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Comme étaient les chariots chez les barbares

482 ESSAI SUK LES AUTISTES.

rite est plus grande, l'émulation et la confiance réciproques, etc , les coups seraient plus justes. La panique a plus d'effet sur un corps nombreux et les conséquences en sont plus funestes. — Ces cavaliers que Chenavard a vu mettre en déroute par un coup de pistolet...

La pièce d'artillerie serait chargée de porter, avec ses artilleurs, un petit convoi d'infanterie pour la défendre et pour profiter impétueusement et à courte portée de la trouée faite par la pièce.

Ne pas faire consister l'honneur à s'exposer sans défense. Protéger surtout les officiers; leur donner buffles ou cuirasses, si on n'en veut pas donner aux soîdats. Mais la sotte vanité française se révoltera contre ces mesures de prudence. Quand on vit en 1815 les officiers anglais se promener en uniforme avec un parapluie, on les trouva ridicules ; on trouverait déshonorant de se couvrir devant l'ennemi d'armes défensives propres à ménager la vie des hommes.

Voici ce que je trouve dans la Revue britannique à propos de marine , et par conséquent de guerre. Il est question de canonnières à substituer aux grands vaisseaux :

c( En y réfléchissant, on est forcé de reconnaître

que le développement des proportions est, dans les bâtiments de guerre, un grand élément de danger. Leur petitesse, au contraire, est un motif de sécurité. La flotte turque, à Sinope, fut détruite en un clin d'œil par des bombes à la Paixhans tirées horizontalement par les batteries basses des Russes. Le général Paixhans dit : Le canon qui tire les bombes et obus horizontalement détruira les vaisseaux d'autant mieux qu'ils seront plus grands, etc. Ne serait-il pas mieux, au lieu de mettre sur un seul vais-

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seau de haut bord 80 ou 130 bouches à feu avec un millier de marins, et d'exposer une telle quantité de res^ sources militaires et de vies précieuses à périr subitement, d'employer la même dépense de frégates de petites proportions ou de canonnières, etc.? Avec une arme dont l'eflet est très-deslructeur, l'avantage sera évidemment pour celui qui pourra donner à son arme plus de justesse et de portée, etc., etc.

L'inconvénient qui frappe ici pour la marine ne serat-il pas le même pour les armées de terre? Tirer sur des masses ne sera-t-il pas le moyen d'anéantir un plus grand nombre d'hommes? Des petits corps séparés, sachant se réunir à propos, n' auraient-ils pas un grand avantage? En 185Zi , avant les épreuves dont parlent ici des marins, j'avais déjà pensé, comme on le voit plus haut, qu'en vue des armes plus meurtrières , la tactique devait être changée.

Il est à la mode depuis quelque temps , parmi les militaires qui ont de la littérature, d'écrire leurs campagnes, comme si chacun d'eux était Alexandre ou César. C'est la guerre anecdotique, comme on a pris l'habitude d'écrire aujourd'hui l'histoire des nations, aussi bien que celle d'un individu ou d'une simple famille. C'est un genre bâtard qui, comme tout ce qui sort de l'ordre ordinaire, c'est-àdire de ce que le sens humain a classé depuis longtemps, ne peut qu'égarer les esprits. Que peut dire sur une bataille tel officier qui n'a présidé ni au plan ni au développement de l'action ? Il y a tel soldat qui n'a vu dans une bataille que le sac de son chef de file. L'horizon pour l'officier n'est guère plus étendu : on ne lui demande que d'exécuter les ordres qui lui sont transmis par un supérieur: et ce supérieur n'est le plus souvent lui-même

qu'un intermédiaire fort éloigné de communiquer directement avec le général en chef. La ressource du subalterne qui se mêle de donner ses impressions sur telle action le conduira nécessairement à passionner certains détails relativement peu importants et à les grandir d'une manière ridicule. Je doute fort que Napoléon , dans son temps , où on généralisait davantage , habitué lui-même à généraliser plus que personne et à voir en grand, eût donné son approbation à des récits empreints de la sentimentalité moderne à propos de la blessure de celui-ci ou de celui-là, de la neige incommode à souffrir, du chaud et du froid, des perspectives pittoresques ou des élégies privées à propos d'un soleil couchant, ou d'un champ de bataille et de ses accompagnements, hélas! nécessaires. Je crois qu'il eût vu de mauvais œil ces espèces d'illustrations de la gu-erre, qui est un métier qu'on doit faire sérieusement et surtout sans cet accompagnement d'attendrissement à tout propos. C'est à endurcir ses soldats, à les prémunir, au contraire, contre toute sensibilité, qu'il se fût appliqué.

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