‹ Eugène Fromentin (volume 2)Chapitre 19 sur 46 · G K O R G E SAND · texte numérisé non relu

G K O R G E SAND

naire, une étude qui ne laisse p

Nous sautons maintenant à l’année 1862, et nous arrivons au roman de Dominique , paru cette année même dans la Revue des Deux Mondes.

Je n’insisterai pas sur cette œuvre dont les très fines et très brillantes qualités ne sauraient effacer l’inexpérience initiale.

Sainte-Beuve en a fait, avec sa maîtrise ordilus rien à dire. Le roman

de Fromentin l’avait pris par ses côtés d’observation pénétrante, par ses couleurs modérées et toutes françaises, par la simplicité sans péripéties de son action, laissant à l’étude des caractères, creusée avec la dernière finesse, tout son relief. « Dominique , dit-il, c’est l’histoire de l’enfance, des premiers sentiments et de la jeunesse du personnage qui porte ce nom; lui-même raconte à un ami cette histoire toute simple, tout intérieure, en partie délicieuse, en partie douloureuse, et lui fait de vive voix sa confession. » J’ajouterai que le cadre, emprunté aux environs de la Rochelle, et la plupart des sentiments appartiennent à la vie de l’auteur lui-même et dans bien des points de caractère ont l’intérêt d’une autobiographie. Fromentin y met en oeuvre tous ses dons d’analyse, toutes ses ressources de peintre. Les morceaux parfaits abondent, mais l’ensemble manque d'unité; la fin languit, le dénouement est plus curieux que naturel. Le roman, ainsi que le théâtre, exige l’emploi de moyens qui ne s’acquièrent que par une longue pratiquent Fromentin manquait de cette pratique. Il est donc nécessaire, pour juger équitablement Dominique , de le prendre pour la fantaisie de genre intime d’un artiste dont le charme, suivant l’expression de Sainte-Beuve, est tout entier dans les développements et les nuances. Il n’est pas défendu d’y voir une sorte d’hommage discret rendu au génie de George Sand.

La correspondance échangée à propos de Dominique mérite de fixer l’attention.

A la date du 18 avril 1862, après la première partie

Page 1