‹ Eugène Manuel: Poésies complètes, augm. de pièces inéd. et ornées d'un portr (volume 2)Chapitre 38 sur 167 · A MON AMI EDOUARD KRAMER · texte numérisé non relu

A MON AMI EDOUARD KRAMER

Trois peuples m'ont donné ce qu'il me faut pour vivre : Les Romains, et les Grecs, et mon vieux peuple Hébreu. Rome m'apprit le droit, dont son code est le livre; Athènes, la beauté; Jérusalem, son Dieu.

J'ai vu d'autres clartés depuis cette -lumière ; Mais c'est par elle enfin que je sais où je vais : Et ces heures d'ennui, qui nous rendent mauvais, Je les consacre au juste, aux arts, à la prière.

Depuis, les nations, qu'un seul droit peut unir, Sous mes yeux rassurés suivent leurs destinées ; Je reconnais les lois Tune à l'autre enchaînées ; J'ai compris le passé, je pressens l'avenir.

Depuis, adorateur des sublimes modèles,

Je m'enivre de chants, je m'égaie aux couleurs,

Je sens la volupté des savantes douleurs,

Je me chaufife au soleil des œuvres immortelles !

Depuis, le doute obscur peut m'assiégér en vain : J'ai bu la foi limpide aux plus claires fontaines ; Mon âme, sans effort, monte aux sphères lointaines. Et ne s'arrête plus qu'à son foyer divin !

Page 1