M. Rivet
quelque journaliste que ce soit, pour dire du bien de moi. Je me suis trouvé , et je me trouve encore dans une singulière position. La plupart de ceux qui ont pris mon parti , ne faisaient en général que prendre le leur en particulier, et combattre pour leurs idées, si tant est qu'ils en eussent, en faisant de moi une espèce de drapeau. Ils m'ont enrégimenté, bon gré, mal gré, dans la coterie romantique, ce qui signifie que j'étais responsable de leurs sottises, et ce qui a beaucoup ajouté, dans l'opinion, à la liste de celles que j'ai pu faire. Je me suis tiré de tout cela avec une très-grande modération dans mes désirs, et par une extrême confiance en moi-même; confiance qui est le talisman de la jeunesse, et que l'âge tend à affaiblir. Je n'entends pas par cette confiance une aveugle présomption, qui est le ridicule de quelques talents, même estimables; je n'ai jamais eu une estime exagérée de ce que j'ai fait : j'en ai toujours vu les défauts au delà de ce que pouvaient faire les juges les plus sévères, mais j'étais persuadé que ces gens-là n'y voyaient pas le bien qui y était ^ ))
« J'ai effectivement fini mon massacre n° 2. Mais j'ai eu à subir des tribulations assez nombreuses de messieurs les membres du jury. J'en aurais long à te dire sur ce chapitre.
« C'est ce matin qu'on a rouvert le salon. Ma croûte est placée le mieux du monde, de sorte que, succès ou non succès, ce sera à moi qu'il faudra s'en prendre. J'ai éprouvé en arrivant là-devant un effet abominable, et je ne souhaite pas que l'excellent public ait mes yeux pour juger mon chef-d'œuvre. C'est malheureux que je tombe à t'écrire un jour où je suis aussi vexé, mais ce sera pour