‹ Eugène Manuel: Poésies complètes, augm. de pièces inéd. et ornées d'un portr (volume 2)Chapitre 39 sur 167 · LE BERCEAU · texte numérisé non relu

LE BERCEAU

Quel temple pour son fils elle a rêvé neuf mois !

Comme elle fêtera l'enfant dont Dieu dispose !

Il lui faut un berceau tel que les fils de rois

N'en ont point de pareils, si beaux qu'on les suppose!

Fi de l'osier flexible, on bien du simple bois ! L'artiste a dessiné la forme qu'elle impose : Elle y veut incruster la nacre au bois de rose ; Il serait d'or massif, s'il était à son choix !

Rien ne semble trop cher, dentelle ni guipure, Pour encadrer de blanc cette tête si pure, Dans le lit qu'on apprête à son calme sommeil.

Il est venu, le fils dont elle était si fière;

Il est fait, le berceau, -7- le berceau sans réveil!

Il est do chêne, hélas ! et ce n*est qu'une bière.

ALMA MATER

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