GRASSET
Au salon de la Plume, rue Bonaparte, se trouve exposée l'œuvre du maître Grasset. Dans les 366 numéros qui s'y trouvent l'on peut admirer l'artiste dans ses diverses manifestations, soit comme illustrateur, soit comme décorateur, soit comme architecte, soit comme ornemaniste. Talent très souple, d'une érudition profonde, d'une véritable originalité, d'une imagination ardente, d'une grande sûreté de main et de sobriété d'allure, de conceptions vastes et variées quoique gardant une délicate simplicité, tels sont les différents aspects sous lesquels l'œuvre se présente à nos yeux. Grasset aime les formes du moyen âge et se complaît à en faire revivre les contours sévères ou capricieux que sa science ou son esprit amènent à une très grande perfection. Aussi bien dans ses grandes compositions sur Jeanne d'Arc que dans ses illustrations des Quatre Fils Aymon, ou dans ses cartons de vitraux, ses sainte Madeleine, saint François, sainte Anne, saint Michel, saint Joseph, etc., dans la masse de ses compositions pour diverses églises, dans ce qu'il appelle ses illustrations, telles que : un Mystère au XVe siècle, une Chasse au temps de Charlemagne, la Soumission de Witikind, François Fr armé chevalier par Bayard, etc., il se révèle comme un évocateur savant, non seulement des ensembles, mais aussi bien des détails, des attitudes, des costumes, et de l'architecture du temps. Plus loin, dans ses nos 25a, 253, 25i, 267, 256, 258, 23i, 46, nous trouvons l'ornemaniste pur. Dans ses dessins pour meubles, la correction des lignes et leur harmonie le disputent à l'ornementation capricieuse et élégante. Parmi les affiches je signalerai celle pour le théâtre de l'Odéon, celle de Mme Sarah Bernhardt dans Jeanne d'Arc, celle pour la place Glichy, celles pour la Walkyrie. En suivant le catalogue, dans les décors, les nos 48 et 54, projections pour la Chasse d' Esclar monde ; dans les illustrations, les nos 66 à 74, photographies de sujets pour Jean des Figues; le n° 102, une Parade foraine; le n° 127, l'Entrée de Jeanne d'Arc à Orléans; les nos i34 à i38, Dessin de tapis orientaux; le n° i42, V Ombre de Samuel et la Pylhonisse ; les nos 1 43 et i44, les Biens de la Terre ; le n° 149, Sérénade de Printemps ; le n° 1 54, le Chevet de Notre-Dame, un effet de neige très heureux; le n° 157, le Fantôme; les nos 159 et 160, des cahiers d'enseignement représentant des costumes de guerre de différentes époques; les nos 168 et 169, la Nativité aux Lys; le n° 175. Dans la lithographie, des tètes d'étude sous les nos 198 et 200 (c'est fait de telle manière que l'on croirait voir de l'eauforte) .
Dans les ornements typographiques, des lettres ornées sous les nos 232 et 2 33. Dans les aquarelles, Je n° 242, le Château du Silence, composition fantastique; le n° 244, la Maison Usher ; le n° 248, Aide offerte à Majorien, et le n° 249, Jardinage.