Extrait du cahier maiiu-nTit
La révolution de 1830 et son voyage au Maroc devaient donner, chez Delacroix, cours à d’autres idées. Cependant, de 1827 à 1830, il continua de travailler, et il lit beaucoup de tableaux. Il recherchait les riches étoiles, il s’inspirait du modèle seulement pour la couleur et la saillie, tout en cherchant à faire prévaloir l’expression et la vérité ; mais il paraissait peut-être encore manquer de maturité dans la conception et d’inflexibilité au moment de l’exécution, ainsi que nous l’avons vu à l’occasion du Sardnnapale.
Il y eut des articles très-curieux faits à l’occasion du Salon de 1827. Nous avons raconté que M. Vitet reprochait à l’auteur de Murino Faliero d’avoir choisi le type de l’orang-outang pour représenter quelques sénateurs vénitiens. Voilà comment on traitait alors notre pauvre Delacroix ! Pourtant le même critique ajoute que, « sous le rapport du coloris, il est d’une force et d’une richesse admirables, que Delacroix a toujours le sentiment du ton vrai, et qu’il le trouve toujours sur sa palette. Mais aussi qu’il tombe, par une route opposée, dans le même excès que l’école de David, c’est-à-dire qu’il sacrifie l’art à la réalité au lieu de le sacrifier à l’idéal. »
L’ idéal ! la réalité ! voilà les grands mots prononcés! Examinons donc un instant ce que c’est que cet idéal dans l’art qu’on prétend que Delacroix a sacrifié. Personne ne me parait avoir aussi bien compris la question et ne l’avoir aussi nettement exprimée que lui-même.
« Serait-il trop hasardé, écrivait-il1, de dire que Y idéal est ce qui va à l’idée, imitée ou non, et le réalisme , l’expression plus réelle des objets dans l’imitation qu’en