‹ Eugène Manuel: Poésies complètes, augm. de pièces inéd. et ornées d'un portr (volume 2)Chapitre 115 sur 167 · LES HEURES · texte numérisé non relu

LES HEURES

Six heures : j'aperçois Pondoyante fumée»

Comme un adieu dans l'air, disparaître là-bas. Loin de moi j'ai laissé partir ma bien-aimée. Et je compte le temps, et je la suis tout bas.

Huit heures : la nuit tombe, et l'herbe parfumée Sous la brume du soir mouille et glace mes pas. Seule, dans le wagon tristement renfermée, Elle songe à l'absence, et pleure, et n'y croit pas.

Dix heures : tout a fui, coteaux, forêts et plaines. Enfin dans l'ombre ont lui des clartés incertaines; Je la vois qui franchit un seuil avec effort.

Onze heures : son miroir lui dit qu'elle est jolie, Que déjà l'air marin l'a peut-être embellie ! Minuit : elle a prié; tout s'éteint; elle dort.

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