SON ESPRIT D’'OBÉISSANCE
Les rèxlements de la maison qu'il chériseait et qu'il se plaisaite appeler son collége, étaicnt pour lui une source continuelle de grâce, et une cause toujours active dans l'œuvre de sa sanctification. Il comprenait la nécessité d’une règle, et il savait apprécier les mérites immenses que l'on amasse sans peine à y être fidèle jusque daus ses moindres prescriptions. Rien n’était petit à ses yeux ; tous les articles du règlement lui paraissaient d’une grande importance, parceque tous sont l’expression de la volonté de Dieu « la présence de qui l'enfant béni marchait toujours. Eugène était profondément convaincu de ces principes ; et il aurait cru offenser Dieu et mettre obstacle à sa perfection en négligeant un seul point, Ul disait un jour, avec sa naîveté ordinaire, qu’il faisait tous ses efforts pour accomplir sou règlement à la lettre, et que par là il était assuré de devenir saint.
Il ne se trompait pas ; et sans s’en douter, sa vie édifante et sa mort précieuse devant Dieu devaient être une nouvelle preuve de la vérité de cette maxime enseignée par St Grégoire, que vivre sous une règle, c'est vivre pour Dieu, qui regulæ nivit, Deo vivit. Aussi, Engène ne voulait-il se
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permettre aucune infraction. Un de ses confréres assure que
depuis deux ans qu'il l'observait, il ne l'avait pas encore trou-
vé en défaut dans l'observation de la régle. Avec l'habitu-
de de régularité qu'il avait Contractée, ce n'était plus un
sacrifice ponr lui que de garder le silence, c'était un bon-
heur. ‘Que nous sommes heureux, disait-il. d'être écoliers;
‘nous n’avons presque rien à faire ; il suffit d'observer no-
tre règlement et nous nous Sauvons.” À l'exemple de plusieurs
saints, morts à la fleur de l’âge, Eugène aimait son règle-
ment et il ressentuit une certaine peine quand il était obligé
de ne pas suivre l’ordre de la communauté. ;
Dans ses maladies, le directeur lui accordait, on dirait ; peut-être mieux, lui Prescrivait quelque privilége, et jui or- LE : F donnait de prendre du repos ; maisaussitôt le temps écoulé, quoique l’indisposition ne fût pas toujours disparue, on le voyait se remettre à la règle. I] lui est arrivé d’avoir à es-
Suyer quelques reproches pour n'avoir pas continué jusqu’à
parfait rétablissement le repos accordé. Il répondait à ce | reproche, que les directeurs ne sont pas dans le cas de faire —à souvent, en s'excusant sur ce qu’on ne luien avait pas dit | plus. Le temps qu'il passait ainsi en dehors de la règle lui paraissait d'ailleurs long et pénible. Souvent il répétait, Qu'il était beaucoup plus heureux à obéir qu'à faire sa volouté, et plus souvent eucore, dans sa dernière maladie, avant qu'elle fut devenue grave, il ne cewait de dire : ‘il me semble que je serais mienx d'aller en classe et à l'étude comme les autres,”
Il portait si loin son amour pour l’ordre, qu'après une ab. Fence pour cause de maladie, revenant au collége, il a de. mandé plusieurs fois à ne Pas paraître au milieu de ses con. frères durant un temps de silence, pour ne pas les exposer à manquer à la règle.
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Ceux qui ont vécu an collée comprennent facilement que
cet amour du silence à dû plus d'une fois être mis à l'épreuve par les condisciples d'Eugène. Mais celui-ci ne répéndait point à ses contradicteurs et souffrait toutes les taquineries avec la plus parfaite résignation, étant heureux de souffrir quelque chose pour Dieu. Après une épreuve de ce geure, il disait à un de ses condisciples en parlant d’un'au
tre : il se fâche sur le moment de ce que je ne lui répouds pas ; mais il verra bientôt que je n'ai fait que mon devoir et qui! avait tort de se mécontenter.”
Uu juur les élèves de sa classe ge trouvaient seuls ; le professeur était absent et on avait oublié de le remplacer .
Alors Eugène se crut obligé d'aller avertir ses maîtres .
Malgré les iujures qu'il reçut de la part de quelques-uns de ses condisciples, il n’en tint nullement compte : et quelqu un Jui ayant dit qu’il était scrupuleux, il répondit : ‘Ce n'est point du scrupule, je n’ai fait que mon devoir. ?’
Son amour pour la règle était si constant qu'il ne voulait pas même se rendre lnmédiatement aux désirs de ses maitres, S'il lui fallait pour cela manquer à la règle,
Un jour Eugène demande la permission pour aller chez un des2s maîtres; mais n'ayant pu user de sa permission, il était descendu daus la sulle de récréation afin de demander pour aller à la chapelle, Après cette visite au S. $, le professeur qu’ugène désirait voir le rencontre à quelques pas de .sa chambre, et lui dit: Tu peux venir maintenant, : Je suis libre. Eugène répondit : ‘je n'ai demandé la per- ‘“ mission que pour aller à la chapelle; s’il vous plait d'at- ‘“ tendre, je vais descendre pour obtenir de nouveau la ‘ permission d'aller chez vous.” Cette régularité parfaite ue fit qu'édifier celui qui en avait été le témoin.
Malgré certaines épreuves qu’il eut à subir de la part
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de quelques-uns de sex condisciples : al disposés, Eugène jouissait de l'estime uénérale , ct on admirait «a fermeté et sa patience. ‘J'ai à souffrir. disait-il. de la part de quelques-uns de mes confrér s; mais j'endure tont volontiers pour l'amour de Jésus-Christ, ” |
Le simple doute qu’un élève éprouvât du mécontentement à son occasion, l'affligeait beaucoup. Il ne pouvait vivre ainsi; il lui fallait faire quelque démarche, et donner des preuves de ses bonnes dispositions à l'égard de ceux qui paraissaient être moins ses amis. ‘ Qu'il est pénible . disait-il , d’avoir des ennemis! Il me semble pourtant que je n'ai $€ mien fait à personne. *’ Et comme on lui renarquait que Notre-Seigneur avait eu beaucoup d’ennemis et que cependant il n'avait fait que du bien aux hommes ; ‘ C’est vrai. dit-il; alors il faut se consoler et ne pas rechercher l’estime des hommes. ”
Dans une circonstance il disait : ‘ Je comprends qu'il ‘ faut être persécuté, lorsque l’on cherche à remplir ses “ devoirs ; car ceux qui sont négligents se mécontentent de ‘“ ce que leur conduite est par là même condamnée. ‘”
Le bonheur qu’il éprouvait dans l’accomplissement de sa règle, il l’exprimait en ces termes : Oh! si tu savais combien ‘on est heureux lorsqu'on a fait la volonté de Dieu ! En “remplissant ses devoirs ‘comme il faut on éprouve en soi-mé- ‘me un contentement qu’on ne peut exprimer : il faut l’é- ‘ prouver pour le comprendre. ‘’
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