DERNIÈRE MALADIE D'UN ÉCOLIER VERTUEUX
Avec tes dispositions que nous avons remarquées dans notre pieux élève, il nous est facile de comprendre qu’il fit de grands
progrès dans la vertu. La première éducation religieuse
donnée avec tant de soins par sa pieuse mère, les grâces toutes particulières dont Dicu j'avait prévenu en le retirant loin des dangers du monde pour le placer dans une maison d'éducation où il put nourrir sa piété, comme orner son esprit de connaissances utiles ; tout cela, apprécié par un esprit animé d’une foi très-vive, élaboré dans un cœur ardent et rempli de générosité, contribuait à l’enrichir de mérites pour le ciel. C’est à l’âge des passions, alors que la vertu du plus grand nombre éprouve de si terribles échecs, qu'Eugène avançait plus rapidement dans la perfection, de manière à étonner ceux qui étaient en position de le connaître. En effet, le torrent de passions sans frein peut précipiter en peu de temps dans un abîme de maux ; mais si ce torrent est bien dirigé ; s’il est dirigé du coté de la vertu, il peut faire parvenir en peu d'années à une sainteté consommée. Les
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efforts continuels qu'Eugène a faits pour diriger tous les sentiments de son cœur vers Dieu, et les détourner de tout attachement aux objets créés, ont été regardés avec raison comme la cause principale de sa sanctification. Quand la volonté et le cœur sont entièrement à Dieu, il en coûte peu de Lui sacrifier le reste.
À l'âge de seize ans, Eugène était déjà mûr pour le ciel ; et Dieu voulut cueillir dans cette jeine plante les beaux fruits provenant de la rosée de ses bénédictions. Mais Dieu voulait aussi le faire auparavant passer par lecreuset des souffrances, et le purifier de la poussière du monde qui s'attache presqu’inévitablement a toutes nos œuvres, les plus saints en apparence. Par des maladies de ses premières années de Collége, Eugène s'était cxercé à profiter de ses souffrances, et se trouvait ainsi préparé à subir les terribles épreuves d'ane dernière maladie.
Le 8 Décembre, 1858, jour de l’Immaculée Conception de le Sainte Vierge, Eugène ne put qu'avec difficulté communier et entendre la messe basse ; il fallut lui interdire les autres exercices de la journée. lé lendemain la fièvre ayant pris un caractère plus sérieux, on le mena à l’hôpital. Du. rant les premiers jours, comme dans toutes les autres circunstances où il avait été malade. il récitait son chapelet son office de la Ste. Vierge, faisait sa lecture spirituelle. allait à ia chapelle entendre la messe et faire sa visite au St. Sacrement. Les reliuieuses hospitalières furent édifiée: et firent les plus grands éloges au directeur du collége sur la piété ct la modestie de cet écolier vraiment modèle,
Lé 13, la fièvre fit de grands progrès et commençait déja
à prendre un caractère inquiétant : elle était accompagnée d un mal de tête qui ne lui fermettait d'onvtir les jeux qu en endurant les douleurs les plus vives. La principale pré-
es occupation de son esprit, dans les jours suivants, fut de déut siver un prompt rétablissément pour se trouver au collége à | ai la fête de Noël. " li. | Il se réjouissait d'avance du bonheur qu'il s’atten- il: le dait d'éprouver en ce beau jour. Mais la maladie continu- | | aut à progresser, lui enleva l’espoir d'obtenir cette satisfac- q et tion. Bientôt il fut réduit à un état de faiblesse tel qu’il ne f' ts pouvait plus se lever de son lit, Son extrême modestie empé- | te Chait les religieuses de lui prêter tous les secours qu’elles au- | f- raient pu lui rendre même sans blesser cette délicate vertu. a- Il s'exposa à de grandes souffrances plutôt que de demander ts nn l'assistance qui lui aurait apporté du soulagement. (C'était | le | De la plus grande affliction de sa maladie, et la seule dont il se 1 s, plaignit, que d’être cloué sur son lit et de ne pouvoir chan- | es ger de position sans réclamer un secours qui lui était absolu- ‘| went nécessaire. Us le Dans le temps de ses plus grandes souffrances, quand la ll j- , force du mal lui arrachait des cris involontaires ; on lui de- | A - 7 mandait s'il souffrait beaucoup : il n’osait pas répondre par at humilité ; il se contentait de pencher la tête d’une manière | . à inspirer du doute sur la violence de la douleur. Quel- | S- qu’un lui ayant demandé s’il pensait souvent à unir ses souff- frances à celles de Notre-Seigneur, il répondit qu’il pensait la de temps en temps aux paroles de St Jean de la Croix S'ei- 1 à gnenr, souffrir et être méprisé pour vous, paroles qui l'avaient À I PA frappé daus une méditation qu’il fit le jour de la fête de ce ( et saint. Ainsi Eugene remerciait-il Dieu qui lui donnait la l : plus grande preuve de son amour en le faisant souffrir. ct l à par là lui donnait aussi quelque ressemblance avec son cher mn rédempteur. Il fit à plusieurs reprises pendant sa maladie le | n sacrifice de sa vie, et'en même temps il versait des larmes
de joie, tant était grand le désir qu'il avait d'aller au ciel.
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Puis il s’abandonnait entièrement à ja volonté de Dieu, sachant que tout ce qui devait arriver contribuerait à la gloire de Dieu et au salut de son âme,
Pendant sa maladie, il aimait beaucoup à se trouver seul. Il ne recevait avec plaisir que la visite des prêtres, parcequ’il en attendait quelques paroles d'encouragement et de con- #olation spirituelle,
Le 21, la fièvre était devenue si violente, et Eugè souffrait tellement, qu’on commença à craindre beaucoup pour sa vie. Alors on lui demanda s’il aimerait à se confesser; il accepta volontiers cette proposition comme une grâce qui devait le rendre plus heureux au milieu de ses souffrances,
Le lendemain, il fallut songer à l’administrer, car on craignait que l’inflammation ne se portât au cerveau. Avec que] bonheur il apprit qu’on allait lui donner Je Viatique ! Après s'être préparé pendant quelqnes heures, il se confessa de nouveau, puis il demanda: ‘ Quand Communieraï-je ? a
Dans quelques instants.—Quoi / tout de suite, répéta-t-il plusieurs fois: Oh / Que je suis content ! Le sourire sur les lèvres, il ne savait comment apprécier l'amour de Notre-Sei. gneur qui venait le visiter. s'unir à lui, etle consoler au milieu de ses souffrances. U'est à quatre heures de l'après-midi quil reçut le viatique. Vers onze heures, l'inflatimation se déclara au cerveau. en sorte qu'il n'avait de que par intervalles assez rapprochés.
Le 23, dans la matinée, craignant pour lui une fin prochaine, on lui donna l'extrême-onction, qu’il parut un instant confondre avec les cérémonies religieuses de | il avait reçu la communion.
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moments lucides
a veille où Lorsqu'il vit arriver le prêtre pour lui donner les onctions, il se dressa sur son lit et ouvrit la bouche comme pour communier, en disant : où est-elle l'hostie, je ne la vois pas. :
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Après qu'il cut regu l'Extrêmel'Indulgence in ayrticulo mortis.
dans des accès de délire as
* &neür de St. Hyacinthe alla 1 et la joie d'Eugène furent
plus longtenps toutes ses facultés. I] comprit parfaitement les paroles d'édification que Monseigneur lui adressa ; puis il répéta les prières et les invocations à Jésus-Christ, à la Ste. Vierge, à son Ange Gardien, et à son S furent suvgérées.
onction, on lui accorda :
Toute la journée se passa :
SeZ Souvent répétés. Monsei- .
e visiter ce jour-là. . La surprise si grandes qu’il conserva cette fois
t. Patron, qui lui
Le soir du même jour, Eugène tomba dans un état de faiblesse si grande que l’on crut la mortimminente. Il demeura “près d'une heure sans presqu’aucun mouvement. Mais enfin, les remèdes aÿant produit quelqu’effet, on le vit revenir graduellement dans je cours de la nuit, en sorte que le matin nonseulement il avait parfaitement sa Connaissance, mais il Paraissait encore a voir recouvré quelque force. Après s’6. tre confessé facilement, il demand festant un grand désir de Ja recevoir. On crut ne pas devoir la lui accorder, vu qu'il n’y avait pas.encore deux jours qn'il avait Communié en viatique, (Ce jour-là et les suivants, il exprima souvent le désir d’être purifié dans le sang de Jésus- Christ par l’absolution. Ça me fait du bien, disait cet
enfant plein de loi, je suis après cela plus fort, plus heu. reux, ?
a la communion en mani-
Le faible espoir que l’on avait concu le matin S'évanouit ] Ï
bientôt ; vers midi le mal fut jugé à peu près sans remède, Dans l'après midi. on lui annonça que bientôt il aurait ensore le bonheur de recevoir Je Saint Viatique : alors il lova les YEUX au Gel, et, avec une vive émotion.il s'écria : Oh ! Mon : Dieu ! Mon Dieu ! ” En le préparant à cette grande action, où lui parlait du bonheur qu'il devait éprouver, à l'occasion
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de la fête de Noël qui avait lieu le lendemain, d'avoir quelque trait de ressemblance avec l'Enfant-Jésus, en souffrant dans sen lit comme Jésus dans sa crèche; de pouvoir mêler ses souffrances à la satisfaction que Jésus présentait à son Père pour les péchés des hommes et pour les siens en parti: culier, comme s'il eût été seul dans le monde; et encore, d'offrir son cœur pour berceau à son divin enfant qui pleure, qui gémit de ce qu'il est rejeté de tant d'hommes, et méme par beaucoup de chrétiens qui ne veulent pas le recevoir ; et on exhortait le jeune malade à consoler l'Enfant Jésus par l'ardeur de son amour.
Souvent, pendant cette exhortation, Eugène interrompait le prêtre par ses soupirs et ses exclamations. ‘Oh! que je ‘ suis heureux, que je suis content! Oh, que Jésus est ‘6 bon, et moi qui suis si méchant! * Pendant que l'on allait chercher les saintes espèces, l1 religieuse qui lui donnait ses soins, lui dit : Kugène, vous allez done recevoir le bon ‘6 Dieu Oui, répondit-il, je vais communicr : quel bon- “heur ; O bonheur ! Laissez-moi seul, ma sœur, ?”
Quelques instants aprè: ele lui dit : voici le bon Dieu qui approche. ” + Je ne croyais pas, dit-il, qu'il viendrait si vite : Oh ! bonheur!” Presqu'aussitôt que la cérémonie fut terminée, Huyène devint »n proie à des souffrances si vives, Qu'il parut oublier l'action qu'il venait de faire, et il se mit à parler en élevant la voix. Alors la sœur lui dit: « est-ce ss que vous ne vous rappelez pas, Eugène, que VOUS venez “ de revoir Notre-Seiyneur, il est dans votre cœur... “6 adorez-ie...
“ Ah! que c'est pitoyable, dit Ie malade. je l'avais déjà oublié ! puis il se recucillit. Dicu parut alors inonder son âme de consolations, et embraser son cœur de amour le plus ardent. Depuis ce moment jusqu'à la mort il demeura cons-
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quel.
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tamment uni à Dieu. Souvent sa poitrine se gonflait et il poussait de profonds soupirs en disant : que vous êtes bon, 6 mon Dieu, que vous êtes bon !
L'excellence des sentiments dont était remplie l'âme d'Eugène avait déjà produit sur tous ceux qui le voyaient une grande impression. Mr. le Directeur du collége annonçant aux élèves que leur jeune et pieux confrère venait de recevoir le St. Viatique avec des sentiments extraordinaires de piété, en sorte que tous les assistants en étaient émus, leur disait : ‘“ Je ne puis pas encore parler; mais vous apprendrez plus tard ce qu'il en est.’ Cependant, il le recommanda à plusieurs reprises à leurs prières, disant que c'était pour eux un devoir de reconnaissance à cause des exemples de vertus que ce pienx confrère leur avait donnés...
La veille de Noël au soir. le directeur d’Eugène lui fit faire les aites nécessaires pour gazner les indulenses plénières auxquelles la confrérie dont il faisait partie lui donnait droit à l’heure dela mort. Puis il lui demanda s’il désirait aller au ciel bientôt. Pour toute réponse il leva les yeux au ciel, en soupirant,* Aimcrais-tn, Eugène, à mourir des suites de cctte maladie ? ?
” Son émotion fut plus vive encore, et il dit :
Ah! Monsieur, que je serais content ! ” ‘€ Alors, lui dit le prêtre,puisqne tu attends la mort prochainement, et que tu la désires, comme devant mettre fin à ton exil sur la terre, Mr, le Supérieur, pour t'ouvrir les portes du ciel te fait part d’une des indulgences plénières à l’article de la mort qu'il a obtenues du Pape pour lui même et un certain nombre d’autres, à son choix — Ah! que Mr. le Supérieur, est bon, remerciez-le pour moi ! Puis s'étant excité à la contrition parfaite de tous ses péchés, il répéta plusieurs fois avec un profond accent de foi et d'amour le saint nom de Jésus pour remplir toutes les conditions de cette indulgence,
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Toute la nuit de Noël, Eugène s'oceupa du mystère touchant de cette grande solemnité. Plustours religieuses vinrent tour À tour Jui inspirer de pieux sentiments, ou'faire tout haué leur oraison auprès de son lit. Elles remarquèrent qu'aussitôt qu'elles parlaient de l'amour de Notre-Keieneur ens’incarnant pour sauver les hommes, il ne pouvait contenir sa vive émotion, Aus elles étaient Lenrenses d'être témoins des saintes dispositions de cc pieux écalier, de même que tous ceux que le visitaient s’en retournatent pleins d'admiration à la vue des exemples d'humilité et de patience qu'il ne cessa de donner.
Après qu’il eut pris un peu de repos, la sœur Ini demanda quelque temps après son réveil; “ savez-vous, Fugène, que c’est aujourd’hui le jour de Noël.? — Est ce possible ? quoi le jour de Noël... et je n'y avais pas encore pensé! Ah! que c'est pénible... Mais je n'ai pas commuaié ce matin” : et ilse mit à pleurer. Pour le consoler. la religieuse lui rappela qu'il avait eu le bonheur de faire la Ste communion la veille .… et que bientôt il verrait Jésus, au ciel, — 4 Je ciel ! le ciel ! ....., Est.ce que je n’y irais pas ? ...., Oui. oui, j'irai ‘au cie], ” Chaque fois qu ’on lui a rappelé le jour de la mission de Notre-Seigneur, il a tonjnurs témoigné de vifs sentiments de joie. d’amonr, et de reconnaissance, — # Quoi, disait-il, ‘le Fils de Dieu se faire homme par amour pour nons ! quelle bonté ! ..... Les noms de Jésus et da Marie étaient à chaque instant sur ses lèvres. (était comme un adoucisement à ses souffrances, car tout ce jour il fut en proie aux donleurs les plus aigues dans tons sos membres, comme si son COUPS n;avait été qu'une plaie, La violence de la douleur lui arrachait des cris involontaires: mais ces crie ne survalent qu’à mieux faire ressortir son courage et sa piété qui
se manifestaient aussitôt par les paroles les plus tonchantes,
sui Pour Je Consoler, on lui disait :4 tn ressembles plus à No- Se “tre-Seigneur en souffrant, tu dois être heureux, c’est la plus que | ‘ grande preuve qu'il puisse te donner de son amour, chaque rs souffrance t'élevera d'un degré de plus au coke,
Lu * Ah ljele sais, dixait-il, et c’est pour cela que je souffre, ”’ Me Comme on Jui demandait encore s’il était heureux de "He souffrir : Oh! oui, dit-il, mais l'Enfant Jésus a bien ce plus souffert que moi dans la crèche, ”
aie Au milieu de ses plus grandes souffrances on lui disait :
Er ‘* Dieu te procure Ja grâce de te purifier entièrement dès cette
vie, afin que tu puisses aller au ciel plustôt : il vaut mieux
da souffrir snr la terre que dans le Purgatoire où les peines sont
1 Re encore plus terribles quoique moins efficaces, ‘ Mais, Dieu,
ile dit-il, qu’elles doivent souffrir, ces pauvres âmes ! On n'y
b! pense pas sur la terre. À de Voulanc l'encou ‘ager en Jui moutrant la Mort comme le | Ne terme de ses souffrances, quelqu'un lui:dit : tu achèves de is souffrir; courage, tu seras au ciel bientôt. "— Son humilité l : + < S'alarma, car il s'attendait À souffrir longtemps dans Je purni vatoire, éroyant n'avoir rien fuit pourle ciel. Ah! ré- | ne | pondit-il, ne me dites pas cela, croyez-vons que j'ai plus de
ss mérite qu'un autre ?
-il, Cu 5 Mais il se fait tant de prières pour toi, que Dien, je Pes- | ae père.te fera miséricorde. f:
vi “Ah! priez, priez pour moi car j'en ai grandement besoin. | a s Eugène se reCOmmandait toujours aux prières de ceux qui | Are le visitaient. Lorsqu'on lui annonça que tous ses confrères du | P° Collége avaient offert leur Communion de Noël pour lui et qu'il | Ga ÿ avait toujours quelqu'un de ses coudisciples à Ja chapelle | Fi occupé à prier à son intention, alors, ému jusqu'aux larmes, | :
il dit: Oh! qu'ils sont bonsl remerciez, je vons prie, remerci- €ez mes confrères pour moi.”
TB
: Eugène ne mourut pas sans avoir réfléchi sérieusonent sur lex deux alternatives qui attendent l'âme au delà de cvtte vie. L'enfer et le ciel se sont tour à tour présentés à son es” prit : l'enfer avec ses horrcrirs, pour exviter sa crainte: le ciel avéc toutes ses délices pour angrienter l’ardeur de ses désirs. L'un et l’autre étaient de nature à produire en son âme un abandon paifait à la miséricrde de Dieu, une confiance sans | borne dans les mérites de Jésus-Christ et une reconnaissance éternelle à l'égard du Fils de Lieu qui nous préserve par Fa mort de peines infinies, et nous acquiert un si riche héritage au prix de son sang. La foi semble devenir plus vive aux approches de la mort ; elle parait éclairée à la fois et par la brillante Inmière du ciel et par les sombres lueurs du feu de l'enfer. Aussi, en pensant aux supplices des réprouvés, Hugène s'écriait : “ L'enfer ! … que c'est effrayant .. pauvres « mes, qu’elles souffrent ! Le feu, le feu. que cela est ter- & riblel”’— La religieuse qui était à ses côtés lui présenta sa croix en lui suggérant des sentiments de confiance en Ja miséricorde de Dieu.— ‘ Oui. ma sœur, répondit-il, en & baisant tendrement la croix, j'espère —oui, j'espére... mais ] est bien permis de craindre... Bon Sauveur, que vous « êtes bon | Pauvre Sauveur, que vous avez souffert pour & moi Que je voudrais bien mourir en état de grâce | — c Bon Sauveur, pardonnez... pardonnez-moi toutes mes in- “ gratitudes,”’
nent
‘tte | C8” ciel airs un sans | sance EE aux DERNIKRS MOMENTS DE L'ÉCOLIER MODÈLE ar la QY ve eu de É ———.—æ ———— HKuuvres Si la justice de Dieu produisait dans notre pieux, écolier t ter- une terreur dont le plus fort des saints na pas été exempt, résen- puisque personne ne suit s'il est digne d'umour ou de haine, il ce en ressentait toutefois les plus vives émotions lorsqu'il s'entre- -il, en É tenait en lui-même ou qu’on lui parlaic de l'amour de. Dieu , mais et des délices du ciel. On lui disait : ‘ au ciel, au ciel, Eugè- | vous ne, bientôt tu seras an ciel.”- Oh ! quel bonheur, s'éviiait-il ! , pour Bientôt tu verras Jésus sur son trône ; Marie, ta bone Mère, e | — vaite recevoir dans ses-bras, te presser sur son cœur. — Oh ! 68 in- mon Dieu, mon Dieu, quel bonheur |! — Tute trouter.s en la compagnie de Nt. Joseph. de St. Louis de Gonzague et de E 7 St. Stanislas, tes protecteuts. [ls prient pour toi, ils t'attenu-
dent, La plus de souffrances, plus de crainte de perdre J'umitié de Dieu, plus de danger pour l'innocence ; là plus de péché ; toujours de la joie et du bonheur, — Chacun: de ces paroles consolantes était interrompue par les exclamations «t les sanglots d'Eugène. De lui-même il répétuit les paroles dont on s'étuit servi pour exciter en lui des sentiments d’
mour de Dieu-
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“Oui, 6 mon Dien, disait-il, je vous aime, je veux vous “aimer to 1jours, jusqu'à mon dernier soupir, pendant toute l'éternité. Que chaque souffrance que j'endure, que chaque battem:nt d : mon cœur vous redise mon amour. ” Il su ait d: lui dire quelques mots sur l'amour et sur les souffrances de Jésus-Christ, pour l'émouvoir tellement que plusieurs fois il venait sur le point d’étouffer. Eugène n’oubliait pas de remercier avec l'accent de la reconnaissance tous ceux qui lui suggéraient quelques pieux sentiments, ainsi que tous ceux qui venaient le visiter, ou lui rendaient quelque service. Puis en les voyant se retirer, il les suppliait humblement de prier pour lui.
C'est ainsi que 1e médécin étant allé le voir, Eugène lui dit : * Docteur, dites done pour moi un Souvenez-vous, ”
Le médécin fut sensiblement touché de cette demande qui laissait voir dans son malade tant d'humilité et une si grande confiance en la Ste Vierge, Mais il fut encore plus étonné d'entendre dire à Eugène : ‘“ Quel est ce petit enfant qui est là ? voyez sa petite main.” On fit immédiatement la réflection que c'était le jour de Noël. “ Je Je sais, répondit Eugène. ” Le jour de Noël, un grand nombre de personnes viurent le visiter, afin d'être témoins de ses heureuses dispositions. Presque toutes ne purent s'empêcher de verser des larmes d’attendrissement,en l’entendant au milieu des plus grandes souffrances prier à haute voix, de manière à être entendu dans tout l'apartement. Souvent il répétait avec une onction vraiment touchaute les invocations : O Marie congue sans péché...O Marie refuge des pécheurs… Voici quelqnes unes des prières qni furent entendues par les assistants : le Puter, le Souvenez-vous , l'Ave Maria , il appuyait surtout sur les dernières paroles : ora pro nobis peccaloribus, nunc ef in horâ mortis nostræ. Amen. Agnus Dei
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veus t toute > cha- NH s sou f- ; plu- ’oubli- > tous si que elque hum-
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