‹ Eugène Manuel: Poésies complètes, augm. de pièces inéd. et ornées d'un portr (volume 2)Chapitre 137 sur 167 · TUNNEL · texte numérisé non relu

TUNNEL

Carnet de voyage, 1878.

A grand bruit tout à coup nous entrons dans l'abîme! Ne pouvant la franchir, l'homme a perce la cime; Au flanc du rocher nu la route se suspend,. Puis, nous roulons dans l'ombre, et l'étrange serpent Souffle, siffle, assourdit les échos delà voûte.* Dans cette obscurité qui s'allonge, j'écoute : En un moment, mon rêve a pris son vol ; je vois Tout un enfer; j'entends les lamentables voix Des damnés ; la rumeur de mille âmes plaintives Trahit, pour s'échapper, de folles tentatives. On dirait qu'un marteau-pilon, frappant sans fin. Écrase des mourants qui l'implorent en vain!

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