‹ Eugène Fromentin (volume 2)Chapitre 18 sur 46 · EU G È N E F R O M E N 'I' I N · texte numérisé non relu

EU G È N E F R O M E N 'I' I N

Nohant, 22 juillet 1 B 5 9.

Je suis une âme errante depuis deux mois. J’ai vu tous les volcans du monde (volcans éteints) de l’Auvergne et du Velay. Les beaux pays, mon Dieu! J’ai bien pensé à vous. Je trouve votre lettre. Je m’étais déjà réjouie en lisant dans les journaux les distinctions qui vous sont accordées et que vous méritez si bien. J’ai eu trois grandes joies à Paris à cause de vous. D’abord celle de vous voir et de trouver votre vous si bien d’accord avec votre talent, et tout ce qui le révèle. Et puis celle de voir votre peinture, dont votre modestie m’avait presque fait peur, et qui est aussi belle que vos livres, ce n’est pas peu dire. Enfin celle de voir comme Delacroix vous apprécie et vous aime. Tout cela fait que je vous aime aussi, et que je suis heureuse de vous voir prendre votre place dans l’opinion. — Ce n’est pas nécessaire pour être artiste et pour être heureux, mais c’est bien utile, surtout aux âmes timorées comme la vôtre, et j’espère qu’à présent vous ne douterez plus de vous, vous n’en avez pas le droit. — Ne me dites pas que vous me devez quelque chose. Je n'ai peut-être servi qu’à avancer d’un jour ou deux le succès que vous ne pouviez pas manquer.

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