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beautés de la patrie céleste, il éprouvait .un bonheur sensible à s’entretenir des délices que l’on Y goûte. ‘ Que le cie] doit-être beau ! Que les Anges et les Saints doivent être heureux! disait-il avec des Soupirs qui faisaient voir son mépris, pour les plaisirs de la terre, et l'ardeur de ses désirs pour les biens de l’autre vie.
“Et ainsi ceux qui vivaient un peu plus dans l'intimité de cette belle jeune âme pouvaient la voir s'euflammuant tous les jours de plus en plus de ce feu qui s'allume dans Ja iéditati. On, in meditatione meû exardescet ignis : sous l'action de ce feu vivifiant, ils Ja voyaient se Purifiant, se dégageant des affections terrestres, puis, dans sa tendre jeunesse, s'élevant
jusqu'aux régious sublimes de l'amour où les âmes saintes di.
sent en soupirant : guam sordet terra dèm aspicio cœætum ! Ce désir du ciel qu'il avait puisé dans l’oraison Je conduisit tout naturellement à aimer beaucoup le culte des saints, ces bienheureux citoyens de Ja patrie. Il aimait à connaître chaque jour quelque traic de la vie du Saint dont où célébrait la fête, et la vertu dans laquelle il avait excellé Il y en avait un certain nombre qu'il honorait d'un culte particulier et quil invoquait tous les jours. C'était St Antoine de Padoue, patron du Séminaire, St Louis de Gonzague et St Stanislas de Kostka, modèles et protecteurs de ja jeunesse, et St Thomas d'Aquin, à cause de Ja Milice Angélique, dont il faisait partie. Eugène ne manquait pas d'invoquer souvent Je Saint martyr dont le corps repose dans la Chapelle du Collége. Il avait aussi une grande dévotion à St Joseph. Chaque année il faisait les exercices du mois de Mars qui est consacré à honorer ce grand Saint, Tous ies jours i] priait St, Joseph pour obtenir une bonne mort. Il avait exprimé le désir de mourir à l'Hotel-Dieu, Parcequ'il avait entendu dire que les religieuses priaient St.
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ff Joseph d'assister au moment; de la mort tous ceux qui ter. Winaient leur vie dans cette maison, Ses écrits avaient toujours en tête les noms de Jésus Marie Joseph. Le soir, avant de se mettre au lit, il avait coutume de P'ononcer trois
fois ces saints noms en faisant trois signes de croix, sur le
front, sur la bouche et sur le cœur.
Mais la dévotion principale d'Eugène, surtout dans les cinq ou six derniers mois de sa vie, la dévotion qui fut le sujet presque continue] de ses méditations, ce fut Ja Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ, I] faisait constamment oraison sur l'amour du Sauveur au milieu de ses souf: frances et de ses humiliations ; et ce n'était presque jamais Sans verser des larmes de repentir et de CoOmpassion, C’é6tait dans cette méditation qu'il puisait toute l’ardeur de son amour pour Dieu et son horreur pour le péché, Son désir de s'occuper de Jésus souffrant était tel qu’étant malade 66 ne pouvaut plus lire à cause de l'épuisement où il était réduit, il demandait à l'un de ses maîtres de Jui lire quelque circonstance de la Passion,
La lecture et la méditation de lImitation de Jésus- Christ avaient aussi pour Eugène un attrait tout particulier. Il lisait ce livre avec une sainte avidité ; car :] y trouvait un adoucissement à tous les MaUX. une consolation dans toutes les peines. C'était son COMpagnon habituel, surtout dans ses maladies, où il ne pouvait s'occuper d'études sérieuses,
Daus une circonstance, comme il éprouvait un peu de peine à se trouver malade, à cause du temps qu'il perdait et par cequ’il ne pouvait plus suivre le règlement de la communauté, on lui conseilla d'aller réfléchir devaut Dieu sur les avantages que la maladie peut procurer à l'âme. Alors il prit un livre de méditation, puis il alla devant Je St. Sacrement :
faire oraison, Au retour, il avoua qu’il êtait grandement
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1.62 soulagé et qu'il se souniettait de bou cœur à la volonté de Dicu. :
Eugène comprit que la maladie est le temps le plus précieux de la vie, le temps où l’on amasse le plus de richesses spirituelles, plus même que dans la santé : il sentait que la maladie est un doux puryatoire pour l'âme, qui acquitte ainsi en peu de temps la dette qu'elle avait contractée par le péché. TI] considérait encore la maladie comme une prison où les vices sont heureusement enchainés : comme un solitaire aiguillon qui nous fait avancer dans le chemin de Ja vertu ; comme un martyre lent qui consacre les Saints et les prépare pour le ciel. Il est facile de comprendre qu'avec de pareilles dispositions, développées et rendues plus ferventes de jour en jour par la méditation, Eugène soit devenu, quoique bien jeune. une de ces âmes peu nombreuses dont parle l’auteur de l’Imitation quand il dit : pauci ex infirmitate meliorantur.
Il médita aussi sur l'héroïsme de Ste. Thérèse, qui disait sans cesse À Dieu: où souffrir, où mourir; paroles qu'il citait souvent avec admiration et qui servirent beaucoup à soutenir son Courage au milieu des souffrances aigues qu’il eut à endurer. C'est ce désir d’imiter Notre Seigneur et les Saints dans leurs sonffrances qui lui faisait dire À un de ses condisciples, peu de temps avant d'être atteint du mal qui nous le ravit, qu'il aimerait à mourir d'une maladie qui le fit souffrir dans tous ses membres comme les martyrs, Il fut exaucé; car bientôt une fièvre nerveuse le saisit, et lui fit endurer des douleurs aussi aiyues que «si tout son corps ne fût devenu qu'une plaie, ° #