‹ Eugène DelacroixChapitre 32 sur 85 · Lettre à P · texte numérisé non relu

Lettre à P

ques lettres, et surtout j'ai eu dans l'illustre corps deux ou trois amis comme il n'en existe guère qu'au Monomotapa, qui ont pris ma cause en main avec une suite et une chaleur qui ont beaucoup contribué au succès ; en somme , quoique tardive, cette élection est utile et me semble plus à propos, à présent qu'elle est faite, que je ne me le figurais auparavant. Aux félicitations que je reçois, je vois qu'elle était presque nécessaire pour qu'une certaine partie du public me mît à une certaine place : cela a rassuré un bon nombre d'admirateurs, et quoiqu'il n'y eût rien de changé dans la valeur de l'homme et dans celle de ses ouvrages, il y fallait absolument l'étiquette K »

Un peu plus tard , toute idée d'ambition s'effaçait chez lui; il ne songeait plus qu'à sa santé; il se sentait vieillir.

11 écrivait alors de Champrosay :

« Hélas! sommes-nous si près de rentrer dans le rien, que nous en soyons à avoir des rejetons de cette taille ^ Défendons-nous néanmoins, il peut y avoir encore quelques bons moments dans la partie crépusculaire de la vie , témoin le plaisir que nous avons à nous revoir.

(c Je sens que si je vivais à la campagne, je pourrais peut-être me refaire une santé. Quoique depuis longtemps je vive à Paris à peu près comme un campagnard , quant aux distractions et à ce qu'on appelle les plaisirs de ce lieu-là, on n'y trouve pas la bénigne influence naturelle qui, à la campagne, agit sur l'imagination pour réagir sur le corps; là, on se sent au milieu d'objets amis et vraiment faits pour nous. Je ne puis me lasser de tout cela, ma

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