‹ Eugène Drolet ou L'écolier modèle [microforme]Chapitre 3 sur 22 · ENTRÉE LD’EUGÈNE AU COLLÉGE · texte numérisé non relu

ENTRÉE LD’EUGÈNE AU COLLÉGE

L'année 1854 fut l'éprque d'une épreuve bien pénible pour la famille d'Éugène, Une maladie contagieuse faisait de grands ravages dans le Canada, Presque toutes les paroisses eurent à enrégistrer quelques victimes. Mais la paroisse de Ste Élisabeth fut peut-être une des plus affligées par ce terrible fléau, le choléra. La mort de Mr. Olivier Drolet, après quelques heures de maladie seulement, jeta une grande consternation dans la localité, et plongea sa famil. le dans une extrême désolation. Eugène était alors assez âgé pour comprendre la perte qu’il faisait ; aussi cette mort produisit-elle sur son esprit une profonde et durable impression. Le souvenir de son père se présentait très-souvent à lui, pendant son séjour au collége aussi bien qu'au sein de sa famille. fl aimait à raconter à ses maîtres et à ses condisciples jusqu'aux moindres circonstances de ce funeste évènement, avec un intérêt et une émotion qui fesaient compatir aux malheurs de sa famille. Tous les jours, il priait pour son père, et il offraità Dieu toutes les indulgences qu'il pou:

vait gagner, afin d'obtenir au plus tôt son entrée au ciel. Aussi parait-il avoir été exaucé. Quelques mois avant sa mort, Eugène racontait à sa sœur, qu'étant un jour à la chupelle, en prières pour son père, H crut entendre une voix qui lui disait : ‘ cesse tes prières, ton père est au ciel; ” et il ajouta : ‘ Je ne révais pas, je suis presqne certain d’avoir entendu cela ; tu sais que papa, je ne l'ai jamais oublié, ?’

La Providence, qni emploie souvent des moyens qui paraissent durs pour exécuter ses desseins de miséricorde Sur une famille ou sur un de ses membres, ne laissa pas Kugène longtemps orphelin après lui avoir enlevé son père . ('elui-ci n'avait pas assez de fortune pour dunner une éducation relevée à ses enfants, de sorte qu'Eugène n'eût peut-être pas eu l'avantage de faire un cours d'étud:s dans un collége, où il devait trouver une grende facilité à s’avancer dans Ja vertu comme dans la science Je dois ajouter que la Providence n a pas oublié le Collége de St. Hyacinthe, en faisant venir de loin un élève pour servir à son édification. et à sa gloire, Eugène trouva dans son oncle, Mr. H. Drolet, alors curé dans le diocèse de St. Hyacinthe, un protecteur et un second père. Touché du malheur qui venait de frapper la famille de son frère, ce bon Monsteur s'offrit à la secourir en payant l'éducation de tous ceux qui n’en avaient pas encore reçu.

Qu'elle fut grande la joie d'Eugène en apprenant qu’il devait entrer au Collége! Jusqu’alors il avait souvent eu ce désir ; car il formait des vœux pour être prêtre ; tous ses goûts étaient pour ce saint état.

L'entrée d'Eugène est donc arrêtée. Mais cette consolation était mêlée de tristesse, Ii lui fallait se Séparer de sa : tendre mère qui avait toujours veillé sur lui avec tant de : sollicitude, et qu'il aimait de l'affection la plus vive. La dou :

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lsur de Madame Drolet paraissait |’ le de son fils ; elle faisait diffic loixner d'elle un enfant qu'elle chérissait entre tous les au tres, à cause de tout ce qu'elle voyait de vertus briller en Mi. Ordinairement les mères encouragent et consolent leurs enfants au moment de la séparation; mais alors, ce fut lefils qui consola la mère afligée. “11 faut bien, lui disait-il, faire ces sacrifices pour acquérir l'éducation,” I] lentretenait encore dans l'espérance qu'elle le verrait dans l’état ecclésiastique. Il n’en fallait pas d'avantage pour consoler une mère profondément chrétienne qui voyait tant de force et de

Courage pour accomplir la volonté de Dieu, dans un enfant de douze ans.

emporter encore sur celilement le sacrifice de voir s’é-

Eugène s'éloigna pour la remière fois 8 5 nelle avec la pensée qu'iln'y re année, Mr. le Curé de Ste Elisabeth, qni s'intéressait au bonheur de cet enfant. en qui il voyait dé; écrivit au directeur du Collége ses soins les plus attentif

de la maison paterviendrait qu'au bout d'une

à tant d’espérances, pour recommander Eugène à

8. lui disant qu’il lui envoyait un petit ange, et de veiller à sa Conservation.

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