent coucher dans le ridicule., et du même coup, phonétique et phonéticien. D'aucuns, peut-être, auront
1 Pour expliquer Odenas, au moyen âge Audona, Odenncts, j'ai émis l'hypothèse d'un * Aldo, déduit de Aiderais, Aldiniacus M. Steyert déclareque Aldo et tousses dérivés sont germaniques. Nier la possibilité qu'Aida, Aldenus et Aldinius soient aussi gaulois, c'est méconnaître la parenté originelle des deux langues et oublier que l'inscription où figure Aldeni a été trouvée dans les Pyrénées et qu'elle est sûrement gauloise.
(2) Le premier exemple, à ma connaissance, d'un particulier appelé Charles dans le Sud-Est, est daté de l'an 1069 (Catt. de Domène, n> 47). Quand il y eut des princes de ce nom à Vienne, le sufnxe actes ne servait plus à faire des noms nouveaux.
la naïveté de croire qu*il eût été plus sage de consulter un bon traité de phonétique. Quoi qu'il en soit, il finit par s'écrier : « Parlons sérieusement », et cela ne va pas sans me rassurer un tantinet sur l'effet de la plaisanterie. J'avais dit et prouvé que 17 (y) des noms de lieux lyonnais est sorti de eu par la diphtongaison de Ye et la chute de Vu, puisque l'histoire de notre toponymie montre généralement la préexistence de eu a /' : Albineu. Aïbigny. Pour M. Steyert, la phonétique n'a rien à voir dans ce phénomène : la terminaison en i n'est pas le résultat d'une évolution phonétique; «elle s'est produite brusquement, elle nous est arrivée tout d'une pièce ». par un o caprice de la mode », comme Paris nous en a tant imposé. L'hypothèse, en soi. n'a rien d'invraisemblable : il est certain qu'il y a des régions, en France, où la forme parisienne en y semble bien s'être substituée à la forme indigène, par exemple le Poitou (1). la Charente (2). l'Yonne (3) ; mais, en bonne critique, on ne doit admettre cette influence de la langue de Paris sur la langue de la province que quand la phonétique locale est impuissante à rendre compte du phénomène étudié. Eh bien, ai-je démontré, oui ou non, que les noms lyonnais en y s'expliquent par le dialecte lyonnais, 'sans qu'il soit besoin de recourir à l'influence parisienne }. Là est uniquement la question. Voici ce que m'écrivait l'auteur d'une excellente Phonétique française. M. Bourciez, professeur de langues romanes à l'Université de Bordeaux (4) : « J'avoue que j'ai été un peu étonné, — et cependant vous l'avez prouvé, — de voir Albigni sortir de Albiniacus par l'intermédiaire Albineu. 11 faut alors admettre ieu, qui tantôt se conserve, tantôt par chute d'élément w se réduit à ie (vers xvie s. \) Et cette diphtongue est suivant les lieux, descendante i(e, d'où /). ou ascendante (ie). Tout cela est fort curieux ». Ce qui est curieux pour M. Bourciez et pour moi
(1) QUICHERAT, Op. C, p. 38.
(2) L'abbé Rousselot, Les modifications phonétiques du langage étudiées dans le patois d'une famille, p. 353 idans Revue des patois
(jallo-ronni ILs. (. IV): Eschausec devenu Echoisy.
•"> Revue des patois gallo-rom., t. II, p. 46, note: Yasseï/ devenu Vassy. — M. l'abbé Rousselot, le savant professeur de l'Institut catholique de Paris, si connu par ses beaux travaux de phonétique expérimentale, a trouvé des faits analogues sur d'autres points du territoire.
M. Bourciez m'a obligeamment autorisé à publier son appréciation.
ETYMOLOGIES LYONNAISES H3
aussi, a c'est de voir iacu aboutir à i (à côté de ié etieu
dans la même région) et par un processus très différent de celui qu'a suivi au nord Clippiacus pour arriver à Clichy (par iay) ». Puisqu'un romaniste tel que M. Bourciez a été un peu étonné de cette particularité de la phonétique lyonnaise, je n'ai pas le droit de trouver étrange que M. Steyert ait été étonné lui aussi; mais n'eùt-il pas dû reconnaître, comme M. Bourciez, que je l'avais prouvée ?
Au lieu de m'en tenir au fait de la distribution des noms lyonnais en ieu, ia, i, é-ié, j'aurais du, parait-il. chercher le pourquoi de cette distribution, si singulièrement capricieuse en apparence, et notamment rechercher « si des influences de races n'avaient pas dû provoquer ces dissemblances ». par exemple, s'il ne faut pas attribuer les noms en ieu à l'influence burgonde. M. Steyert voudrait faire rentrer l'étymologie dans le domaine du rêve où elle s ébattait jadis avec délices. Pourquoi, dans l'évolution phonétique d'un mot, des pays, même voisins, ne se sont-ils pas fixés au même degré de l'échelle phonique, les uns s'arrêtant en route, lesautres allant jusqu'au terme de l'évolution ? Pourquoi, par exemple, le mot fdbrum a-t-il donné, suivant le degré de latitude du midi au nord, fûbre, fauve, favre, faivre, fèvre? La science constate le fait et l'explique suivant les lois de la phonétique locale: quant aux raisons de ces lois, physiques, morales ou historiques, elle ne semble pas à la veille de pouvoir les déterminer. En particulier, rien n'est décevant en phonétique, comme de circonscrire tel phénomène dans telles limites politiques ou administratives. Quicherat, esprit si positif pourtant, avait cru voir une relation entre la distribution des noms de lieux en ieu et l'établissement burgonde; j'ai montré ailleurs que cette idée était démentie pas les faits (1). Je n'avais pas à y revenir.
Ajouterai-je que M. Steyert me reproche encore d'avoir négligé « d'étudier les variétés que fournit le patois » ? J'aime trop les patois, et depuis trop longtemps, pour n'être pas touché de cette sollicitude en leur faveur ; je léserais bien davantage, si le travail de M. Steyert prouvait qu'il les étudie autant qu'il semble iciles aimer. Mais qu'cùt-il dit si à la « cacophonie de la phonétique » gallo-romaine et médiévale, j'avais ajouté les cacophonies de la phonétique actuelle du Lyonnais et du
(1) Essai sur la langue vulgaire du Dauphiné septentrional au moyen âge, p. 144.
Forez '. Je ne connaissais pas et ne connais pas encore la prononciation locale de tous les noms lyonnais que j'ai cités; ce que j'en savais avait suffi à me convaincre qu'en effet, dans le Lyonnais comme dans le Dauphiné (1), la forme officielle ne correspond pas toujours, ou du moins ne correspond plus toujours à la forme actuellement populaire. Je n'ai pas cru nécessaire de greffer ce nouveau sujet sur le sujet que j'avais à traiter.