HAUTE ÉGYPTE
(du 22 OCTOBRE AU I 3 NOVEMBRE)
Embarqués le 21, jeudi, à 9 heures du soir. Partis de l’arsenal du Caire, le vendredi 22, à 6 heures et demie du matin.
A bord du B cher a.
Quatre vapeurs, un chaland, trois canges. Nous occupons le plus grand, dit le vaisseau amiral , parce qu’il porte le commissaire du vice-roi, chef de l’expédition, avec les Espagnols.
Nuit magnifique. Moustiques, presque pas de sommeil. Le pont littéralement trempé de rosée.
Village de Giseh, en face du vieux Caire.
Sur le Nil, 22 octobre, vendredi.
Levé l’ancre à 6 heures et demie. Temps couvert après une nuit extrêmement humide. Air tiède, pas l’ombre de vent, le Nil fauve, glacé de gris. Village de Ghezir. Nous prenons le grand bras du lleuve en dehors de Pîle de Rhoda. On aperçoit les pyramides. Le vieux Caire à gauche avec sa multitude de canges. A droite, à 3, 000 mètres environ (le Nil est immense), la longue et épaisse forêt de palmiers de Bodreschin. Au-dessus du vert sombre, les cônes éclairés de rose des deux grandes pyramides.
A gauche, longue chaîne aride surmontée de moulins. L’inondation s’étend jusqu’au pied. Ilots de verdure, syco- ■ mores, palmiers à base submergée.
Canges chargées de buffles, toutes noires dans des eaux agitées et sombres. Vagues rousses. Le lleuve se dégrade de l’ocre au brun douteux, violet, roussâtre, gris bleu; il rejoint l’horizon dans la brume.