‹ Eugène DelacroixChapitre 5 sur 85 · Lettre à Félix G · texte numérisé non relu

Lettre à Félix G

En amour, assez froid, assez raisonneur, assez partisan de plaisirs faciles; en amitiés il était passionné, passionné de parti pris.

Il aimait tant ses amis qu'il ne voulait pas les voir se marier. Il ne pouvait pas souffrir qu'une femme vînt se placer entre lui et eux. Car, nous disait-il , quand je vais dîner chez toi, il faut encore que la chose plaise à ta femme , comprends-tu? Et nous comprenions très-bien.

Quand on s'occupait du mariage de S... : « Tu as trop d'amis, écrivait-il, qui te veulent beaucoup trop de bien. Ils t'ont rendu beaucoup de services, qui se sont trouvés leur être plus utiles qu'à toi. Décroche-toi, mon ami , vis libre de reconnaissance. Le zèle bien ou mal entendu de ceux qui te veulent tant de bien , ne vaudra pas une indépendance, si minime fût-elle. »

Pauvre Eugène! nous nous sommes tous mariés; lui seul est resté garçon. On ne s'est pas séparé pour cela. On a continué à se voir, à s'aimer; mais dans sa tenue, dans son abandon même, il s'était opéré un changement; il ne voulait pas de tiers en amitié.

Les vrais, les fidèles, les constants amis de Delacroix ont été les amis de sa grande jeunesse. Les relations du monde, même les plus intimes qu'il ait entretenues depuis, ont emprunté quelque chose de la gêne et des ménagements que les circonstances ou malheureuses ou militantes de sa vie leur ont forcément communiqués. Son véritable abandon et sa confiance la plus entière se sont portés sur les hommes qu'il avait connus et aimés dans sa jeunesse et qui se trouvaient placés un peu en dehors de ses travaux et de ses combats habituels.

Nous ne donnerons pas ici la liste des hommes qui ont vécu dans l'intimité de Delacroix; ils sont en grand nom-

bre , et plusieurs vivent encore ; mais tous témoigneront que , quand on l'avait connu un peu , on se mettait à l'aimer beaucoup. Un de ses amis mérite cependant une mention particulière : cet ami, c'est Jenny; Jenny Leguillou.

Molière avait sa servante, Piron avait M"*" de Bar, Delacroix avait Jenny. Delacroix la consultait sur toutes choses : sur la tenue de sa maison qu'elle gouvernait d'ailleurs arbitrairement, sur ses dépenses, sur le caractère et la valeur des relations qu'il entretenait dans le monde, sur les soins à donner à sa santé ; il la consultait, enfin, même sur sa peinture, car Jenny donnait son avis en cela comme en tout; elle témoignait de son amour pour l'art, et Delacroix y croyait, puisqu'il lui a laissé des œuvres de lui par attribution spéciale.

Jenny n'était pas une servante comme celle de Molière, elle ne vivait pas dans le genre d'intimité qui liait Piron à M"^ de Bar : c'était une Égérie gouvernante d'un ordre intermédiaire. Son origine et son passé avaient été trèsmodestes; mais, comme elle s'était successivement et profondément placée dans la confiance de son maître, la société intime et continue d'un homme de formes si gracieuses avait poli sa manière et éclairé son esprit.

On n'entrait qu'avec son agrément , et le plus grand nombre des visiteurs, au moins dans les dernières années, était sévèrement éconduit. Tout homme qui parlait trop ou surtout qui faisait trop parler, qui contrariait, enfin qui empêchait de travailler, était mis au ban de Jenny par Jenny elle-même, et il lui était impossible de pénétrer.

11 était assez difficile de déterminer si dans cette exclusion, presque générale, prononcée par Jenny, son

désir d'assurer son iniluence intérieure l'emportait sur le tendre intérêt qu'elle perlait à la santé de son maître; au moins c'était une opinion bien arrêtée chez elle, et qui n'a été que trop justifiée par l'événement, que le repos et le silence étaient indispensables à la santé de Delacroix; le monde et ses exigences devaient être mortels pour lui; le moindre excès lui était fatal ; l'air du soir, une veillée prolongée ou une conversation trop animée l'abattaient; il perdait la voix et se trouvait réduit à s'enfermer pour huit jours. Depuis les premières fièvres qu'il avait prises à Angoulême, à l'âge de vingt ans, jusqu'à sa mort, sa vie n'a été qu'une suite d'indispositions continuelles.

L'attachement éclairé de Jenny, en même temps que l'exercice d'une autorité toujours croissante , devait lui assurer un gouvernement sans contrôle. Celui-là conduit dans un intérieur, a-t-on dit, qui a le plus souvent raison ; et Jenny n'avait pas tort quand elle disait que l'amour du monde aurait tué Delacroix plusieurs années plus tôt, sans son active surveillance, sans ses anxieuses recommandations. Bientôt donc, personne ne put balancer son crédit, il n'y avait pas d'autre volonté que la sienne, et tout pliait' dans la maison devant cette volonté.

Cependant cet esprit si abondant, si pénétrant et si fort sentait le besoin de se répandre au dehors ; il demandait à s'aiguiser pour ainsi dire; c'était un feu qui avait besoin d'aliments, c'était un cœur qui voulait s'épancher, c'était encore un esprit armé brillamment qui cherchait quelque occasion de combattre. Combien de fois, dans nos promenades à deux, n'ai-je pas constaté son goût passionné pour la causerie ! Il parlait comme un homme qui parlait bien, qui aimait à parler, qui craignait souvent de

le faire, et qui pourtant serait mort de chagrin de ne pas pouvoir le faire. Cependant on n'aurait pu dire qu'il fût bavard; il ne se perdait pas dans ses développements et dans ses démonstrations, il allait allègrement tout droit au but et se résumait dès les premiers mots. Il fallut renoncer même à ces conversations ; Delacroix se plaignait fréquemment du mauvais état de son estomac; mais, certainement, c'était la poitrine qui, chez lui, était la partie faible : depuis longtemps le poumon menaçait de s'enflammer, sa mort l'a prouvé ; il a succombé à une hémoptysie. L'hémoptysie est un événement tout accidentel qui peut frapper l'homme à tout âge , mais qui ne se déclare généralement que chez ceux dont l'organe est prédisposé à l'inflammation par des tubercules de naissance ou par des excès.

Au milieu de tout cela, le monde, et je dis du plus beau, du plus instruit, du plus friand, du plus huppé, le recherchait, l'entourait, le poursuivait; les relations, les plus désirables à tous ses points de vue, se formaient pour lui et presque malgré lui; on voulait le voir, on assiégeait son atelier. Il y avait ensuite les causeurs inutiles, les flâneurs et les industriels. Nous avons vu que Jenny avait un flair admirable à l'endroit de ceux-ci; elle fermait courageusement la porte, et cet homme , si laborieux, si sédentaire en général, aurait pu, si on l'avait crue, passer pour le plus grand coureur du monde , car il n'était jamais chez lui.

On m'a raconté, à ce sujet, une particularité qu'on aurait peine à croire, mais qui s'explique assez bien pour moi par ce que j'ai vu chez lui pendant les dernières années de sa vie : quand un visiteur entrait, Jenny écoutait, dit-on, la conversation derrière la porte, et elle était, à

cela, bien et dûment autorisée. Le but de cette précaution était d'éviter à Delacroix la peine de lui rapporter ce qui s'était dit, et on n'avait plus qu'aie commenter.

On a reproché à Jenny d'avoir employé d'autres moyens pour obtenir un isolement plus durable et plus complet; on a dit qu'elle saisissait toutes les circonstances favorables pour éloigner les gens amis ou ennemis ; car tous , à ses yeux, paraissaient dangereux pour la santé et la tranquillité du maître., Il est certain qu'il y a eu des chagrins et des séparations, provenant de circonstances qu'un esprit , plus favorablement disposé que le sien , aurait peut-être facilement évités ; mais Jenny était maladive et nerveuse; sous l'empire de douleurs névralgiques, elle se montrait peut-être plus sévère et plus rancuneuse qu'elle ne l'était réellement. Elle a beaucoup aimé, il lui faut beaucoup pardonner. Il est un fait cependant qu'on a remarqué et que je dois constater à mon tour avec regret; c'est que, par suite de cette habitude d'isolement, peut-être aussi à cause de la saison qui tenait beaucoup de personnes éloignées de Paris , notre ami est mort seul , entre les mains de sa gouvernante, privé des consolations que lui aurait sans doute procurées la présence de quelques-uns de ses parents et de ses amis.

L'art d'écrire , chez Delacroix, est né de la nécessité de se défendre.

Il a fallu que, par sa forme personnelle d'abord, et ensuite par sa raison et l'élégance de son langage , il se fît pardonner l'horreur que bon nombre de ses contemporains éprouvaient à la vue de sa peinture.

Le style de Delacroix était simple comme sa pensée, et l'expression chez lui était juste comme son jugement. Il parlait et écrivait comme il pensait, c'est-à-dire assez

naïvement. Son esprit était sain , franc gaulois , sans ambages. Sensible, comme tout artiste, aux éloges qu'il recevait de ses œuvres , ce qui le flattait particulièrement c'étaient les allusions qu'on pouvait faire à sa gloire future. Il croyait à cette gloire dans l'avenir; on retrouve cette pensée partout chez lui , particulièrement dans cette disposition, deux fois répétée dans son testament, qui ordonne que tous ses tableaux et ses dessins soient vendus par adjudication publique après sa. mort : voulant ainsi en appeler à la postérité du jugement de ses contemporains.

Cependant , pour un homme qui rêvait de telles aspirations , ses prétentions semblaient être nulles ; il ne trônait pas , n'affectait d'importance avec personne ; il restait généralement simple, caressant et de bonne foi. Son style était l'image de ces dispositions personnelles : on n'y trouve pas d'enflure, de phrases prétentieuses ou arrangées. Quand il écrivait, il était évidemment plus préoccupé de ce qu'il voulait dire que de la manière dont il le devait dire : il croit à la chose qu'il explique, et il persuade.

D'ailleurs, c'était une théorie chez lui que cette simplicité d'expression. Yoici sa doctrine exposée dans une lettre à M. S... :

« Bien écrire, c'est exprimer en bons termes des choses intéressantes : tout l'art est là dedans. Un style n'est incorrect que parce qu'il n'exprime pas clairement ou suffisamment. On a son style, c'est-à-dire qu'on lui donne la couleur de son esprit; mais je me défie de ce qu'on appelle un style coloré, un style fleuri, un style orné.

« L'objet à rendre donne le ton. Si je m'aperçois d'une certaine pompe, d'une certaine recherche, l'auteur se

montre et l'impression diminue. C'est ordinairement lorsque la pensée est louche et creuse que l'auteur appelle à son secours la fausse parure, l'expression ambitieuse. La simplicité est ce qu'il y a de plus rare; c'est la perfection, puisqu'elle demande à la fois l'idée la plus saillante et l'expression la plus claire possible.

<( La brièveté est plus propre à négocier; elle gagne par son agrément ce qu'elle perd par son épargne. Ce qui est bon est deux fois bon, s'il est court, et, pareillement, ce qui est mauvais l'est moins, si le peu y est. Les quintessences opèrent mieux que les breuvages composés ; — ce qui est bien se dit en peu ^ »

On verra ci-après , à la troisième partie, comment il a mis ces principes en usage.

Delacroix, dans ses voyages ou dans la solitude de son atelier, reportait ses méditations sur son art et en même temps sur certains problèmes de la destinée humaine. Ce n'était pas un rêveur inquiet et maladif, comme on a pu le croire et le répéter; son esprit était juste, positif, classique même dans l'acception du mot. S'il frondait, s'il se plaignait quelquefois, c'est qu'il combattait par l'esprit. Un rapprochement, une remarque, une réflexion traversait sa pensée, et aussitôt il griffonnait à la hâte, sur le premier débris de papier venu, quelques mots rapides et vifs que, peut-être, il voulait employer plus tard et que, souvent, il n'a plus revus.

Nous avons recueilli avec soin plusieurs de ces pensées, écrites sur des albums ou sur le coin de papiers à dessins. Je les donne ici sans commentaires, et ceux de ses amis qui les liront retrouveront cette âme qu'ils ont

1 Lettre à S....

connue éprise de tout ce qui était grand et noble, qui cherchait son occupation, comme aussi sa récompense de tous les jours, dans les jouissances les plus pures de l'art et de la poésie.

C'est dans ses écrits qu'on peut juger véritablement Delacroix. Il écrivait, non pas avec peine, mais avec crainte ; rien de ce qu'il destinait à être lu au public n'est sorti de ses mains qu'après un travail longuement repris et retouché : il était timide et inquiet quand il prenait la plume, et c'eût été une raison pour moi de ne pas publier des notes tout à fait improvisées, si, en faisant lire à ses amis les confidences qu'il se faisait, pour ainsi dire, à lui-même, ce n'était pas une manière de leur rappeler ces épanchements si naïfs et ces conversations si piquantes et si animées dont sa douce intimité nous faisait jouir. Si donc, dans mes citations, j'ai dû respecter quelquefois jusqu'à des incorrections de style, on verra, d'autre part, que ses articles sur les grands peintres et sur le beau témoignent que, quand il en prenait le soin, aucune des ressources de la langue ne lui était étrangère.

Delacroix écrivait donc naturellement. Selon lui, rien n'était plus extraordinaire , rien n'était grand que le naturel. Delà l'admiration exclusive qu'il portait à la littérature du xvii'' siècle.

Ce n'était pas chez lui un paradoxe. Voici ce qu'il disait de Racine :

(( N'oublie pas, contrairement à nos idées de jeunesse, que Racine est le romantique de son époque; son succès, très-contesté dans son temps, vient du naturel de ses pensées, on lui a reproché de n'avoir fait que des gens de Versailles. Eh ! que voulait-on qu'il fît, sinon ce qu'il avait sous les yeux? Il a fait des hommes et surtout des femmes.

On vient de jouer PJicdre en italien, rien n'est plus comique, et ne relève davantage le piédestal de notre Jean. Cette langue redondante et bavarde fait le plus parfait contraste avec la naïveté élégante de son langage divin. 1/ actrice joue cela en faisant de grands gestes, c'est une Vénus de carrefour. Gela ne détruit pas l'éternelle jeunesse des caractères de l'old Williams, mais il faut réparer notre injustice, surtout quand nous devons, par-dessus le marché, éprouver de vives jouissances.

« Embrasse donc ton Bajazet à mon intention ^ » M""^ Sand , qui lui portait une affection sincère , ne voyait qu'une opposition inexplicable entre la verve audacieuse du peintre et les sages doctrines littéraires qu'il professait; mais Delacroix était de bonne foi, il se croyait sincèrement classique en peinture comme en toute autre chose; il cherchait le naturel partout; il était persuadé que la clarté et la simplicité étaient les premières conditions du beau, il accusait l'école nouvelle de manquer de naïveté dans l'inspiration et de simplicité dans le style. Il adorait Racine , il admirait Raphaël, mais il ne cherchait pas à imiter l'un ni l'autre. Il croyait qu'ils s'étaient bien inspirés tous deux pour arriver au beau ; il aurait voulu trouver la même voie pour arriver à produire luimême quelque chose de beau, mais non exactement la même chose. Il y avait aussi à cela, pour lui, plus de liberté: l'ornière tracée par Balzac et Victor Hugo donnait moins d'indépendance, parce qu'elle était tracée avec plus de soin et d'effort, et il croyait que toute ornière nettement creusée était fatale à la liberté et à l'activité de la pensée. Dans ses questions sur le beau -, il paraît toujours

'1. Lettre à M. S.

'2. Voir la IIP Partie.

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préoccupé de l'idée de détruire les théories exclusives, et il n'a pas pensé à tracer, à son tour, un système qui pût répondre à toutes les exigences du génie. Il ne croyait même pas qu'il y en eût un.

Parmi les artistes de notre temps qui ont écrit sur l'art, Delacroix s'est certainement placé ainsi au premier rang. Les publications dont nous parlons lui firent des jaloux. Plus l'homme se distingue, plus il doit rencontrer d'opposition envieuse, non-seulement à la surface, mais dans les profondeurs du monde qui l'entoure. C'est l'inconvénient de la célébrité ; elle semble troubler le repos de tous. Voilà pourquoi Delacroix était très -sensible aux critiques dont il était l'objet, et très - sensible aussi, d'autre part, aux louanges que ses amis et les hommes du métier lui donnaient souvent; il avait ses heures d'anxiété, pendant lesquelles il éprouvait réellement le besoin de ces suffrages qui réveillaient sa confiance en lui-même.

(( Je m'empresse de vous remercier de tout ce que vous dites d'aimable et d'encourageant, écrivait -il à M. Andrieu. Vous le savez, et tous les artistes le savent, les éloges sont le vent qui enfle la voile et qui nous pousse à aller plus loin; il faut être doué d'un bien grand amour-propre pour pouvoir se passer de l'assentiment des autres, et j'avoue mon faible à cet égard. Vous savez tous les petits chemins par lesquels il faut passer pour arriver à faire quelque chose de passable. Ne vous effrayez donc pas si vous éprouvez de la peine à rendre vos idées. Je vous ai dit souvent, et je vous ai prouvé que le grattoir était l'instrument par excellence; pour faire, il faut effacer. Ceux qui ont bien fait ont tous passé par là. »

Delacroix a écrit, pour la Revue de Paris et pour la

Revue des Deux Mondes , divers articles sur Raphaël , sur Rubens, sur Charlet, sur Prudhon, etc.; il en a fait d'autres sur le beau, sur les variations du beau, etc.

On les trouvera réimprimés ici ^

Indépendamment de ces écrits, qu'il livrait à la publicité, il écrivait, avons -nous dit, sur des albums, sur des feuilles volantes ou sur des papiers à dessins, des notes et des pensées de toute sorte.

Je les ai réunies toutes, et indépendamment de celles que j'ai rapportées dans l'histoire de sa vie, au fur et à mesure que je racontais les circonstances qui les ont fait naître, j'ai placé, à la fin de ce volume, les notes éparses que nous avons trouvées et qui traitent de sujets d'art, de littérature ou de philosophie.

Il en avait laissé, à ce qu'il paraît, beaucoup d'autres encore, qu'il a fait brûler sous ses yeux avant sa mort, disant que, s'il survivait, il les retrouverait facilement dans sa mémoire, et que, s'il mourait, il ne voulait pas qu'on en abusât. Or, s'il n'a pas détruit les premières, il n'y aura pas d'indiscrétion à publier les autres. C'était d'ailleurs la meilleure manière de bien faire connaître Delacroix, et ce livre n'a pas d'autre but.

Delacroix a dit, en parlant de Raphaël : « Presque toujours, les événements de la vie des peintres ont été arrangés selon le caractère qu'on leur supposait d'après leurs ouvrages. » Delacroix est trop près de nous pour qu'on puisse adopter cette méthode à son sujet; cependant, si la postérité voulait un jour recomposer son caractère, ses habitudes et les détails de sa vie d'après les peintur-es qu'il a laissées, quelle opinion devrait -elle se

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