LA PRÉSENCE DE DIEU
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‘* Marchez en ma présence et suyez parfait, ” disait Dieu à son serviteur Abraham. Notre écolier sembla pendant sa vie de collége n’oublier jamais cette recommendation divine, La présence de Dieu présidait à ses pensées, à ses actions.
Se sentant appelé à l'état ecclésiastique, dès ses premières années d'étude, et ne voulant pas mettre obstacle à la grâce divine, il se préparait déjà à cette vocation sainte par des efforis constants pour acquérir toutesles vertus. I] comprenait touice qu'exigent de sainteté d'aussi redoutables fonctions. . Desorte que son cœur était partagé entre la crainte et l’amour ; la crainte de ne pas se rendre assez digne; l'amour qui lui fesait désirer d’avoir des rapports plus intimes avec son Dieu. Souvent il s'entretenait avec ses amis de la joie qu’il éprouverait d'être prêtre, ‘‘ afin d’avoir le bonheur de communier tous les jours. ” |
Mais Eugène désirait se préparer avec soin à ce sublime état par une vive piété ct par une science convenable. Aussi on le vitégalement s'appliquer à la prière et à l'étude avec une ardeur égale, sans que l'une ne portât préjudiee à l’autre, ou plutôt son travail et ses amusements sanctifiés par la pureté d'intention et de fréquents retours d'esprit vers Dieu, étaient une prière continuelle.
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Un jour qu'il était seul à quelqne distance de ses condisciples qni s'amusaient pendant le temps de la récréation, un de ses maîtres remarqua qu'il était sérieux; alors il s'approche, et lui demande : Que fais-tu, à quoi penses-tu ? ‘Je pense, dit-il avec hésitation, je pense au bon lieu. ’ £ouveut il se recuei)lait ainsi au milieu de ses jeux pour les offrir à Dieu ; car il croyait faire la volonté de Dieu aus: bivn dans le temps de ss récréations que dans toute autre occuation. Plusieurs fois Eugène manifesta à son directeur le désir dese retirer à l'écart pendant ses récréations afin de se liv.er à des réflections pieuscs. -
Il obtint la permission de le faire quelques minutes, deux ou trois fois le jour. La faiblesse de sa santé exlgvait qu'il donnât à son corps de l'exercice et À son esprit du délassement. Il s’amusait donc avec ses condisciples, et RQ méiait à leurs jeux sans laisser apercevoir ses fréquents reteur. d esprit à la présence de Dieu et ses sentiments d'amour. C'était le couseil qu’il donnait à un de ses confrères : Si tu ‘‘veux, Jui disait-il, faire de grands progrès dans la piété, “ L ‘ prends pour habitude de faire souvent des oraisons jacu-
# latoires, soit pendant l'étude ou la classe çt même pendant ‘€ les récréations ; mais il faut tâcher de fair, cela sans que ‘personne ne s’en aperçoive.”’
Eugène interrogé ua jour parson directeur s’il se rappelait de temps en temps la préser ce de Dieu, répondit : ‘ As. sez souyent; mais surtout à l'étude, où je me représente Me > toujours mon ange gardien à mes côtés. |
Aussi toujours les yeux baissés, toujours oucupé de ses devoirs, ilnese laissait jamais distraire par tout ce qui pouvait se passer autour de lui, il ue perdait aucun instant. Son professeur rendit letémoignage avant la mort d'Eugène qu'il croyait que ce pieux.élève ne perdait pas de vue la:
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présence de Dieu durant le temps de la classe, tant son attention et son recueillement paraissaient dans tout son extérieur. Afin dese rappeler plus souvent quelque pensée pieuse, il avait toujours devant lui ou dans son livre quelque sentence propre à réveiller de bons sentiments, Il aimait b‘aucoup une petite image de la Ste. Vierge, sur laquelle étaient écrits ces mots: ( Ma Mère, conservez mon âme ; et encor :: Si tu m'aimes. abandonne-toi à moi.
Îl était iogénieux à trouver des moyens ;ropres à entrutetenir le recu'ill:ment et à nourrir la piété! En voici un entre beaucoup d'autres qu'il communiquait à un de ses condisciples pour l’engager à le mettre en pratique. |
“ Figure-toi ; lui disait-il, que pendant l'étude, Notre ‘ Seigneur est devant toi, et attaché à la croix, et tout cou- ‘‘vert de plaies et de sang ; qu'il te considère attentivement : ‘que si tu ne travailles pas, son sang coulera avec abondan- “ce. Je t'assure qu'avec cette pensée dans l'esprit, on ‘ne perd point de temps. ?’
On voit par là que si Eugène travaillait jusqu’à épuiser sa santé, ce n'était pas par motif d'ambition ou de respect humain ; mais pour faire la volonté de Dieu qu'il reconnaissait dans celle de ses parents. Il comprenait qu'on ne peut avoir de piété solide,sans remplir avec exactitude tous ses devoirs d’écolier. Il avait réfléchi aux dangers auxquels nous expose l’oisiveté, de sorte que pour lui le travail était une obligation stricte que lui imposait sa conscience, I] Jui semblait toujours voir et entendre Dieu imposant à l'homme la loi du travail, Il faut dire aussi que sa reconnaissance euvers Dieu qui lui avait ménagé dans son amour Je bienfait de l'éducation, et le désir de rencontrer les vues de son bien-aimé protecteur et oncle. lui faisaïcut considérer cmime précieux chaque instant consacré par la règle À l'étude.
On ne saurait dire quels avantages il recucillit de: cette attention À passer sa vie sous l’œuil de Dieu. : Nous n'en mentionnerons ici qu'un seul, mais bien précieux ; c'est qu’il ne perdait aucuns des courts instants qui au collége sont consacrés à l'étude. Il les emplayait:le plus utilement j0ssible. Quoique très jeune, il prenait des notes sur ses lec- : tures, afin de ne pas en perdre le fruit ; il notait explications données en classe par le professeur, ainsique les développements historiques ou autres dont la tradnctien des auteurs est toujours accompagnée,
Tant d'application secondant des talents distingués lui fit : faire de rapides progrès ; et bientôt il occupa une des premi- (us ères places de sa classe, Aussi le Jour de la distribution | des prix était-il un jour de triomphe pour Eugène et pour sa famille. Mais dans son humilité il était toujours surpris de recevoir tant d’éloges et de couronnes ; Car il éroyait peu à son mérite et à sestalents. Cependant, craignant que la vaine gloire, qui se glisse partout et gâte même tant de bonnes œuvres, ne pènétrât dans son es- 4 ” prit, Ü avait svin de se prémunir par la prière et la pureté d'intention contre tout sentiment d'amour propre et de vanité. :
L'esprit de foi qui lui faisait voir Dieu partout dev inspirer un profond respect.pour la parole divine. même son amour pour l'étude et son attention en clas galaient pas encore, du moins extérieurement, son applica Ex LA tion à bien profiter de toutes les instructions religieuses qui étaient adressées à toute la communauté, ou à lui en particu er. Leregard fixé sur le prédicateur, il ne perdait aucune pa. role; car la parole sainte était pour lui plus douce que le miel,
L'impression qu'il éprouvait alors, se trahissait su re etre gravait profondément dans son âme.
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remarqué de plus frappant faisait ensuite le sujet de ses conversations, Tout coopérait à le faire avancer rapidement dans la vertu.