‹ Eugène Manuel: Poésies complètes, augm. de pièces inéd. et ornées d'un portr (volume 2)Chapitre 114 sur 167 · A MON AMI CH. GOUNOD · texte numérisé non relu

A MON AMI CH. GOUNOD

L'office a commencé : l'église est large ouverte ; La grosse voix duchantre éclate jusqu'à nous. On aperçoit, du seuil, les femmes à genoux ; Les hommes sont dehors, la tête découverte.

Tandis que le serpent fait ses rauques accords, Debout, libres du poids des bêches et des pioches. Ils devisent entre eux, les deux mains dans leurs poches. Sous leurs habits de fête étirant leurs grands corps.

C'eal la loi du ropoa : ils ont, pour la journée, Quitté l'arpent de terre, à peine ensemencé; Sur les longs coteaux bruns le soc gît coroncé; Dans les chanmes déserts la berse est retournée.

Ils ont laissé les bœufs à l'étable accroupis, Et, comme eux absorbés dans un oubli paisible. Ils tournent par instants vers l'autel invisible Leur front, dont la sueur est sur tous nos épis !

Les bras ont travaillé, l'âme prend sa revanche ^ Car, redressant l'échiné aux premiers carillons, Le rude paysan, le fils des ooira sillons.

Courbé durant six jours, n'est droit que le dimac

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