Extrait du livre de notes, écrit de la main de Delacroix
manquer d’arriver à être, à soixante ans au moins, membre de la quatrième classe de l'Institut. »
Et il continue :
« J’ai eu de très-bonne heure un très-grand goût poulie dessin et pour la musique. Un vieux musicien, qui était organiste de la cathédrale de Bordeaux où mon père est encore préfet, donnait des leçons à ma sœur. Pendant que je faisais mes gambades dans le salon où ces leçons se donnaient, ce brave homme, qui d’ailleurs avait beaucoup de mérite et avait, par parenthèse, été l’ami de Mozart, remarquait que j'accompagnais le chœur avec des basses et des agréments de ma façon dont il admirait la justesse, et qui annonçaient une véritable aptitude musicale. 11 tourmenta même ma mère pour qu’elle fît de moi un musicien b »
Cependant Eugène Delacroix n’étudia pas la musique, et fut mis au lycée impérial à l’àge de neuf ans.
Malgré les brèches nombreuses que la mort a faites parmi nous, il existe encore plusieurs camarades d’étude de Delacroix : ils pourraient certifier que c’était un bon écolier, suffisamment appliqué, sinon très-studieux, mais raisonnable et réfléchi. 11 ne se livrait pas volontiers aux exercices du corps; il n’était pas des plus forts aux barres ou à la balle, mais il étudiait, lisait assez assidûment, si bien que lorsque les événements de 1814 et de 1815 arrivèrent et vinrent troubler les études au lycée impérial comme beaucoup d’autres choses, il ne se trouva pas trop distancé, et il put reprendre, à Louis-le-Grand, une place raisonnable dans ses classes supérieures. Alors il se mit à étudier avec un grand intérêt les auteurs anciens,